A un mois du bouclage de la première année depuis la mort de Bruno Mboulou Beka lors de la répression d’un meeting de l’opposition, le 20 décembre 2014 à Rio, la «Campagne justice pour Mboulou Béka» veut que «la lumière soit fait sur ce décès».

Les leaders associatifs promoteurs de la campagne pour Mboulou Beka. © D.R.

Les leaders associatifs promoteurs de la campagne pour Mboulou Beka. © D.R.

 

Initiée par le mouvement citoyen «Ça Suffit Comme Ça» et le «Collectif du 20 décembre 2014», la «Campagne justice pour Mboulou Béka» entend attirer davantage les regards sur ce mort qui n’a toujours pas de sépulture, un an après son décès, et dont la famille ignorerait où se trouve la dépouille mortuaire. A la faveur d’une conférence de presse pour le lancement de cette campagne de sensibilisation, les responsables des mouvements citoyens sus cités ont d’emblée affirmé leur soutien la famille de Bruno Mboulou Beka. Il est pour eux question de soutenir la famille de ce jeune compatriote, assassiné le 20 décembre 2014, «pour réclamer justice».

«Ça Suffit Comme Ça» et le «Collectif du 20 décembre 2014» indiquent que dépouille de ce jeune gabonais a été «emportée vers une destination inconnue» et que «sa famille ne dispose, à ce jour, d’aucune information». «Personne n’a pu revoir ni son corps ni aucun de ses effets personnels. Le pouvoir n’a esquissé aucun geste en direction de la famille endeuillée. Et cela, depuis 11 longs mois. 11 mois que la mère de Mboulou Beka attend, prostrée chez elle, que la lumière soit faite pour qu’elle puisse, enfin, commencer son travail de deuil», notent les promoteurs de la Campagne justice pour Mboulou Béka.

Dans ce même sillage, ils révèlent, en outre, que cela fait «11 mois que cette maman ne peut pas se rendre au champ pour nourrir sa famille, car en pays Fang, la coutume le lui interdit». «Et cela est tout simplement insupportable, inhumain, inadmissible et indigne d’un État qui se dit démocratique», s’indignent les responsables de la Campagne justice pour Mboulou Béka.

Ce collectif déplore le fait que, selon lui, «le Gabon est devenu une jungle où prévaut la loi du plus fort». Et d’expliquer que le plus fort est celui qui dispose de tout l’arsenal pour écraser, assujettir, humilier, terroriser les populations. «Nous parlons en ce moment de Mboulou Béka. Nous pouvons également mentionner les cas récents de violation massive des droits de l’Homme avec la mort de Béranger Ntoutoume Obame dans un commissariat de police, les femmes commerçantes dénudées, menottées dont le film a été posté sur le Net par des soi-disant représentants de l’ordre devenus bourreaux», déclarent-ils avant d’expliquer que leur démarche citoyenne est pacifique. «Nous n’appelons ni au racisme, ni à la xénophobie, ni au trouble à l’ordre public», rappellent les responsables de la Campagne justice pour Mboulou Béka.

Ces acteurs de la société civile interpellent tous les Gabonais et amis du Gabon vivant sur le territoire national. Ils doivent, selon eux, se sentir interpellés par «l’insécurité ambiante qui est non seulement du fait de voyous mais des forces dites de sécurité». «Il se trouve malheureusement que nous ne nous sentons plus protégés par ceux dont c’est le devoir», fustigent-ils indiquant par ailleurs que Bruno Mboulou Beka a été assassiné en marge d’une «manifestation de l’opposition sauvagement réprimée alors qu’il se rendait à une réunion familiale».

En cela, ils estiment que dans la rue, Mboulou Beka, comme tout citoyen, pouvait s’attendre à être protégé, pas assassiné par des éléments des forces armées. Et que dans de telles circonstances, «sa famille aurait pu prétendre au soutien du pouvoir au moins par l’application simple de la justice». «Mais, rien de tout cela. Au contraire, nous avons assisté à une macabre mise en scène des autorités et à des communiqués indécents», dénoncent-ils. Les leaders associatifs n’ont pas manqué de faire le parallèle avec la mort de la syndicaliste Martine Oulabou dont le président Omar Bongo avait accepté de satisfaire toutes les demandes exprimées par la famille et les syndicats. «Ce qui fut fait et Martine Oulabou fut inhumée sans heurts».

En soutien donc à la famille de Bruno Mboulou Béka, ces mouvements demandent «l’identification du corps », «la désignation d’un médecin légiste international accepté par toutes les parties (famille, société civile et gouvernement)» et «l’ouverture d’une information judiciaire», pour permettre à sa famille de l’enterrer enfin et de commencer le travail de deuil.

 

 
 

1 Commentaire

  1. Makaya dit :

    ALi bongo et ses ministres de l’interieur, de la defense et de la justice, procureur de la republique sont les meurtriers de Boulou Beka, de Beranger Ntoutoume et de tout les enfants dont les corps sont retrouves depeces aux quatres coin du pays. Aucune justice n’a jamais ete faite pour les commanditaires car les commanditaires sont les memes qui sont en position de les juges. Ali bongo a completement gaspille, et pourri notre societe, a tout les niveaux, en partant de l’economie aux valeur morales et meme humaines. Les gabonais sont traites comme des animaux avec un mepris sans borne par ses dirigeants.

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