Le Premier ministre vient d’annoncer la fin de l’impunité face à la corruption et l’enrichissement illicite. Le 19 novembre à Libreville, Julien Nkogue Bekale a promis d’intensifier la lutte contre ces fléaux qui ont pris des proportions inquiétantes dans le pays.

Julien Nkogue Bekale lors de déclaration, le 19 novembre 2019. © Com. gouvernementale

 

Motivé par la volonté de bâtir une «République exemplaire», le gouvernement a décidé d’assécher les torrents de la corruption et de l’enrichissement illicite dans le pays. L’assaut contre ces fléaux a été lancé par le Premier ministre, le 19 novembre à Libreville. «Le gouvernement que je dirige s’est résolument engagé dans la lutte contre les actes répréhensibles de gestion, dans la lutte contre la mauvaise gouvernance, dans la lutte contre l’impunité», a déclaré Julien Nkogue Bekale.

Si le gouvernement a toujours s’intéresse à ce phénomène, notamment à travers la très controversée «opération Mamba», la lutte contre ces maux récurrents semble désormais requérir toute son attention. «Nous allons intensifier cette lutte tout en étant conscients que sa réussite pleine et entière repose aussi sur notre capacité collective à y mettre fin pour l’avenir et le bien-être du Gabon et des Gabonais», a promis le chef du gouvernement.

Une promesse déjà matérialisée par les interpellations en cascade d’anciens responsables d’administrations publiques et parapubliques, soupçonnés de «corruption et blanchiment de grande envergure», selon le Parquet de la République. Il s’agit notamment des anciens patrons de Gabon Oil Company (GOC, Patrichi Tanasa), la Caisse nationale d’assurance de maladie et de garantie sociale (CNAMGS, René Allogho Akoue), la Caisse de stabilisation et de péréquation (Caistab, Ismaël Ondias Souna), etc.

Le Premier ministre a toutefois refusé de parler de chasse aux sorcières. «Les diverses interpellations de ces derniers jours (…) s’inscrivent dans le droit fil de cet engagement du gouvernement à lutter contre la corruption et l’enrichissement illicite», a souligné Julien Nkogue Bekale, sonnant la fin de l’impunité dans l’administration.

«Au-delà de la corruption et l’enrichissement illicite, dont un grand nombre de responsables de l’administration publique et parapublique sont soupçonnés, c’est l’impunité qui compromet le plus le développement et le progrès de notre pays, et l’empêche d’atteindre ses objectifs de développement économique et social. Nous ne pouvons plus laisser des actes répréhensibles se perpétuer. Nous ne pouvons pas accepter l’impunité», a conclu le Premier ministre.

Jusqu’ici, les récentes arrestations de hauts cadres de l’administration publique et parapublique se sont limitées à des auditions. L’aboutissement de ce dossier devrait être révélateur de la sincérité du gouvernement à bâtir une «République exemplaire», débarrassé de la corruption et l’enrichissement illicite.

 
 

3 Commentaires

  1. Serge Makaya dit :

    C’est toute la famille Bongo qu’il faut mettre au gnouf au plus vite.

  2. Ozila dit :

    Pourquoi n’arrêtent t-ils pas lin mombo d’humeur le togolais amant de mborantsuo qui est le patron de l’ARCEP suite à ses multiples détournements?

  3. bill ngana dit :

    Bravo ! M. le Premier ministre. Si je vous encourage totalement, j’ai aussi des doutes quant à la mise en application de vos décisions. Sans avoir jamais séjourné au Bénin, des compatriotes reviennent toujours de ce pays avec quelque sentiment d’admiration : dans la rue, proposer un “bonus” à un représentant de la loi, en dépit de leurs maigres rémunérations, est un crime très très lourdement payé. Chez nous, ceux qui détournent jouissent de super avantages en nature et en numéraires : véhicules de fonction, carburant, loyer grassement payé aux frais de l’Etat, indemnités de fonction équivalent parfois à un montant numéraire proche du triple ou quintuple de la solde de base. Avec tout ceci, l’intéressé a la facilité de mettre la main dans la caisse. Ce que je crois, M. le PM, c’est que tout ceci ne prendra pas fin tant qu’il n’existera pas toute une batterie de procédures qui réglementent la gestion de nos finances, à la fois des les administrations publiques que dans le parapublique. C’est peut-être moi qui ne suis pas bien informé sur l’existence de ces procédures mais pourquoi ne seraient-elles pas appliquées ?

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