Selon Thomas Borel, porte-parole de l’association Survie qui lutte pour la fin de la Françafrique, le rôle de la France reste prépondérant dans la crise que traverse le pays. Sur les antennes de la Deutsch Welle, il s’est exprimé sur la situation politique au Gabon.

Pour l’association Survie, la France, et particulièrement l’Elysée, joue un rôle dans la crise au Gabon. © keewego.com

 

L’opposition gabonaise a-t-elle une marge de manœuvre pour faire avancer le droit et obtenir les gages qu’elle réclame pour la pacification du climat socio-politique ? S’exprimant sur les antennes de la Deutsch Welle (DW), le porte-parole de Survie, Thomas Borel, s’est appuyé sur  la procédure engagée par le collectif Appel à agir pour obtenir une expertise médicale sur la capacité d’Ali Bongo à assumer les charges de sa fonction. Ce dernier affirme que certaines personnes au sommet de l’Etat s’arrangent pour garantir la pérennité du  pouvoir, malgré les circonstances actuelles.

Selon, Thomas Borel, «il est évident que dans les semaines qui ont suivi son AVC [ndlr. Ali Bongo], il y a eu effet de vacance du pouvoir». Il estime que «la modification de la Constitution opérée en mi-novembre par la Cour constitutionnelle est une entorse à tous les principes constitutionnels».

Pour Survie, l’un des clous du verrouillage du système politique c’est la suspension de Paulette Ayo Mba Akolly, président de la Cour d’appel, qui aurait eu tort de juger recevable la requête du collectif Appel à Agir. «Si le régime n’avait rien à craindre pourquoi il réagirait de la sorte ? Le régime montre qu’il est aux abois qu’il craint ce type de démarche», a-t-il déduit.

Si certains analystes politiques proches du pouvoir taxent la démarche du groupe des 10 d’opportuniste, il estime que cet opportunisme politique est révélateur du blocage politique qui existe au Gabon. «Le Gabon n’est pas une démocratie» a-t-il déclaré, indiquant que cette observation vaut aussi pour la France. Mais, a-t-il nuancé, «au Gabon on est dans un régime complètement verrouillé». D’où l’échec de l’opposition aux différentes élections.

Survie accuse la France

Pour Survie, les présidentielles 2009 et 2016 «ont été complètement bidouillées». «Ça n’a aucun sens de prétendre qu’Ali Bongo aurait été démocratiquement élu», affirme Thomas Borel qui en veut pour preuve la «répression sanglante» du quartier général de Jean Ping, principal challenger d’Ali Bongo. «On voit bien trois années après, que finalement il n’y a pas de possibilité de faire évoluer la situation à ce niveau-là, et c’est valable au niveau international», dit-il. Sur le plan international, Survie accuse des alliés comme la France de soutenir le régime Bongo «même s’ils peuvent être gênés aux entournures à certains moments».

A en croire Thomas Borel, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui avait été auditionné par la commission des Affaires étrangères, le 20 mars, et qui avait affirmé devant des députés français qu’Ali Bongo avait été élu, s’est ravisé. Dans le compte rendu officiel de l’audition, «cette phrase a été supprimée. C’est-à-dire qu’il n’a pas assumé de dire qu’Ali Bongo a été élu parce qu’il sait que ce n’est pas vrai», soutient Borel. Toutefois la France continue de soutenir le régime en place.

La coopération militaire et financière pointée du doigt

Alors que la France semble discrète sur l’état de santé d’Ali Bongo, Survie juge qu’elle réaffirme néanmoins son soutien au régime. Avant les ennuis de santé du président, rappelle le porte-parole de Survie, Emmanuel Macron s’est affiché avec Ali Bongo et après l’accident, «il y a eu une sorte d’attentisme». L’association considère que c’est une manière de s’assurer qu’en cas d’évolution de la situation, la France pourrait réagir puisqu’elle maintient ses intérêts au Gabon. «On sait que le 11 avril dernier, le chef d’état-major des armées françaises, le général Lecointre s’est rendu à Libreville rencontrer le Premier ministre du Gabon». Selon lui, les deux personnalités ont évoqué des perspectives d’évolution du partenariat militaire entre la France et le Gabon, par rapport aux Eléments français au Gabon (EFG), et à la coopération militaire entre les deux pays. «Il y a des prisonniers politiques, il y a une répression violente pour autant, la France continue de coopérer», a déploré Borel. Pour lui, s’il n’y a pas eu d’annonce officielle, il reste qu’il y a le maintien des canaux habituels «de partenariat avec cette dictature».

Survie interpelle les pouvoirs publics français pour couper le soutien dont bénéficie le régime Bongo. «C’est évidemment pas acceptable pour nous en tant que citoyens français, que les responsables français continuent d’appuyer ce régime de la sorte», a indiqué Thomas Borel.

 
 

5 Commentaires

  1. Serge Makaya dit :

    Dites encore que Serge MAKAYA ment ou raconte n’importe quoi au sujet de cette France FORTEMENT impliquée dans la crise gabonaise. Je sais ce que je dis pour avoir travaillé au B2 pendant longtemps. Et Dieu seul sait combien de français j’ai vu impliqué dans le B2 de notre pays. Ils sont encore nombreux dans la garde républicaine.

    Il y a trop de richesses au Gabon que la France n’est pas prête à laisser ce pays “indépendant”.

  2. Serge Makaya dit :

    Quand je travaillais encore au B2, un colonel détaché militaire au Gabon me disait que notre pays est tellement RICHE que la France n’est pas prête à le laisser. Alors, je lui ai dis: pourquoi ne pas avoir fait du Gabon un département de la France comme le voulait Léon Mba ? Réponse du colonel français: De Gaulle s’en coûtait éperdument des noirs. Ce qu’il voulait, c’est la richesse De ces pays dont le Gabon fait partie.

    Je vous ai toujours fais savoir qu’on se trompe de cible en nius attaquant à Laccruche Fargeon Alihanga ou Sylvia Bongo, car eux aussi dont instrumentalisés par cette même France. Comprenne qui voudra.

    NB: il y a des français qui sont avec nous. Donc sachons faire la différence entre le Quai d’Orsay (ou francafrique) et le français lambda qui ne connaît même pas l’existence d’une telle mafia dans leur pays, au plus haut sommet de l’état.

    A l’origine de cette MAFIA (quasiment dans toute l’Afrique subsaharienne): le défunt De Gaulle. Qu’il soit MAUDIT pour l’éternité.

  3. C’est Jean Yves Le Drian qui crée le vrai désordre au Gabon avec son sosie d’Ali Bongo. La situation de sosie lui est arrivée lui meme en France.

    C’est lui qui est le vrai président du Gabon en intérim. Tapez sosie de Le Drian sur Google vous verrez de vous-meme l’élément de France 2. Là, il a encore des problèmes avec l’Etat Brésilien. Il sème les problèmes partout. C’est lui le “vétéran” de la FrançAfrique: Il remet le système colonial en place.

    • jack dit :

      Mr Jaquou, je suis de votre avis, car je me le suis toujours dit que ce type il pu la peste.. il a reussi a devenir politicien et a accorché Hollande et puis maintement Macron, j’aurai bien voulu que la droite y arrive au pouvoir pour l’ejecter, mais c’est lui le Parrain, il a repris par l’armée et maintenant les affaires etrangeres la Francafric.. J’aimerai qu’il lui arrive le même mal qu’a eu Ali et le voir devenir legume a la memoire des crimes venant de son organisation.. Au Mali c’est lui car la guerre au Mali est une Guerre inventé de toutes oiecces pour creuser l’Or, c’est le boulot des militaires Français, et certains y laissent leurs vie pour enrichir une partie de leurs comatriotes … C’est dommage que c’est en Afrique seulement qu’ils y arrivent car il ont essayé avec le Bresil et la porte lui a été fermée au nez..
      Pas étonnant que Macron essaie de salir le nom du President Bresilien mais il se trouve que ce dernier leur a vue venir avec des grosses bottes de colo.
      Dommage que nous n’avons pas l’arme nucleaire.

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW