Le mouvement citoyen TropCtrop a marqué son désaccord au colloque économique sur Gabon, organisé le 29 mars à Paris, qu’il assimile à de la poudre aux yeux. À cet effet, l’association demande au parrain de cet événement, par ailleurs président du Sénat français, de se désengager de cette rencontre qui occultera les réalités actuelles de l’économie gabonaise.

Quelques leaders du mouvement citoyen Tropctrop. © Facebook.com/pg/tropctrop241

 

TropCtrop ne partage pas l’enthousiasme derrière le colloque économique sur Gabon, prévu le 29 mars à Paris. Organisé en partenariat avec Business-France et la direction générale du Trésor, avec la participation du Premier ministre gabonais, cet événement a pour but de trouver les voies et moyens pour que le Gabon, qui dispose des atouts et des ressources nécessaires, puisse devenir un grand pays d’Afrique, d’ici 2025.

Un rêve errant à en croire le mouvement citoyen. Dans une lettre ouverte datée du 26 mars, il l’a d’ailleurs fait savoir à Gérard Larcher, président du Sénat français et parrain de cette rencontre. «En lisant le programme, grande est notre surprise de constater que le tapis rouge est déroulé au régime illégitime gabonais. Monsieur le président, la situation du Gabon, quel que soit l’angle sous lequel vous la regarderez, est très critique», a regretté TropCtrop.

Pour corroborer ses dires, l’association soutient que sous le régime actuel, «à la tête du pays par effraction électorale depuis 2009 et plus encore depuis 2016, en ne citant que quelques exemples d’entreprises, nous notons pour le déplorer le départ souvent dans des conditions ne respectant aucune forme conventionnelle en la matière, des sociétés françaises créatrices d’emplois dans ce pays».

Selon le mouvement, le Gabon traverse une «crise économique profonde», née de la «crise postélectorale de 2016», et de la «violente répression» qui s’en est suivie. «Cette séquence a plongé́ le pays dans une crise institutionnelle, une crise de confiance qui paralyse les ménages, et la consommation stagne», a déploré TropCtrop.

À titre d’exemple, il cite pêle-mêle les retards de paiement récurrents de l’État auprès de ses créanciers et de ses fournisseurs ; la hausse des arrières d’impayés de l’Etat qui s’élevaient déjà à 2% du PIB en mars 2018 ; les difficultés de trésorerie, les tensions de liquidités ; le manque patent de devises ; les coupes dans les dépenses de capital… Autant de points noirs qui «justifient l’abaissement de la note du pays au sein des agences de notations», a souligné TropCtrop.

En mars 2017, l’agence de notation Fitch a abaissé la note de B+ à B en octobre 2017. Moody’s a emboité le pas en juin 2018, en dégradant la note souveraine du pays de B3 à Caa1 en juin 2018. «Comment dans ces conditions, Monsieur le président, recevoir un gouvernement qui vit désormais de prêts aux banques, au FMI, l’AFD et la Bad, pour un impact invisible pour les PME locales et les entreprises françaises ?», a interrogé TropCtrop.

Celui-ci est par ailleurs convaincu qu’en donnant son quitus à colloque, le Sénat français cache à de potentiels apporteurs de capitaux présents, «la réalité du mauvais traitement infligé par ce régime aux investisseurs français, qui perdront leur argent et passeront plus de temps dans les tribunaux de Paris et au Centre International pour le règlement des différends relatifs aux Investissements».

TropCtrop milite par ailleurs pour un «nouveau partenariat plus constructif» entre le Gabon et la France. Ce, avec «une nouvelle génération qui comprend les enjeux et les attentes de nos partenaires économiques, tout en garantissant à nos populations une prise en compte réelle et effective de leurs besoins, afin d’améliorer leur niveau de vie et les sortir de la pauvreté».

 
 

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