Les dix prisonniers liés à la tentative de soulèvement du 7 janvier 2019 sont sortis de leur isolement carcéral depuis dimanche et peuvent désormais recevoir les visites de leurs proches. Depuis leur déferrement, il y a plus de cinq mois, ils étaient enfermés dans trois cellules exiguës et n’avaient pas eu accès à d’autres personnes que leurs avocats.

Quatre des mutins présumés, en janvier 2019. © L’Union/F.M. Mombo

 

Les dix prisonniers (neuf militaires et un civil) du 7 janvier ont été déplacés hors de leurs cellules isolées de la prison de Libreville, et ils peuvent recevoir les visites de leurs proches depuis dimanche, a confirmé à Gabonreview Me Jean Pierre Moubembe, avocat de cinq détenus.

Jusqu’à lors, le permis de visite n’était pas délivré aux familles et seuls les avocats avaient pu voir leurs clients, qui sont toujours en attente de leur jugement depuis leur déferrement le 7 février 2019.

L’article 100 du Code de procédure pénale indique en effet que le juge d’instruction peut, «pour des nécessités de l’information», interdire au détenu de communiquer pour une durée de 10 jours renouvelable une fois.

«Se laver, manger, dormir convenablement»

«Mon ami est heureux d’être sorti de l’isolement, il est désormais dans un quartier où il peut se laver, manger, dormir convenablement. Visiblement, il se porte mieux, mais une personne privée injustement de sa liberté de mouvement ne peut bien se sentir», témoigne Lionel Ella Engongah, ami de Ballack Obame, le seul civil emprisonné avec les neuf militaires, à qui il a pu rendre visite dimanche et mardi.

«Il va bien, mais l’isolement l’a affecté», indique un proche de l’adjudant Dimitri Wilfried Nze Minko, qui a pu lui rendre visite mardi.

Les dix détenus étaient auparavant confinés dans des cellules prévues pour une personne chacune, dans des «conditions inhumaines», où ils ne voyaient pas la lumière et recevaient à manger une fois par jour, expliquait sur la radio RFI Me François Meye, l’avocat du leader des putschistes, Kelly Ondo.

Les neuf militaires membres de la Garde républicaine (GR) et de la gendarmerie sont le Lieutenant Kelly Ondo Obiang, l’Adjudant Dimitri Wilfried Nze Minko, l’Adjudant Estimé Bidima Manongo, le Sergent-chef Alain Abdel Ango, l’Adjudant Paul Sadibi Ibinga, le Maréchale de logis-chef major Armelle Ulrich Afana Ango, le Maréchal de logis-chef Bell Mfoumbi Wora, le Maréchal de logis-chef Guy Roger Mintsa et le Maréchal de logis-chef Gille Yoka. Le civil, Balack Obame, est soupçonné de «complicité d’atteinte à la sûreté de l’État», et une demande de remise en liberté provisoire a été déposée fin mai.

 
 

6 Commentaires

  1. EHYA O.R dit :

    Enfin ils ont pu sortir de l’isolement, les familles vont pouvoir aller les voir, donner à manger et sortir ainsi de la torpeur dans laquelle elles étaient plongées. GAD.

  2. Serge Makaya dit :

    Ils n’ont rien de mutins. Ce sont de SAUVEURS de la nation. C’est dommage que les gabonais n’ont pas répondus à leur appel. Merci à eux. Ils vont être libérés, une fois ce régime satanique par terre.

    • Paul Bismuth dit :

      Ces compatriotes ne se sont pas vraiment dressés contre le régime Bongo ; ils n’ont jamais dénoncé l’état de dictature dans lequel nous vivons et les conditions de vie misérables dans lequelles nous nous trouvons. Tout ce qu’ils ont fait c’est dénoncer les intrigues au sommet de l’État pour la conservation d’un Ali Bongo malade au pouvoir ou pour sa succession. Cela veut donc dire que s’il n’y avait aucun doute concernant la santé d’Ali Bongo, la pièce q’ils ont jouée n’aurait jamais eu lieu.

  3. Lokota dit :

    Mais je ne vois que 4personnes sur l image ou sont les 6 autres ? ?

  4. Martine dit :

    ANGES ou DÉMONS ?

  5. Orteguslevirus dit :

    Heureusement qu’ils sont encore en vie.
    Dites moi, quels sont les résultats de l’enquête qui a permis de juger ces détenus?

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW