Alors que certains attendent le nouveau gouvernement et que d’autres pronostiquent sur le nom du prochain Premier ministre, Alexandre Barro Chambrier estime que ces questions sont accessoires, étant donné que «le contentieux post-électoral n’est pas soldé».

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La proclamation des législatives par la Cour constitutionnelle a été un déclic chez certains ministres qui depuis lors, ont entrepris de faire le bilan de leur passage au gouvernement. Une pratique qui, selon bien d’avis, à l’air d’un appel de pied alors qu’un nouveau gouvernement, réduit comme l’avait promis Ali Bongo, est attendu et que certains se demandent si Emmanuel Issoze Ngondet sera reconduit en qualité de Premier ministre. Pour d’autres, comme Alexandre Barro Chambrier, du Rassemblement héritage et modernité (RHM), c’est une question accessoire.

«La question du maintien ou non du Premier ministre actuel Issoze Ngondet est accessoire. Le contentieux post-électoral n’est pas soldé», a-t-il laissé entendre sur les antennes de BBC Afrique. Selon lui, le Gabon traverse une crise multiforme depuis 2016 du fait des élections contestées. Pour Chambrier, si nouveau gouvernement il y a, la priorité serait de travailler à la réconciliation nationale du fait que le pays n’est pas encore sorti de cette crise. «Et dans ces conditions, le pays se retrouve à la case départ. Je dirai dans l’impasse. Il faut absolument tenir compte de ce que la majorité du pays n’est pas représentée et qu’il y a un problème de légitimité», a-t-il exprimé. Il estime que «quel que soit la personne qui pourrait succéder à Issoze Ngondet 3, 4 ou 5, ça ne changera strictement rien au fait que le pays a besoin d’apaisement».

«Le pays a besoin d’être dirigé. Cela fait maintenant plus de 70 jours qu’Ali Bongo Ondimba a été frappé, dit-on, par un AVC. Plus de 70 jours qu’il n’a pas foulé le sol gabonais et vous voyez bien que ces dernières apparitions ne sont pas pour rassurer. Et nous avons demandé qu’un collège médical soit mis en place pour évaluer ses capacités physiques, intellectuelles et psychologiques pour faire face aux responsabilités qui lui incombent», a-t-il poursuivi. Le président du RHM considère que l’apparition d’Ali Bongo lors du discours à la Nation suscite encore plus d’interrogations et d’incertitudes sur sa capacité à exercer les lourdes tâches qui lui incombent. «Sommes-nous sûrs que la nomination de nouvelles personnalités seront de son fait ou seront de son entourage immédiat qui s’agite beaucoup pour faire en sorte qu’il puisse continuer à être là et à gérer le pays, à prendre les décisions qui en tout état de cause ne sont pas prises par lui?», s’est-il interrogé.

Ce dernier doute la capacité d’Ali Bongo à désigner lui-même les prochains ministres mais aussi, toutes les décisions qui vont être prises. «Dans le domaine financier, le Gabon reçoit beaucoup de ressources de l’extérieur, il est évident qu’en étant à Rabat, il ne peut pas vérifier l’utilisation de chaque ressource. Ce qui augure des possibilités de gestion non transparentes et même de détournement des fonds publics. C’est vraiment grave la situation que nous vivons», a-t-il exprimé.

Le vrai débat, affirme-t-il, est celui du de la prononciation de la vacance du pouvoir. Il est certain que la majorité compte conserver le pouvoir par tous les moyens «alors qu’il y a une forte aspiration populaire pour l’alternance». «L’Etat de santé du président lui permettrait de revenir prendre les choses en main, mais vous comprenez qu’un pays ne peut pas être dépendant d’une seule personne. La Constitution est impersonnelle, il faut considérer l’intérêt général et prendre les décisions qu’il faut. Quitte à voir après s’il y a une amélioration pourquoi pas», dit-il.

Convaincu que Ping a gagné la présidentielle en 2016, il se dit par ailleurs en faveur du respect de la Constitution. «Et une fois le président du Sénat assumerait l’intérim, il est évident que la classe politique devrait se mettre autour de la table pour trouver les accommodements nécessaires dans le cadre de la Constitution pour permettre le moment venu qu’une élection démocratique et transparente permette aux Gabonais de retrouver la légitimité populaire et que le pays reparte sur des nouvelles bases. C’est de cela qu’il s’agit», a-t-il soutenu.

 
 

2 Commentaires

  1. eternite dit :

    ABC,

    Meilleurs voeux 2019 à vous…
    Dommage que votre “lucidité” revenue ne l’est pas été au moment des elections legislatives..

  2. Adolf Mosséssé dit :

    @ Monsieur Chambrier
    De quelle constitution faites-vous allusion ? S’il s’agit de celle qui sert de torchon de cuisine à Mbourantso, dites clairement au peuple de quel côté vous vous situez. En tout état de cause, le contentieux électoral de 2016 est à dissocier de la constitution issue du dialogue des brigands du PDG.
    Pour le bien de la nation et pour une transition paisible, pacifique avec des nouvelles institutions,le président élu démocratiquement élu, Jean Ping, doit être installer au palais du bord de mer, pour un mandat de transition, comme il ne cesse de le répéter.

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