Le Gabon ne tiendra pas un troisième dialogue comme souhaité par différents acteurs politiques et même par l’Union européenne (UE) qui, en condamnant le coup d’État raté du 7 janvier dernier, avait appelé à la réconciliation nationale via un dialogue ouvert et inclusif. Dans une interview accordée au quotidien L’Union, le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale a estimé que les Gabonais n’ont pas besoin d’une grand-messe pour se parler.

Le Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale. © Facebook/Primature-Gabon

 

«Pour se parler ou réapprendre à se parler, les Gabonais ont-ils besoin d’une grand-messe ? Je ne le pense pas», a déclaré dans une interview accordée au quotidien L’Union, le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale. En effet, depuis plusieurs mois, des hommes politiques et acteurs de la société civile gabonaise qui estiment que le pays va mal, appellent à un dialogue national inclusif. Ainsi, Alexandre Barro Chambrier du Rassemblement héritage et modernité (RHM) y voyait un moyen de «dégager les voies consensuelles en faveur de la paix» quand Dieudonné Minlama Mintogo d’Ensemble pour la République y voyait un exercice pour contourner les faiblesses du dialogue d’Angondjé organisé en 2017. «J’attends de ce dialogue, dont je souhaite la participation effective de toutes les forces vives de la Nation, la construction de quatre consensus majeurs : un consensus politique, un consensus économique, un consensus social et un consensus sur le vivre-ensemble», avait-il déclaré.

Aussi, réagissant après le coup d’État manqué du 7 janvier dernier, l’Union européenne (UE) avait appelé à la réconciliation nationale via un dialogue ouvert et inclusif. Après cette préconisation de l’UE, d’aucuns attendaient la position du gouvernement sur la question. Lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale avait adhéré à cette idée de dialogue en reconnaissant que «le temps est venu de se parler». S’il avait assuré vouloir mettre un accent particulier sur le dialogue entre Gabonais, quelle que soit leur appartenance politique, son idée de dialogue que d’aucuns avaient appréhendé sous le format d’une grand-messe est désormais claire. «Ce qu’attendent les Gabonais de leurs dirigeants, ce n’est pas l’organisation d’un énième dialogue politique, mais des réformes avec un impact concret et positif sur leur vie quotidienne», a-t-il estimé.

Julien Nkoghe Bekale s’inscrit donc dans la posture du niet adoptée par le gouvernement depuis 2018 face aux appels pour un troisième dialogue. Ce dernier estime que l’appel à un troisième dialogue est soutenu par des petits calculs politiciens alors qu’il faut s’attaquer à l’essentiel. Soit, soigner les Gabonais quand ils sont malades, scolariser leurs enfants dans des conditions décentes, faire en sorte qu’ils mangent à leur faim, qu’ils vivent dans un environnement sécurisé, qu’ils aient accès à l’eau et à l’électricité, des routes praticables en toute saison, l’accès à l’emploi.

Si pour le chef du gouvernement le dialogue permanent est nécessaire, il assure que le pays dispose déjà des cadres appropriés pour permettre aux acteurs d’entretenir ce dialogue de façon continue. «Je pense que le Conseil national de la démocratie (CND) est le cadre approprié pour ce faire», a-t-il dit. Pour lui, «ce qui compte c’est le fond, pas la forme». «Au sein de l’Assemblée nationale même, la pluralité des profils politiques devra favoriser l’expression d’un débat démocratique ouvert et républicain», a-t-il poursuivi. Parmi les instances de discussion, il compte également le Conseil économique social et environnemental (Cese). En clair, Julien Nkoghe Bekale dit non à un troisième dialogue, mais oui à un dialogue permanent et multidimensionnel qui se ferait au sein de ces instances qui représentent pour lui «un cadre institutionnel bien défini pour plus d’efficacité».

Julien Nkoghe Bekale assure que c’est ce type de dialogue qu’Ali Bongo lui a recommandé de promouvoir et d’encourager, car, pense-t-il, il peut aider à résoudre les problèmes du Gabon au quotidien. «Non pas celui de petits calculs politiciens, de l’incantation, de l’invective, de la rue ou celui qui s’inscrit en dehors du cadre légal», a-t-il tranché. Pourvu que le catalogue de réformes dont le contenu s’allonge au gré de Conseils des ministres sorte le pays de l’étau de la crise multiforme dans lequel il se démène.

 
 

10 Commentaires

  1. Lukas dit :

    (scolariser leurs enfants dans des conditions décentes) cela s’applique avec la suppression des bourses? comme vos enfants ne sont point scolarisés ici c’est pourquoi l’avenir de nos enfants vous importent très peu.

  2. je-passe dit :

    Pour la première fois,je donne raison à quelqu’un qui n’est pas ma tasse de thé.L’Africain aime trop la fête,les cérémonies pour juste se faire voir au lieu de se mettre au travail car il est tout de meme curieux qu’un pays qui n’est pas ou ne sort pas d’une guerre fraticide,on parle de réconciliation,de dialogue inclusif,de consensus et patati patata.Que des mots creux.Bien sûr boa et ses valets sont des usurpateurs,des délinquants et on avait pas besoin de faire tout ce cinéma qui fait même leur affaire mais comme ils sont tellement sûrs d’eux parce qu’ils ont affaire à une population mouton,ils ont décliné les tartuferies de ces politiciens en quête de visibilité et surtout en quête de mangement.En fait il faut tout simplement que le peuple gabonais ait ce petit courage en se mettant debout pour chasser ces usurpateurs,ces délinquants du pouvoir et l’exemple récent de l’Algérie est là que tout est possible,il suffit d’être courageux.En tout cas je ne fais que passer

  3. Serge Makaya dit :

    Quand on est confortablement assis comme ce gros porc, on s’en fout éperdument des autres. Pauvre Nkoghe. Le ventre repus est trop n’a pas le temps de cogiter. A Ntare Nzame ! Pitié !

    • Patrick ANTCHOUET dit :

      Respectons-nous quand même un peu ! Critiquons le contenu du message, mais pas le physique de la personnalité. Serge Makaya, toi tu trouverais normal qu’on te t’affuble d’un tel qualificatif ?

    • Patrick ANTCHOUET dit :

      Lire ”qu’on t’affuble”. J’ajoute que tu sembles donner raison à celui dont tu parles, car il dit qu’il y aurait en cas de grand-messe de l’incantation et de l’invective. On n’est même pas encore au dialogue que déjà, vous êtes dans l’invective. Respecte les autres, Serge Makaya, pour que les autres te respectent.

    • Akébé Vite !!! dit :

      Les Gabonais demandent la justice. Ils la demanderont d’autant plus qu’ils sont désormais sans autre recours . Et ils disent m…. à ces gens , dès lors qu’ils ne les ont pas librement choisis eux-mêmes par eux-mêmes et pour eux-mêmes.

  4. Ulys dit :

    Il a raison. Le dialogue n’aboutira à rien. C’est par la rue ( comme les algériens ou les burkinabés) qu’on pourra CHASSER ce régime pourri. Gabonaises, gabonais, la rue est votre seul SALUT. ALLONS-Y !!!

  5. Moussavou Ibinga Jean dit :

    Quand Julien peut être ministre ( je ne dis pas premier ministre) dans un pays c’est que tout est foutu… Un couard né, porteur de valise, lèche bottes, incapable de réfléchir qui habitait dans le siège du MCD de Biyoghé Mba en étant magistrat ( il était incapable de louer une maison alors qu’il travaillait), peut faire quoi ?

  6. Léon Nkogue dit :

    Il n’y a pas d’appel au dialogue pour de vrais opposants ou résistants. “Nous devons aller jusqu’au bout pour libérer le pays” (Jean Ping). C’est bien dommage que ce message n’a pas été entendu par toute la classe politique de l’opposition. Car si c’était le cas, je crois que le pays serait déjà libéré depuis longtemps.

    Nous avions pourtant dit que : “2016 ne sera pas 2009”. Alors merci pour ceux qui continuent la lutte pour libérer le pays avec Jean Ping. Car, sachez une chose. Vous allez perdre votre temps en allant encore à une élection présidentielle. Les dernières élections législatives ne vous ont pas toujours ouvert les yeux, et c’est bien dommage.

    Si vous voulez vraiment LIBÉRER LE GABON, continuons alors à soutenir Jean Ping. Une fois le Gabon libéré des Bongo, nous continuerons sa libération totale au niveau des institutions devenues caduques.

    Oubliez le passé de Jean Ping. Nul n’est parfait. Et on peut toujours s’améliorer. L’ancien président du Bénin s’était bien converti (Kerekou). Jean Ping n’a jamais été président. Certes, il avait été dans le système BONGOISTE. Il a compris et voudrait maintenant en finir avec. Il est le clef pour libérer le Gabon définitivement.

    Et qu’avons-nous à craindre de lui ? Laissons-nous surprendre. Au moins ce ne sera plus les Bongo qui ont détruits complètement ce pays. Car Léon Mba aurait même fait mieux.

  7. yves dit :

    GABONAISES, GABONAIS : IL N’Y A QUE LE MODELE DE L’ALGERIE QUI PEUT SAUVER LE GABON. LA PLUPART DES MILITAIRES GABONAIS VIVENT DANS LES MEMES QUE LE RESTE DES GABONAIS LAMBDA. TIRER SUR LA FOULE, ILS EN SERONT DIRECTEMENT RESPONSABLES ET ILS PAIERONT INDIVIDUELLEMENT DE “FATIGUE LEGERE”. L’OPERATION EST EN MARCHE.

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW