Le Conseil national de la démocratie (CND) tient sa première assemblée plénière extraordinaire ce 28 février. Organisée à la demande de 57 partis politiques membres du CND, l’enjeu principal de cette rencontre est d’examiner les problèmes qui minent cette institution depuis près de trois ans.

Séraphin Ndaot, lors de l’ouverture de la plénière, le 28 février 2019. © Gabonreview

 

À la demande de 57 formations politiques ayant saisi le président du Conseil national de la démocratie (CND), Séraphin Ndaot, l’institution a tenu, le 28 février, sa première session plénière extraordinaire. Elle est destinée à examiner les problèmes qui minent le fonctionnement de cette institution qui n’a plus siégé depuis le mois de décembre 2017.

Comme l’a souligné Séraphin Ndaot, à l’ouverture de la plénière, «depuis deux, voire trois ans», la marche de cette institution est fortement perturbée par des dysfonctionnements fonctionnels préoccupants. Le CND n’a plus été à mesure de fonctionner normalement à cause de la réduction de son budget initial.

Julien Nkoghe Bekale et Francis Nkéa (en haut), vue des officiels et participants. © Gabonreview

«D’un montant de 1 milliard environ, il a été ramené d’office à 200 millions», a indiqué Séraphin Ndaot qui a dénoncé le fait que même  les 200 millions n’ont jamais été entièrement mis à la disposition du CND. À en croire Me Ndaot, ce budget n’est exécuté qu’à hauteur de «40 ou 50%», et par tranche périodique de montant inégal. À cela, s’ajoute le non-versement des salaires, depuis 3ans, pour les 50 agents du CND pourtant nommés par décret pris en Conseil de ministres. «Ils travaillent, mais ne gagnent rien malgré toutes les démarches entreprises auprès des décideurs en vue de leur prise en compte salariale», a-t-il déclaré.

Bien que chargé de veiller à l’application du Code de bonne conduite en observant le déroulement des scrutins, le CND n’a pu jouer son rôle au cours des dernières élections couplées, car privé de l’entièreté du budget électoral. «Les observateurs du CND qui avaient été dépêchés sur le terrain électoral en accord avec le ministre du Budget, et qui avaient effectivement couvert les scrutins n’ont pas rendu leurs rapports puisqu’ils n’ont pas été intégralement payés. Ils n’ont perçu que 20% du montant arrêté», a révélé le président du CND.

Ce dernier a poursuivi le chapelet de «meurtrissures» de son institution dévitalisée aussi par le saccage de son siège, lors des violences postélectorales de 2016, et l’expiration des mandats des membres du CND, etc. «La posture actuelle du CND est suffisamment sombre», a conclu Séraphin Nadot qui a appelé ses collaborateurs à proposer au gouvernement des solutions idoines pour permettre au CND de sortir de son enlisement actuel. Ce plaidoyer trouvera peut-être une oreille attentive auprès du Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale, présent à l’ouverture de l’assemblée plénière.

 
 

2 Commentaires

  1. bill ngana dit :

    Je constate avec amertume que les dirigeants gabonais ont mal interprété la volonté de leurs compatriotes réunis dans le cadre de la Conférence nationale de 1990, de mettre en place un Conseil National de le Démocratie. Omar puis Ali (Bongo), méticuleusement et progressivement, lui ont retiré toute sa belle substance, celle de réguler notre démocratie, d’en fixer les règles et de les faire appliquer. Au contraire, ils ont choisi de l’affaiblir, en commençant par lui ôter l’essentiel de ses missions originelles, à lui retirer les moyens de son action. Dans cette optique, il fut une époque, le CND n’avait même pas de siège.
    Or, depuis cette fameuse confession de 2008, on n’a jamais su ce que Omar et les siens ont réellement « fait du Gabon » et qu’ils « continuent de faire », peut-être même avec plus d’hypocrisie aujourd’hui, au regard de l’actualité immédiate. Sans une explication de sa part sur ce point, on peut penser que l’un des péchés qu’Omar Bongo confessait était précisément le détournement des volontés du peuple gabonais à aspirer à plus de justice et de paix. Or, le CND, dans son essence originelle, avait pour mission de veiller à l’instauration d’une société de Justice et de Paix, précisément dans le tout nouveau contexte multipartite instauré par ces assises de 90, qui s’ouvrait largement à toutes les dérives. En 1990, les Gabonais préconisaient la Justice et la Paix à leurs gouvernants. Aujourd’hui, trente ans plus tard, ils continuent à réclamer avec insistance, certes avec relativité, l’instauration de ces deux notions dans la gestion de leur Cité. Le mieux pour notre démocratie, est de retourner et de rebondir sur les fondamentaux de ce CND afin d’assurer aux Gabonais un futur confortable et un vivre ensemble plus qu’apaisé et durable.

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