Le 11 août, les musulmans du Gabon ont célébré le 11 la Tabaski encore appelée fête du mouton. La fête qui se célèbre un peu plus chaque année entre musulmans et chrétiens se veut pour les responsables des confessions religieuses de ce pays laïc, un prétexte pour entretenir le dialogue interreligieux.

Moment de partage entre imam, prêtre et pasteur lors de la Tabaski à Libreville. © D.R.

 

Les chrétiens doivent-ils manger la viande de mouton sacrifié lors de la Tabaski ? Il fut un temps où plusieurs chrétiens répondaient par la négative. Ils voyaient en cette fête, encore dite fête du sacrifice, la destruction d’un principe fondamental de la bible : le sacrifice de Jésus-Christ par lequel Dieu a sauvé tous les hommes. Jésus-Christ, affirment les chrétiens, «a pris une place de soumission et d’obéissance et s’est donné comme offrande et sacrifice à Dieu». Se fondant sur des versets bibliques, ils estiment que le sang du Christ versé lors de son immolation libère les hommes de tout autre sacrifice qu’ils jugent «sans valeur», à l’instar du sacrifice des animaux. Or, les musulmans lors de la Tabaski sacrifient le mouton pour non seulement commémorer l’épreuve de soumission d’Ibrahim, mais aussi, l’adoration qu’ils vouent à Dieu.

Aujourd’hui, les idées semblent avoir évoluées. Le sacrifice, Alain Assoume Kiki de l’Église évangélique du Gabon, l’apprécie. «C’est une joie puisque c’est une fête de sacrifice selon les sources qui nous ont été données», a-t-il déclaré. Les chrétiens et musulmans célèbrent de plus en plus ensemble la Tabaski. Cette année encore, l’imam Ismaël Oceni Ossa, président du Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon (CSAIG) s’est entouré des responsables des confessions religieuses du Gabon pour la Tabaski. «Heureux» de prendre part à cette fête, ces derniers y voient une opportunité de renforcer le dialogue interreligieux au Gabon. «Ce que ça m’inspire, c’est que nous les hommes religieux nous devons veiller à la relation que nous avons à entretenir entre nous pour que la paix règne au sein de nos communautés religieuses et entre nos communautés religieuses», a déclaré l’archevêque de Libreville, Basile Mvé.

Approuvant la Tabaski, il considère que ce genre de fête «aide à renforcer les liens entre les confessions religieuses pour qu’elles ne soient pas le lieu d’affrontements entre les groupes, mais le lieu de rassemblement, de compréhension et d’entente». Pour les chrétiens, au-delà de toute considération, les différentes confessions religieuses doivent faire face aux nombreux défis qui menacent la paix au Gabon. «L’État gabonais est laïc, mais cette laïcité n’exclut pas le vivre-ensemble de toutes les communautés religieuses», estime Alain Assoume Kiki pour qui, la participation des chrétiens à cette fête suppose tout aussi la confiance entre chrétiens et musulmans. «Nous pensons que c’est un paradigme que d’autres pays devraient suivre. Nous sommes dans la joie de participer à cet effet, à cette grande mouvance», a-t-il poursuivi.

 
 

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