A l’heure où le gouvernement lance son programme de rénovation et de réhabilitation des bâtiments administratifs publics, il serait temps de penser à la direction générale des Archives nationales, de la Bibliothèque nationale et de la Documentation gabonaise (DGABD).

La DGABD vue de l’extérieur. © Gabonreview

La DGABD vue de l’extérieur. © Gabonreview

 

Oubliée depuis plusieurs années sans que son état de décrépitude avancée n’émeuve les pouvoirs publics, vraisemblablement fâchés avec la mémoire et l’histoire du Gabon, la direction générale des Archives nationales, de la Bibliothèque nationale et de la Documentation gabonaise (DGABD) fait partie des édifices de la capitale dont l’aspect fait honte. Situé à Batterie IV sur le front de mer, le bâtiment qui, lors de son érection en 1980 faisait la fierté de tous, ne fait plus envie. Il fait même peur par son aspect extérieur. Le bâtiment censé contenir la mémoire du pays n’a plus de portail. Rongées par le vent marin et l’oubli plus ou moins volontaire des gouvernements qui se sont succédé, la clôture et l’entrée principale semblent avoir été remplacées par des agents des forces de sécurité. Pourtant, depuis des mois, inlassablement, ses responsables n’ont cessé d’adresser aux pouvoirs publics leurs doléances, faisant part des difficultés rencontrées, aussi bien par les agents en exercice que par les usagers. «Récemment encore, notamment au début du mois en cours (août), j’ai dû relancer par courrier le service du patrimoine national de la direction générale du Budget et des Finances publiques, pour leur faire part des besoins importants de l’administration dont j’ai la charge. Nous attendons toujours que quelque chose soit fait dans le sens de la réfection de nos locaux déjà bien vétustes, même si nous nous battons pour que l’intérieur soit moins repoussant que ne l’est l’extérieur», a confié René Georges Azizé Sonnet, avant de partir dans un fou rire, qui cache mal un réel embarras.

René Georges Azizé Sonnet consultant des archives... et l’espace internet reluisant, qui contraste avec la vue extérieure. © Gabonreview

René Georges Azizé Sonnet consultant des archives… et l’espace internet reluisant, qui contraste avec la vue extérieure. © Gabonreview

Si le directeur général des Archives nationales prend les choses avec le sourire, il ne reste pas moins que la question de la réhabilitation est sérieuse et nécessite que l’on s’y attarde… et pas qu’un peu. Suite au récent lancement du programme de réfection des bâtiments administratifs publics, il serait judicieux voire nécessaire de faire apparaître la DGABD dans la liste des bénéficiaires, au risque de voir cette administration, l’une des plus importantes du pays, sombrer jusqu’à la disparition pure et simple. Chargée d’appliquer la politique du gouvernement en matière d’information documentaire scientifique et technique, administrative et historique au niveau national, la DGABD a pour mission de «constituer, de conserver et de diffuser la mémoire de la nation».

Des missions qui nécessitent donc l’allocation d’importants moyens, aussi bien financièrement que matériellement. Pourtant, s’ils s’échinent depuis quelques temps à «faire vivre la maison tant bien que mal», les responsables de cette administration publique semblent tirer le diable par la queue. Eprouvant de réelles difficultés à boucler leur projet de mise en réseau avec les différentes administrations à travers le pays, le «grand» projet de numérisation ne connaît pas mieux dans son exécution, en dépit d’une conservation plutôt rassurante des archives, qui contraste avec les effectifs particulièrement réduits de cette administration. «En dehors des problèmes liés à la vétusté, la nécessité de renouveler un nombre d’appareils, notre administration fait aussi face à un effectif réduit de ses agents. Nous en avons fait la demande sur la base de propositions de nomination. Mais, pour l’heure, nous bénéficions du soutien et de l’aide des stagiaires que nous accueillons chaque années au mois d’août», a regretté son directeur général. Pour lui, l’administration dont il a la charge ne se laissera pas mourir sans se battre. L’identité du Gabon en dépend.

 

 
 

2 Commentaires

  1. wanwana ANGUILE patricia dit :

    la DGABD a pour mission de «constituer, de conserver et de diffuser la mémoire de la nation».
    Des missions qui nécessitent donc l’allocation d’importants moyens, aussi bien financièrement que matériellement.
    «En dehors des problèmes liés à la vétusté, la nécessité de renouveler un nombre d’appareils, notre administration fait aussi face à un effectif réduit de ses agents. Nous en avons fait la demande sur la base de propositions de nomination. Mais, pour l’heure, nous bénéficions du soutien et de l’aide des stagiaires que nous accueillons chaque années au mois d’août»
    c’est malheureusement la triste réalité!!!

  2. Mengué mba dit :

    A quand la mise en retraite de Monsieur Sonnet; Il est temps d’effectuer un vrai changement au sommet de cette DGABD

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