Série de 9 courts métrages ayant pour trame les tribulations de quatre adolescents sourds-muets, « Sens Dessus Dessous » sera projeté pour la première fois à Libreville ce mercredi 3 avril, grace au Lions Club Libreville Hibiscus. Aux côtés d’acteurs ou de personnages connus tel que Michel Ndaot ou Ysis Makoudou Mangoua, ces jeunes acteurs d’un genre nouveau, mutants à la limite, reçoivent dans la prose ci-après les hommages de l’initiatrice du projet et réalisatrice de la petite saga, Matamba Kombila.

Livia et Christian Libina sous la direction de Matamba Kombila, lors du tournage. © D.R.

 

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Anouchka, notre superstar glamour, était parfois un peu capricieuse, alors que Chris Levy, humble et réservé, prenait sur lui et se concentrait pour donner le meilleur de lui-même. Pierre était toujours prêt à tout et dans la peau de son personnage à longueur de journée pendant les 19 jours de tournage. Livia porte le groupe. Dynamique et déterminée, elle trouve souvent le ton juste lorsque l’un de ses amis n’y arrive pas. Quant à Sabrina, je lui ai créé un rôle sur mesure après avoir refusé qu’elle soit dans la série car elle avait abandonné l’école et manqué toutes les répétitions. Elle l’a exécuté à merveille. Olivia Obame, notre apprenti cadreuse, préfère rester dans l’ombre. Car elle a fait répéter tout le monde, elle connait tous les scenarios par cœur et rappelle leurs lignes aux comédiens sourds lorsqu’ils les oublient pendant les prises.

Tous ceux qui ont vu ma minisérie Sens Dessus Dessous qui a été présentée dans 7 festivals à ce jour et primée récemment à AWAFFEST à Dar-EsSalam en Tanzanie, principalement professionnels du cinéma ou des cinéphiles, sont impressionnés par la qualité du jeu et le talent de ses acteurs principaux, quatre adolescents sourds, Anouchka Mikilou Moussavou, Chris Levy Kiende, Livia Paule Minkwe et Pierre Nova Ndong Obiang, ainsi que Sabrina Ondo, 2e rôle de la petite amie de Pierre. Chacun d’eux s’est glisse dans la peau du personnage que j’ai créé pour lui et l’interprète parfaitement.

Les jeunes comédiens ont beaucoup appris au cours de nos longs mois de répétition entre Mai et Décembre 2016. Puis lors du tournage par observation et grâce à la générosité du monitoring de Christiane Libina qui joue la douce maman de Livia, de Michel Ndaot qui joue le papa très occupé d’Anouchka, d’Ysis Makoudou Mangoua qui interprète la maman dépassée de Chris Levy, de Sarah Joanna Matsanga la belle maman marâtre d’Anoushka et de Romeo Apanga, l’oncle frivole de Chris Levy.

Avant de commencer le tournage j’étais inquiète. Avais-je été trop ambitieuse ? De jeunes collégiens pourraient-t-ils tenir le rythme très soutenu d’un tournage ? Les longues heures quotidiennes de travail souvent dans la chaleur, les semaines de 6 jours ouvrés, les multiples prises et répétitions de scènes pour avoir la bonne, etc. Au fils des jours de tournage, j’étais plus convaincue que comme l’avait dit Ben Diawara Nzengui, interprète de Langue des Signes Gabonaise et professeur extraordinaire dans la série : Matamba, ca ira. Ces jeunes ados que j’ai vu grandir dans le cinéma que nous faisons ensemble depuis 2015 ont même été plus professionnels que le sont certains professionnels. Toujours à l’heure même après être rentrés très tard le soir et devant se lever très tôt le matin, en dépit des longues distances à parcourir pour certains pour rejoindre leurs domiciles, toujours prêt à tourner, toujours dans de bonnes dispositions… sauf Anouchka mais sur quoi pourrions-nous plaisanter aujourd’hui si ce n’était les retards de notre superstar ! Il suffit de regarder les films pour voir l’évidence, le talent brut.

On parle souvent dans nos milieux de «magie du cinéma». J’en ai été de nombreuse fois le témoin. A ce stade de ma jeune carrière dans l’industrie, Anouchka, Chris Levy, Livia, Pierre, Sabrina et Olivia sont mes plus beaux miracles, mes super héros. Ils sont l’incarnation du potentiel de notre belle jeunesse, un exemple que la détermination et la passion, en dépit de tous les stigmas que la société impose sur eux à cause de leur surdité, une simple différence de langage, à mon sens, peut mener à la réalisation du rêve : jusqu’aux grands écrans de Libreville et d’ailleurs. Comme dit justement le Candide de Voltaire : Il faut cultiver notre jardin.

Sens Dessus Dessous, mini série de 9 épisodes de 9 minutes chacun, sera présentée dans son intégralité à l’Institut Français du Gabon le Mercredi 3 Avril 2019 à 20h.

Matamba Kombila, Avril 2019

 
 

1 Commentaire

  1. sandjo loudwig dit :

    je suis très satisfait de cette serie de sens déssus désous,c’est vraiment une réussite.

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