L’Association de lutte contre les crimes rituels (ALCR) a récemment présenté son rapport 2018 sur ce phénomène qui s’accroit pour s’étendre à d’autres pays de la sous-région d’Afrique centrale. La justice est indexée pour sa passivité face à ce fléau.

Manifestation contre les crimes rituels en 2013 à Libreville, après l’assassinat avec prélèvement d’organes d’Amadou Yogno. © AFP phot / Celia Lebur

 

L’association dirigée par Elvis Ebang Ondo a récemment communiqué sur ses activités de l’année 2018. L’Association de lutte contre les crimes rituels (ALCR) est très inquiète, car ce phénomène abject prend de l’ampleur, se banalise et s’exporte dans d’autres pays de la sous-région.

Si le gouvernement gabonais a adopté, en 2015, un nouveau Code pénal plus répressif pour réprimer les crimes rituels ou encore les crimes de sang avec prélèvement d’organes, le phénomène ne s’estompe pas. L’ALCR regrette que l’action de la justice ne soit pas appropriée pour lutter avec efficacité contre ces crimes. Malgré les peines d’emprisonnement qui sont promises aux potentiels coupables, les auteurs de ces actes sont toujours actifs. L’atonie de la justice, dénonce l’ALCR, est imputable aux «mains noires» de la sphère décisionnelle qui agissent dans l’ombre pour faire prospérer ces crimes. Les membres de cette association soupçonnent davantage une profonde implication des hommes politiques dans la perpétuation de ces crimes, d’autant plus que la plupart bénéficient d’une immunité.

En dépit de ce sombre tableau, les membres de l’ACR soulignent des avancées significatives, notamment en matière d’emprisonnement et des indemnisations. «Avant, les auteurs des crimes rituels encouraient une peine de prison de six mois à cinq ans, mais nous avions proposé aux parlementaires que la durée de la détention aille de 30 ans à la prison à perpétuité, assortie d’une indemnisation des familles des victimes», indique l’ALCR. Par ailleurs, «avant le nouveau texte, le dédommagement s’étendait de 200 000 francs à 500 000 francs. Désormais, il ne peut être alloué une indemnisation en deçà de 5 millions de francs».

Supposée très lucrative, cette activité criminelle s’étend progressivement aux pays voisins. «Un bidon de 5 litres d’eau ayant servi à laver un cadavre coûte 45 000 francs CFA. Un bidon de sang humain frais est vendu à plus de 5 000 000 FCFA. Le crâne d’un humain puissant ou célèbre varie entre de 5 et 10.000.000 FCFA. Le fémur coute entre 300.000 F à 500 000 FCFA. Les organes de reproduction 500 000 FCFA à 3 000 000 FCFA», rapporte l’ALCR après ses enquêtes.

Sujet très sensible dans le pays, les crimes rituels ont longtemps traumatisé les Gabonais. Des cadavres sans la langue, organes génitaux, cœur ou les yeux sont souvent découverts abandonnés dans les villes, le plus souvent à la veille des élections. Les auteurs de ces crimes ne sont jamais, pour l’essentiel, démasqués.

 
 

2 Commentaires

  1. Mimbo dit :

    La pratique pourrait prendre fin lorsque”le loup mangera ses enfants”.

  2. tripodi dit :

    bonjour a tous ,

    tué des innocent pour des croyances du démon , attention ça peut se retournée contre eux !!

    l’amour est toujours plus fort

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