Convaincue de l’inopportunité des futures mesures liées aux nouvelles conditions d’attribution des bourses aux nouveaux bacheliers, l’ONG Educaf présente ce projet gouvernemental comme une stratégie des autorités visant à la chosification des Gabonais.

© Gabonreview

 

L’annonce du projet de décret portant modification des conditions d’attribution des bourses d’études n’a pas fini de susciter des réactions auprès des organisations du secteur de l’éducation. Il faut dire que presque aucune n’approuve le fait que la bourse ne puisse désormais être attribuée qu’aux demandeurs âgés de 19 ans au plus et ayant obtenu une moyenne générale supérieure ou égale à 12/20 au baccalauréat. Faisant partie des contempteurs de cette future mesure, l’ONG Educaf assure que celle-ci est aux antipodes des réalités vécues par les apprenants depuis plusieurs années.

«Si ces conditions peuvent être valables au Prytanée militaire, seul établissement secondaire public répondant aux normes nationales et internationales, il n’en saurait être le cas pour le reste des établissements publics du Gabon qui regorgent de plus de 90% de la population apprenante», soutient l’ONG présidée par Geoffroy Foumboula Libeka.

Pour l’organisation, cette nouvelle mesure vise un objectif : «démotiver les apprenants gabonais afin de bâtir le Gabon avec une population peu instruite, vulnérable et facilement ‘‘chosifiable’’». Elle en veut pour preuve que «ces cinq dernières années, [le gouvernement] s’évertue à précariser l’apprenant gabonais», en plus d’œuvrer à la «destruction du système académique», notamment en augmentant les frais d’apprentissage, en fermant les campus sans mesures d’accompagnement et en ne construisant pas de nouveaux établissements scolaires pour régler les problèmes d’effectifs pléthoriques à travers le pays.

La non-prise en compte de «la baisse du pouvoir d’achat des parents d’élèves/étudiants par les mesures d’austérité [et] l’augmentation du chômage par la fermeture de plusieurs entreprises» apparaît aussi pour l’ONG Educaf comme une preuve du cynisme des initiateurs du décret en préparation. N’entendant pas se limiter à la seule dénonciation de cette future mesure, l’organisation annonce des actions dans les prochaines heures. Une rencontre avec les différentes associations de mutuelles est déjà annoncée pour samedi 6 avril au Conseil national de la jeunesse du Gabon (CNJG).

 
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW