Irénée Mezui Mba, avocat de la défense de Ballack Obame Mebiame, a décrié, le 21 mai2019, les conditions de détention inhumaines de son client, poursuivi pour complicité d’atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, suite au coup d’état avorté du 7 janvier initié par le lieutenant Kelly Obiang.

Irénée Mezui Mba, avocat de la défense de Ballack Obame Mebiame. Lors de sa communication.© Gabonreview

 

Autorisé désormais à communiquer, Me Irénée Mezui Mba, avocat de la défense d’Edwin Ballack Obame Mebiame, s’est prononcé le 21 mai sur la situation de son client. Il a donc éclairé l’opinion sur les circonstances de l’arrestation rocambolesque de son client et les conditions inhumaines dans desquelles il est détenu.

Ballack Obame Mebiame.© Info241

Ballack Obame a été, selon son avocat, appréhendé le 21 janvier derrière l’Assemblée nationale avec trois de ses frères par un groupe de près de 15 personnes en civil. S’étant juste présentés comme agents de la Police judiciaire sans ordre de mission, ces personnes l’ont embarqué avec ses frères pour la Direction générale de contre-ingérence (B2). Si ses frères ont été relâchés 5 jours après, Edwin Ballack Obame Mebiame a été, par contre, conduit devant le juge d’instruction puis inculpé et placé sous mandat de dépôt. Le jeune homme est détenu, selon l’avocat, dans des «conditions inhumainement inacceptables, intolérables et indignes d’un pays de droit alors que sa culpabilité n’est pas encore établie», a déploré Irénée Mezui Mba.

À en croire l’avocat, son client est enfermé avec trois personnes dans une pièce de trois mètres sur 3. Dans «ce cachot insalubre, il cohabite avec serpents, cafards et moustiques. En dehors de la porte en fer fermée en permanence, il n’existe aucune autre ouverture pouvant lui apporter de l’air». Dans ce mini bunker, Edwin Ballack Obame Mebiame fait face à une chaleur suffocante et n’ayant pour seul vêtement qu’un slip. C’est ce four qui sert de chambre, urinoir, salle à manger à Ballack et ses codétenus. Parlant de l’alimentation, Edwin Ballack Obame Mebiame se nourrit, tous les jours aux environs de 17 heures, d’un morceau de poulet cuisiné dans des conditions indescriptibles ou d’une sardine, assortie d’un morceau de pain. Ballack s’abreuve d’une eau dont la potabilité laisse à désirer. En clair «Ballack Est détenu dans les conditions pires que celles d’un animal», a regretté l’avocat.

Après ce descriptif hideux, l’avocat a interpelé le ministre de la Justice à revoir la situation de son client qui n’honore pas le pays au 21e siècle. D’autant plus que selon Iréné Mezui Mba, le Gabon a souscrit aux textes internationaux garantissant les droits humains.

Abordant la procédure à proprement parler, l’avocat s’est dit serein. Car, à «ce stade, beaucoup d’éléments à charge contre [son] client manquent au dossier». Déféré depuis le 7 février à la prison centrale de Libreville, Ballack Obame est accusé de «complicité d’atteinte à la sureté intérieure de l’Etat». L’affaire liée au à la tentative de coup d’Etat organisé le 7 janvier par le lieutenant Kelly Obiang et ses éléments de la garde républicaine, alors qu’Ali Bongo se trouvait hors du pays après son accident vasculaire cérébral.

 
 

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