De nombreuses interrogations autour de la descente de militaires, le 7 janvier dernier, dans les locaux de la radiotélévision gabonaise, amènent à un faisceau de présomptions faisant penser à une machination politicienne. Trop d’éléments discréditent la thèse d’une tentative de coup d’Etat. Cet article a été rédigé le 7 janvier 2018, à la suite des évènements dont il est question.  

© Gabonreview/Shutterstock

 

Au pays dont le parti politique au pouvoir s’est permis une équipée aux universités d’été du Parti socialiste français sans y être invité, au pays où des caisses d’armes ont été découvertes dans une île au large de ses côtes sans suite, au pays du canular terroriste de Roland Désiré Aba’a Minko, nombreux ne croient pas un seul instant que le vaudeville militaire de ce lundi 7 janvier soit une véritable tentative de prise du pouvoir. Nombreux pensent, en effet, qu’il s’agit, encore une fois, d’une mise en scène aux objectifs inconnus pour le moment.

Dans les salons, les buvettes et petits restaurants ayant eu le courage d’ouvrir ce lundi-là, les supputations et analyses sont allés bon train. Et, des questions continuent de fuser. Notamment, comment 9 personnes ont-elles pu tenir, si longtemps, à un feu nourri que les habitants de Plaine-Orety, quartier jouxtant le théâtre des opérations, ont entendu de 4h à 8h45 ? Comment expliquer que moins de 5 baies vitrées seulement de la maison Georges Rawiri, siège de Gabon Télévisions, aient été détruits après le plus long pilonnage n’ayant eu lieu à Libreville ? Comment expliquer qu’un officier, encadreur adjoint d’une compagnie militaire de 120 personnes, ait pu penser prendre le pouvoir avec 8 coéquipiers seulement ?

Dans un Gabon habitué aux opérations Ngéné, on ne comprend également pas qu’après une tentative de prise de pouvoir par la voie des armes, aucun dispositif sécuritaire particulier, aucun check-point (barrage de contrôle) n’ait été disposé sur les artères de Libreville ce fameux lundi. Si des militaires étaient postés à certains points de la ville, on était bien loin du dispositif de contrôle souvent déployé lors des moments de crise au Gabon. Tout s’est passé comme s’il s’agissait d’une crise banale. «Comment, dans un tel contexte, n’y a-t-il pas eu les habituels contrôles musclés d’automobiles ?», se demande un taximan avant d’ajouter : «le pays n’a donc pas été en danger ?»

L’hypothèse d’une mise en scène est notamment corroborée par quelques faits étonnants. De nombreux clubbers rentrant de night-clubs d’Akanda, commune située dans le nord de Libreville, assurent avoir vu une colonne de chars sortir de la base de la Garde républicaine, à l’aéroport, et se diriger vers Libreville autour de minuit. Où allaient ces chars alors que les points stratégiques de la ville sont régulièrement sécurisés par des patrouilles pédestres et roulantes ? De même, certains journalistes de Radio Gabon et Gabon Télévisions arrivant sur les lieux dans la matinée, s’étonnent de l’attitude détendue des hommes armés trouvés sur les lieux. «Les éléments du GIGN postés sur le toit de l’immeuble étaient en train de papoter ou de rigoler, d’autres étaient au téléphone comme si de rien n’était», raconte un journaliste affecté aux émissions matinales de la radio.

De nombreuses autres questions sont tout aussi troublantes : pourquoi après leur déclaration, les mutins sont-ils restés dans les locaux de la télévision sachant bien qu’une armada répressive allait forcément arriver ? Le bilan officiel fait état de 2 morts, dans quelles conditions en est-on arrivé là ?

Bien d’autres éléments font souciller. Pourquoi, en milieu de matinée, pour la rédaction du communiqué du gouvernement sur ces faits, n’y avait-il aucun militaire. Pierre-Claver Maganga Moussavou, objet la veille d’une rumeur d’attentat, dirigeait littéralement l’équipe rédactionnelle composée du Premier ministre (Issoze Ngondet) et des ministres de la Défense (Massard), des Affaires étrangères (Immongault), de l’intérieur (Matha) et de la Communication, porte-parole du gouvernement (Mapangou) ; aucun mais lors aucun militaire ne figure dans le comité de crise de cette affaire militaire. Ce serait-ce donc une affaire politique ? Sur quoi va donc déboucher tout ce micmac ?

 
 

13 Commentaire

  1. OTOLI dit :

    Quand j’ai appris que c’étaient des éléménts de la garde républicaine ,j’ai compris que cétait un simulacre organisé par frédérick Bongo.

  2. Serge Makaya dit :

    La pièce théâtrale consistait en réalité à piéger les vrais opposants et résistants. Malheureusement pour eux, ça n’a pas marché. Pauvre Frédéric Bongo. Je te connais assez BÊTE pour pouvoir réussir un scénario.

  3. AKOMA MBA dit :

    Que le gouvernement fasse attention en minimisant les faits. Deux jeunes gens ont été abattus froidement.

    Evidemment, quand on est habitué à massacrer son propre peuple pour se perpétuer au pouvoir, on peut tout attendre de ces sbires qui nous gouvernent!

    • bassomba dit :

      jeunes gens abattus froidement? Vous avez vu les photos comme moi? Ces putschistes étaient armés et à côté de leurs corps il y a plein de douilles; ce qui suppose qu’ils se sont servi de leurs armes, et vous parlez d’abattus froidement!

      • Jorhusse dit :

        Bassomba, faut les laisser. Ils souhaiteraient que les mutins tuent des forces de l’ordre pour se mettre à jubiler. Ils vont toujours trouver à dire. honte à eux.

      • Okoss dit :

        Les douilles à côté d eux ne prouvent rien du tout.elles peuvent avoir été mises là pour 1 simple mise en scène.
        Le tireur pouvait aussi bien se déplacer dans la salle,auquel cas toutes ces douilles ne doivent ps se retrouver au même endroit.
        Pour tricher en 2016 le Pdg avait fabriqué des faux Pv dans le HO.on n a pas eu besoin de bcp réfléchir pour découvrir la supercherie.vous recommencez avec cette mascarade de putsch manqué. Le peuple n est pas aussi bête que vous le pensez

        • bassomba dit :

          N’importe quoi! Vous vivez à Libreville et plus précisement derrière l’Assemblée Nationale où les habitants ont bien vu que ça tirait de l’intérieur de la RTG (mutins) et de l’extérieur (armée régulière)? Même moi qui habite aux Charbonnages j’ai entendu pendant plusieurs minutes ces coups de feu. Et puis: vous qui parlez de mise en scène, que faisaient ces soldats armés (tout le monde a vu les images télévisées)là où ce n’est pas leur lieu de travail?

        • Mboung dit :

          Les mythomanes croient en leur mensonges et veulent faire croire ( mème de force )à leurs mensonges.. jusqu’au mensonge de trop (seuil déjà largement dépassé avec les vidéos truquées)Sur les images dont ils parlent tant figure 1 personne au sol avec 1 uniforme de la gendarmerie nul n’en fait état et ce n’est pas le seul fait omis surement question d’habitude…

  4. Jean.jacques dit :

    Les gabonais,les gabonais,tjrs dans le refus de la realité.on a des criminels qui se disent opposants c’est pas ping qui dit a ses militants q vous pouvez dja agir .je ne peux plus vous empecher. Et tout cela personne d l’opposition n’a condanmé cet acte ca trouve q vous êtes côtent.mais toutes les personnes citées doivent être arrêtées comme ce que le pdt turc avait fait. Ils etaient bien armés et certainement ils n’avaient seulement des balles. Qui a perdu dans ca? Les 2qui sont morts ils ont cherchés ca fait moins deux bandits en circulation.

  5. Jean.jacques dit :

    Bravo et bravo au groupe qui a participé a l’assav.et il y avait les criminels opposants il fallait finir avec eux et on espere que olando va etre repris pour executer ces cancres qui ont recu 1000.000 d j ping pour mettre ce plan en exécution. Et Massard doit être limogé et presenter devant le procureur.c’est lui le ministre de la defense.

  6. mouguila dit :

    Le coup d’état manqué n’est que le début d’une série tant que ce régime corrompu cleptomane se maintiendra au pouvoir. Félicitation à ces braves militaires patriotes. C’est aussi un avertissement aux forces du mal endogènes et exogène qu’ils veulent maintenir le Gabon coûte que coûte aux antipodes du progrès ils paieront leurs obstinations,ce n’est qu’une question de temps…

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