Le président du Bloc démocratique populaire (BDP), Paskhal Nkoulou, estime sans objet le dialogue de réconciliation proposé par les leaders des confessions religieuses. Cette initiative, a-t-il assuré le 31 août, est inapte à trouver des solutions à la crise sociopolitique que traverse le Gabon.

Le président du BDP, Paskhal Nkoulou. © Gabonactu.com

 

Le 19 août, des leaders des confessions religieuses du Gabon, porteurs d’un projet de dialogue de réconciliation nationale, avaient été reçus par le Premier ministre Julien Nkoghé Bekale.

Pour le président du Bloc démocratique populaire (BDP), cette initiative censée recoudre le tissu social qui s’effiloche jour après jour, selon les hommes de Dieu, est sans objet. Paskhal Nkoulou a indiqué le 31 août que ce projet est un «coup porté à la République». Minimisant l’ampleur de la crise décrite par les leaders religieux, il affirme que les «institutions fonctionnent régulièrement dans le pays», donc aucune raison d’appeler les Gabonais à se réconcilier.

«Un groupe de religieux catholico-protestant-musulmans appellent à la tenue d’un énième dialogue dit de réconciliation. Un coup porté à la République. Sans dénier à leur entreprise le moindre intérêt, l’on est quand même en droit de se poser, en observant le bon sens citoyen, certaines questions : La crise, s’il devait y en avoir une, est-elle de portée nationale, ou ne concernent-elles que les acteurs concurrents au fauteuil présidentiel et à leurs ouailles intéressées par le partage de ce que Marc Ona eut naguère appelé le gâteau ?»

Le président du BDP voit en cette démarche un raccourci des initiateurs pour se mettre à l’abri du besoin. Comment expliquer que ces acteurs politiques et leurs amis religieux autoproclamés médiateurs, si soucieux du sort du Gabon, ne se soient jamais mobilisés pour poser les vrais problèmes auxquels font systématiquement face nos compatriotes : la pauvreté, l’insalubrité, l’insécurité, les carences en matière de fournitures d’eau et d’électricité, comme d’infrastructures scolaires et universitaires, etc.»

Le Dialogue politique d’Angondjé, selon lui, était déjà une occasion offerte à toutes les parties de dialoguer. Il invite les leaders religieux à ne pas «surfer sur la paix sociale » déjà «menacée par l’injustice sociale».

 Le remède à la situation du Gabon, «c’est la vérité, la modestie, le pardon, et la mise de côté de l’esprit revanchard», a-t-il suggéré, sans préciser dans quel cadre ces ingrédients de la promotion du vivre ensemble doivent-ils être promus.

Assurément, le dialogue de réconciliation proposé par l’Archevêque de Libreville, Basile Mvé Engone, le président de l’Église évangélique du Gabon (EEG), Augustin Bouengone, le responsable du groupement des Églises du Réveil, Michel Francis Mbadinga et le président du Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon (CSAIG), Ismaël Oceni Ossa, est loin de séduire au BDP.

 
 

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