Le projet de décret visant à limiter l’attribution des bourses universitaires ne cesse de créer des mécontentements parmi les étudiants et les élèves. Alors que le gouvernement veut faire des économies, les jeunes rencontrés par Gabonreview déplorent une mesure appauvrissante, d’autant plus que les conditions d’apprentissage ne s’améliorent pas.

Scène de la vie ordinaire des étudiants de l’UOB où plusieurs M2 de Droit n’ont pas fait leur rentrée 2019. © union.sonapresse

 

«Il y a deux ans, c’était la hausse des frais universitaires, maintenant, il y a une révision des conditions d’attribution des bourses, comment tenir», lance Tina, étudiante en Licence 1 d’anthropologie à l’Université Omar Bongo (UOB).

Debout devant l’entrée de l’UOB, Tina énumère les frais liés aux études. En plus des frais universitaires (35.000 FCFA par an en Licence, 75.000 FCFA pour un Master Pro et 60.000 FCFA pour un Master recherche), il faut compter l’achat de fascicules – entre 3.500 et 20.000 par matière -, les frais de transport, ou encore les frais d’hébergements pour les étudiants venus de province. La jeune étudiante est catégorique : pour elle, la bourse est «indispensable».

Depuis 2012, seule l’obtention du Bac permettait d’avoir d’une bourse de 83.000 FCFA par mois en premier cycle, et 98.000 FCFA par mois en second cycle. Mais vendredi, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret annonçant que seuls les moins de 19 ans ayant eu au moins 12/20 de moyenne au Baccalauréat auront le droit à une bourse. Un prêt étudiant pourra être contracté auprès d’une banque, remboursable sur cinq ans, pour les bacheliers de plus de 19 ans avec 12/20 ou plus de moyenne à l’examen.

Dans la même logique que l’augmentation des frais universitaires en 2017, la révision des conditions d’attribution bourses vise à s’adapter «aux évolutions économiques actuelles», alors que le Gabon, encouragé par le Fonds monétaire international, doit assainir ses dépenses publiques. Déjà, l’augmentation des frais de scolarité «a permis de renforcer le budget 2018», explique à Gabonreview Guy-Serge Bignoumba, secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur, qui dit attendre le Conseil d’administration pour obtenir les détails des avancées.

 – Conditions d’éducation précaires dans le public –

Pour de nombreux jeunes, la décision gouvernementale ne fera que creuser les écarts sociaux, alors que les conditions d’apprentissage au lycée comme à l’université ne s’améliorent pas, et que de nombreuses familles gabonaises restent minées par la précarité. «Désormais, ceux qui vont apprendre seront les enfants de parents riches», s’insurge Ange Gaël Makaya, président de la mutuelle étudiante à l’UOB, qui déplore aussi une mesure décidée si rapidement, si tard, «sans consulter les partenaires sociaux et sans donner une explication à la jeunesse».

Le leader estudiantin doute également de la capacité des banques gabonaises à jouer leur rôle pour les prêts étudiants et craint une «fuite en avant» de la part de l’Etat. «Ce projet de décret n’a pas pris en compte toutes les réalités de ce pays», renchérit Samir Mahamat Yaya, porte-parole du mouvement Etudiants conscients et inscrit en M2 de droit. Rien qu’à l’UOB, il déplore par exemple l’absence de campus depuis 2014, l’achat des livres par les étudiants, le retard dans le paiement des bourses, ou encore le fait que plusieurs M2 de droit n’ont pas fait leur rentrée 2019.

Plus généralement, les grèves de plusieurs mois chez les enseignants du public, le manque de salles de classes ou de bancs ou encore la précarité de nombreuses familles sont des freins à l’éducation, constatent les leaders étudiants.

Au lycée Mabignath à Libreville, une jeune lycéenne de terminale confirme que «la plupart des élèves dans les salles de classe sont déjà âgés de plus de 19 ans parce que la plupart des familles vivent sous le seuil de la pauvreté. Par exemple, un enfant peut commencer le CP1 à 9 ans» dans l’arrière-pays.

Pour tous les élèves ou étudiants interrogés par Gabonreview, le verdict est unanime : les conditions d’étude dans le public ne sont pas favorables à une obtention du Bac à 19 ans avec une moyenne de 12/20. «On ne fait que favoriser le privé», conclut un lycéen.

 
 

5 Commentaires

  1. Fayo dit :

    Des enfants plus intelligents que Ali Bongo et Iwangu réunis.

  2. je suis étudiant a la recherche d’une bourse d’étude

  3. Jean jacques dit :

    C’est ca ce moukagni a eu son bac a quel age? Les bourses c’est un projet social q le premier président a mis en place.su le Gabon n’a,plus d’argent q le président réduit les salaires et les crimes des ministres.supprimer les voitures des fonctions.et non les petites bourses.Au Gabon sui ignore les conditions dans lesquelkes nos enfants étudient?pour parler qu’il faut avoir le bac a 19 ans et une moyenne we 12/20.

  4. lematougaleux dit :

    Parlons peu parlons bien: cette mesure d’attribution de la bourse aux moins de 19 ans ne sert personne. Celui qui l’a prise n’a pas sufisamment refléchit.

    Une mesure à prendre, plus radicale en apparence mais plus juste est la suivante: dans le cadre d’orientation de la politique du Gouvernement en matière de formation de la main d’oeuvre qualifiée dans les filières techniques, Tout élève ou étudiant dans une filère encouragée par l’Etat aura droit à une bourse même s’il a plus de 30 ans. A contrario, celui qui veut faire physique nucléaire, même s’il a 15 ans le fera à ses propres frais.

    Ce n’est pas la réduction de la quantité de bourses qui importe, mais plutôt l’augmentation si nécessaire de la qualité des boursiers. On veut plus de techniciens.

  5. Révolution dit :

    Ah ça mais vous êtes bien les membres du gouvernement. C’est vous qui ne payez pas les enseignants donc les enfants sont contraints de refaire des classes pour avoir le ni veau ce qui les retardent énormément. Les conditions d’apprentissage sont catastrophiques pour un pays avec d’énormes potentialités. Vous devriez avoir honte d’y songer. Vous faites tout pour nous retardés mais sans état d’âme vous venez mettre des pareils à ceux qui veulent réussir pas honnêtement sans passer par des moyens douteux. C’est la faute à ces jeunes si vous êtes des piètres administrateurs? C’est de leur faute si vous préférez organiser des can et des carnavals plutôt que de construire le pays et les écoles dignent de ce nom? C’est de leur faute si vous préférez garder les onéreux salaires de vos ministres au détriment du pays? C’est de leur faute si la majorité de vos chers ministres sont la non pas pour travailler mais pour détourner les fonds publics? C’est de leur faute si vous ne voulez pas adopter pour ce pays une politique de relance efficace? C’est de leur faute si vous ne voulez pas diversifier l’économie gabonaise? C’est évident qu’un pays ne peut compter sur ses richesses minières et pétrolières toute sa vie. C’est utopique de le croire. C’est de la faute de ces jeunes si les ressources sont très mal réparties? C’est de leur faute si vous préférez employer des chinois et que sais-je plutôt que de former des gabonais? Plutôt que de créer de vrais centre de formation? C’est Dieu seul qui vous vois. C’est vrai que quand une dent est pourrie c’est toute la bouche qui sent.

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