Le 1er mars, le Conseil national de la démocratie (CND) a mis un terme à sa session plénière extraordinaire. Entre appel au changement de statut du CND et tenue d’une assemblée plénière ordinaire, à l’issue des travaux, les différents intervenants ont fait des propositions pour que l’institution survive.

Séraphin Ndaot lors de la clôture des travaux. © Gabonreview

 

Vue des participants lors de la clôture. © Gabonreview

Le Conseil national de la démocratie (CND) a tenu une session plénière extraordinaire du 28 février au 1er mars. À l’issue des travaux, les participants, soit 71 partis politiques sur les 78 répertoriés, ont émis le souhait de voir l’institution lancer ses activités. Cela implique pour eux, que le budget du CND soit d’une part revu à la hausse et entièrement exécuté, et d’autre part, qu’un budget d’investissement soit alloué à l’institution. Ramené, en effet, de 1 milliard à 200 millions de francs CFA, le budget du CND n’est exécuté qu’à hauteur de 40 à 50% et par tranche inégale.

Durant les débats, les partis politiques ont fait remarquer que le mandat du bureau du CND est arrivé à terme. Ils ont donc souhaité qu’une assemblée élective se tienne pour le renouvellement des autres membres du CND en dehors du président du CND. Car, disent-ils, «le président de l’institution est désormais nommé par décret du président de la République».

Considérant le CND un des moyens de promotion et de régularisation du processus démocratique, les intervenants ont suggéré que l’institution, autorité administrative indépendante, change de statut pour être érigé en institution constitutionnelle par voie référendaire. Ils souhaitent que les recommandations du dialogue d’Angondjé qui renforcent les pouvoirs du CND aboutissent «dans de meilleurs délais» et que le CND joue un rôle d’observateur lors du déroulement des élections «Le CND ne peut pas se contenter d’être destinataire des procès-verbaux des commissions électorales. Il devrait jouer un rôle de premier plan dans l’observation des élections», ont-ils estimé.

Les participants croient en la survie de l’institution au-delà des difficultés qu’elle rencontre et estiment, de fait, que le CND doit tenir en urgence une session plénière ordinaire afin de débattre de toutes les questions relevant de son champ de compétence, à l’instar de la situation politique et sociale du pays d’autant plus que la plénière extraordinaire n’était consacrée qu’aux problèmes de l’institution. Aussi, veulent-ils que les agents du CND nommés en décret pris en Conseil des ministres soient rémunérés à l’instar des agents des autres institutions administratives indépendantes

«J’ose croire que nous sommes collectivement prêts pour un nouveau départ et que notre cri de détresse sera entendu l’ensemble des décideurs», a déclaré Séraphin Ndaot, président du CND. «Je reste confiant qu’ensemble nous en avons pris conscience et que l’avenir nous dira davantage sur le rôle que nous voulons faire jouer au Conseil national de la démocratie pour parvenir réellement à l’État de droit démocratique que nous souhaitons atteindre», a-t-il poursuivi mettant un terme aux travaux.

 
 

1 Commentaire

  1. bill ngana dit :

    Je reste sceptique quant à ce « nouveau départ ». Parce que les missions du CND ne sont plus celles qui ont motivé sa création en 1990 par la Conférence nationale. A cette époque, les hommes politiques croyaient fermement à la possibilité de susciter et d’entretenir les conditions idéales d’une réelle alternance au sommet de l’Etat. Le pouvoir politique n’ayant jamais voulu de ce choix du peuple, le CND a été malmené au fil des ans. Pas étonnant qu’il soit sous perfusion en ce moment. A ce rythme, inutile de croire que c’est maintenant que le pouvoir pédégé va connaitre un sursaut patriotique capable de redonner au CND son lustre d’antan. Pourtant, dans l’examen de l’actualité courante, c’est ce CND qui aurait dû avoir le monopole de saisir la Cour constitutionnelle, juste pour lui faire lire la Loi et lui donner des arguments pour qu’il se prononce sur les dysfonctionnements constatés au sommet de l’Etat. C’est aussi le CND qui aurait dû sanctionner tel ou tel parti politique pour tel ou tel méfait… Tout ceci ne pourra jamais se produire. Et pour cause. Quelques plumes pousseraient bien sur le dos du CND, mais beaucoup veilleront à ce qu’il n’en soit pas ainsi aussi sur les ailes.

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