Perçues comme un enjeu primordial de développement, les archives nationales apparaissent, au Gabon, comme un patrimoine documentaire en déliquescence. 50 ans après la création de la direction générale des Archives nationales, plusieurs maux subsistent et le patrimoine documentaire national est menacé de disparition.

Le bâtiment abritant la direction générale des Archives nationales, de la Bibliothèque nationale et de la Documentation gabonaise (DGABD) à Libreville. © Gabonreview

 

Les Archives nationales fêtent leurs 50 ans dans un contexte assez particulier. Entre manque de visibilité, inadéquation de politique et stratégie nationale sur la préservation et la promotion du patrimoine documentaire, insuffisance des ressources humaines et financières, inefficacité du suivi dans la gestion du cycle de vie des documents, la direction générale des Archives nationales fait face à plusieurs défis après un demi-siècle d’existence.

Les bâtiments qui abritent aujourd’hui la direction générale des Archives nationales, la Bibliothèque nationale et la Documentation gabonaise, sont détériorés par les vents marins» a fait savoir le directeur général des Archives nationales, à l’occasion du jubilé de l’institution dont il a la charge, le 11 octobre à Libreville. Soulignant la nécessité de mieux conserver les documents considérés comme un enjeu primordial de la bonne gouvernance et même de la démocratie, Éric Moukodoumou Midepani a laissé entendre que le patrimoine et «la connaissance du peuple gabonais sur sa propre histoire» sont tous deux menacés.

Bien que le pays dit promouvoir une culture de préservation du patrimoine documentaire, les Archives nationales restent 50 ans après clouées sur la ligne de départ avec à la clé, la quête des profils adaptés pour lui permettre de mieux remplir ses missions. «La direction générale des Archives nationales aimerait avoir des agents pour une meilleure communication sur l’existant. Des agents qui ont d’autres profils : un historien, un sociologue, un anthropologue, un littéraire, un philosophe, un musicologue, un bibliothécaire. Le recrutement des agents qui ont ce profil permettra ainsi, à l’instar de ce qui se passe dans d’autres bibliothèques nationales, notamment celles de France, d’organiser des animations culturelles, scientifiques et vulgariser le fonds de cette bibliothèque sur l’histoire du Gabon», a souhaité Éric Moukodoumou Midepani.

«Un bibliothécaire diplômé dans ces domaines nous aidera à mieux organiser cette bibliothèque. À défaut d’un recrutement dans l’immédiat, nous nous contenterons d’un redéploiement des fonctionnaires ayant ces profils et intéressés par cette proposition», a-t-il poursuivi, tout en suggérant un «financement des formations des agents» de la structure chargée de préserver la mémoire du Gabon en matière d’informations documentaires.

Si la direction des Archives nationales essaie de s’arrimer aux Technologies de l’information et de la communication (Tic), pour une meilleure conservation de l’existant, avec à la clé une bibliothèque nationale numérique, les conditions de travail de ses agents sont encore précaires. «Les agents de la direction générale sont exposés à certaines maladies. Maladies de la peau, maladies d’estomac parce qu’ils sont en contact permanent avec le papier», a regretté Éric Moukodoumou Midepani, demandant «une prise en charge particulière» des agents. Pour lui, si des solutions concrètes sont apportées aux différents problèmes auxquels restent confrontée cette institution, le Gabon peut espérer figurer au rang des pays du monde où les archivent comptent.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Axelle MBALLA dit :

    Et c’est maintenant que vous le constatez? Quel dommage! Ce régime depuis près de 60 ans s’tait donné tous les moyens pour faire disparaître le Gabon, au sens propre comme au sens figuré. Albert BONGO l’avait dit un jour dans un de ses nombreux discours.

    Des pays sans patrimoine…vous en connaissez, vous? Des pays sans patrimoine culturel…vous en connaissez, vous?pays sans patrimoine culturel valorisé…vous en connaissez, vous?
    Ce pays a un nom…A cause d’un régime « criminel » (à prendre dans tous les sens)…Surtout en ce moment!…

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