Nommé au poste de Vice-président de la République, le 21 août dernier, le président du Parti social-démocrate a été célébré par ses militants, le 31 août 2017, au siège de sa formation politique à Libreville. L’occasion pour le natif de Mouila de justifier son choix, de faire allégeance au président Ali Bongo et de réaffirmer le cumul de postes qu’il annonçait une semaine plutôt dans la Ngounié.

Pierre-Claver Maganga Moussavou, nouveau Vice-président gabonais, le 31 août 2017. © Gabonreview

 

À la manière du Candide de Voltaire préconisant de cultiver son jardin, le tout nouveau Vice-président de la République, fêté par les militants de son parti, le 31 août dernier, a déclaré vouloir continuer à «cultiver sa terre». Une manière d’indiquer que sa fonction nouvelle, qu’il entend cumuler avec celle de maire de Mouila, ne prendra le pas sur ses habitudes et particulièrement sur le temps consacré à son ranch dans le sud du pays. Il n’entend pas être un vice-président dérangeant, avec gyrophares et sirènes.

Non-cumul des salaires, mais cumul des fonctions

Pierre-Claver Maganga Moussavou, son épouse Albertine et son fils, Biendi , le 31 août 2017 à Libreville. © Gabonreview

Lors d’un séjour, il y a deux week-ends, dans la ville dont il est le premier représentant depuis janvier 2014, le nouveau vice-président de la République avait déjà fait part aux populations de son intention de rester maire de Mouila, en renonçant toutefois à son salaire d’édile. Il reste que sa décision est contraire aux dispositions constitutionnelles qui consacrent non pas le non-cumul des salaires, mais le non-cumul des fonctions pour un membre de l’Exécutif.

Élu maire de Mouila en janvier 2014, après les élections municipales de décembre 2013, Pierre-Claver Maganga Moussavou, 66 ans, Vice-président de la République depuis le 21 août dernier, a donc décidé de conserver ses fonctions de chef d’un conseil local. Il affirme toutefois devoir renoncer à son indemnité municipale mensuelle : 1.205.000 francs CFA. «Ces émoluments vont permettre, indique-t-il, de recruter quatre techniciens, à savoir un chargé des questions de l’environnement, un juriste, un chargé des questions financières et un technicien des ponts et chaussées». Le leader du Parti social-démocrate (PSD) refuse ainsi de se soumettre aux exigences constitutionnelles qui disposent, selon l’article 14b de la Loi fondamentale, que «les fonctions de vice-président de la République sont incompatibles avec l’exercice de toute autre fonction publique et activité privée à caractère lucratif».  Un souci de plus en perspective pour le président Ali Bongo qui fait déjà face à la «démission-renonciation» d’Irène Patricia Boussamba ?

Dans les mêmes conditions, Divungi avait démissionné

Quelques personnalités présentes à la célébration du 31 août 2017 à Libreville. © Gabonreview

Dans le passé, en mai 1997, Didjob Divungi di Ndinge, alors député-maire de la même ville de Mouila, avait été nommé au (même) poste de Vice-président de la République. L’ancien patron de la SEEG avait, lui, renoncé à ses deux mandats électifs (député et maire). Il n’avait pas seulement renoncé aux salaires que lui procuraient ces deux fonctions, mais aussi aux deux mandats tout court. Répondant, en juin 1997, à la question d’un journaliste sur cette situation, Didjob Divungi di Ndinge avait affirmé : «On peut garder un ancrage local, sans être maire ou député, il suffit d’être un homme ouvert et proche des populations». 

Le poste de maire étant une fonction publique, le nouveau Vice-président de la République, deuxième tête de proue de l’Exécutif (tout de même !) ne pourrait pas continuer à exercer cette fonction. «Aussi longtemps qu’il sera vice-président», Pierre-Claver Maganga Moussavou ne peut cumuler cette fonction avec celle de maire. C’est ce que dit la loi. Il ne l’a peut-être pas suffisamment lue», ironise un conseiller municipal PDG de la localité qui espère la tenue rapide d’un conseil municipal extraordinaire.

Famille et suprématie du PSD à Mouila

Majoritaire dans le chef-lieu du département de la Douya-Onoye où il contrôle l’Hôtel de ville et deux arrondissements, le PSD doit pouvoir se choisir un nouvel édile pour les quinze derniers mois du mandat actuel qui court, en principe, jusqu’en décembre 2018. Gildas Boussamba, maire du 1er arrondissement, ou Jean-Marcel Ikapitte, maire du 2ème, ou encore un des deux adjoints de l’Hôtel de ville, peuvent solliciter les votes de leurs «co-religionnaires» dans la majorité municipale pour le poste de maire de la ville.

A Mouila, certains observateurs disent ne pas comprendre la posture de Pierre-Claver Maganga Moussavou. Son parti est majoritaire et ne peut nullement craindre un renversement des cartes. Ses contempteurs, eux, croient savoir que le nouveau vice-président de la République a adopté cette posture, parce que, «dans sa famille, il n’a pas trouvé de personne disponible pour le poste : son épouse est députée, son fils aîné est ministre, sa fille, elle, n’est pas conseiller municipal. Alors, il veut rester maire». 

 

 
 

19 Commentaires

  1. Nous avons toujours connus des Députés -Maires ; voici maintenant une nouvelle fonction celle de “Vice Président de la République – Maire “…Le Gabon n’a pas fini d’innover.

  2. Panurge dit :

    Libérer la Commune de Mouila! Mr Maganga Moussavou, à l’image des autres Gourous de la République, n’a pas assez de cran pour le faire. Mr veut mourir maire de Mouila sans convaincre personne, sans actions mémorables pour la ville à son actif; en déhors des élections truquées. En cela, il ne peut que faire allégeance à celui qui est en passe de devenir son mentor en politique-fiction. Comme dit la maxime populaire: qui se ressemle s’assemble! Une chose est sure: IL NE SUCCEDERA JAMAIS A ALI BONGO!

  3. Serge Okogo dit :

    Franchement, l’élection présidentielle du mois d’août 2016, n’a pas fini de faire couler l’encre… À quand le prochain bêtisier ?

  4. Axelle Mballa dit :

    Je pensais qu’il était devenu enfin un homme politique. J’avais oublié que seules l’injure et la violence politique comptent chez lui. Super-cumulard (vice-président et maire), le Gabon est finalement une vraie poubelle constitutionnelle et institutionnelle.

  5. Le Nantais dit :

    Oh il va être contraint de démissionner c’est une question de temps !

  6. espoir dit :

    on le comprend, le Mr sait que son poste est ephemere, il sera debarque des que Ping sera au pouvoir et sa fonction de maire restera sa seule consolation

  7. Milangmissi dit :

    Moi je pense qu’il a raison si on analyse bien au fond qui a part Maganga Moussavou une ville comme Mouila? Honnêtement Maganga reste à ton poste ça colle parfaitement à ta vision de la société, tout pour ta famille et les tiens .

    “Un égoïste, c’est un homme qui pense que s’il n’était pas né, les gens se demanderaient pourquoi.” Dan Post

  8. l'ombre qui marche dit :

    MAGANGA MOUSSAVOU veut éviter le piège que lui a tendu le biafrais national PCMM sait qu’il peut sauter de la VPR à tout moment donc s’il abandonne le poste de maire il est foutu car il sait que la satrape qui squatte au bord de mer n’a pas oublié qu’il avait félicité Jean PING au lendemain de la présidentielle du 31-8-2016 au cas où PCMM s’entête la cc de mado va le déclarer inconstitutionnel et ali nommera RNO à la VPR. Le père adoptif? avait dit”je peux faire d’un chien, un ministre…” le fils né plusieurs fois lui il fait d’un éternel moins 1% aux présidentielles UN VPR! ah ce pays comment veut on avec ce genre de chose que le peuple respecte les autorités? Ces autorités là ne valent rien on les craint ON NE LES RESPECTERA JAMAIS

  9. La République dit :

    1 205 000, à diviser par 4 personnes; et des grosses pointures s’il vous plaît. C’est sérieux?

  10. medzomekoure dit :

    La famille maganga est connue pour sa boulimie pour les postes, qu’est ce qui peut vous surprendre là, il faut encore lui en trouver d’autres ,ainsi son envie insatiable sera peut être satisfaite ,pauvre Gabon.

  11. AloZack dit :

    Pas de problème; Ainsi va la Gabon:

    1- MAGANGA MOUSSAVOU Epouse: députée d’un canton (Département) et conseiller municipal de Mouila: on a tout fait pour éviter ce débat;

    2- MAGANGA fils: moralement; ça doit pouvoir tenir moralement père et fils dans un même Gouvernement;

    3- VPR-Maire: est-ce illicite une telle situation chez les MAGANGA MOUSSAVOU?

    Comme il n’y a que des militants accompagnateurs dans ce PSD!!!!

  12. OKAZAKI dit :

    le Roi, la reine, le prince et leur sujet! la famille bongo a enfin trouvé son alter-ego! Et il se dit opposant

  13. mihindou dit :

    C’est l’affaire des autres et si votr pere l fesais pour vs …hein ls pdgist oubliés … Parlez de pc oui mais pourquoi attaquer toute la mifa …svp l mal du gabon c’est l haut oguoué.. .

  14. Georges Lloyd Menest Ancthouet dit :

    Ah la feodalité, la plus belle periode de l’histoire du royaume franc. Chacun avec sa terre et ses vassaux. Quelle joie de le revivre au gabon au 21e siecle. Ce, malgré la tentative de mettre fin à l’Ancien Regime en 2016.

  15. L'imparfait du subjonctif dit :

    On n’en a pas fini avec la bêtise !
    Qu’il démissionne de son poste de vice président et qu’il reste maire d’une bourgade !
    Si la république est trop grande pour sa réflexion, alors soit il s’intronise maire de toutes les villes du Gabon soit il reste à Mouila et pas à la vice présidence !
    Quel homme minuscule !

  16. Panurge dit :

    Dindonneau n’aura jamais raison! NON, NON,NON, NON…et NOOONN!!! Je suis et donc j’existe (Panurge)…OURAHHH!!! pour mes moutons! OURAHH! NON AU NAUFRAGE COLLECTIF!!

  17. Ari dit :

    Mr. Pierre-Claver Maganga Moussavou vous ne pouvez vouloir d’une chose et de son contraire. Ou encore vouloir du beurre et de l’argent du beurre.
    Vous avez voulu les fonctions de vice-president de la Republique, et vous les avez eut. Mais pourquoi tout a coup ca coince de laisser de cote celles de maire de la ville, car incompatibles avec celle de VP.
    Pourquoi cher monsieur est-ce que la honte ne vous a jamais etouffe? Ridicule, ridicule, ridicule.

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