Comme celui de la Saint-Sylvestre, le discours du 8 juin dernier ne constitue en rien une réponse à la demande d’expertise médicale.

L’élocution d’Ali Bongo, son timbre vocal et même sa gestuelle attestent de la nécessité d’une prise en charge médicale au long cours. © Capture d’écran/Gabonreview

 

Visiblement, le président de la République aurait préféré ne pas s’exprimer lors de la commémoration du 10ème anniversaire du décès de son prédécesseur. Sacrifiant à une figure imposée certainement conçue par son équipe de communication, Ali Bongo a disserté sur les valeurs et les réformes. Il s’est prononcé pour la composition d’un «nouveau gouvernement plus restreint, constitué d’hommes et de femmes qui vivent la chose publique comme un sacerdoce, prêts à donner la priorité à l’intérêt général et capables de faire preuve d’exemplarité, de probité et d’éthique». Autrement dit, il a pris l’engagement de placer l’action de l’exécutif sous le sceau de principes et objectifs partagés.

Une épreuve difficile

Présenté comme un homme diminué, ne disposant plus de toutes ses facultés cognitives, le président de la République a choisi de contourner le débat, espérant ainsi frapper les esprits. Même si ses proches s’en défendront, son dernier discours avait d’abord pour but d’opposer une fin de non-recevoir aux demandes de constatation de la vacance du pouvoir. Quand bien même ils ne l’admettront guère, cette sortie n’a rien apporté de nouveau. Un président de la République victime d’un accident vasculaire cérébral ? On ne saurait le tenir pour un incident, une péripétie de moindre importance. Bien au contraire, il faut interroger sur les conséquences politiques et institutionnelles d’une telle situation.

Conscient de cela, Ali Bongo s’est contenté du minimum syndical. Sur fond de résignation non feinte, il a résumé les huit (8) derniers mois : «Je viens de traverser une période difficile de ma vie», a-t-il dit, laconique. S’il a affirmé être venu à bout de cette épreuve particulièrement difficile, la volonté d’évacuer ce sujet révélait une certaine réticence voire pire. Son élocution, son timbre vocal et même sa gestuelle attestaient de la nécessité d’une prise en charge médicale au long cours. Considérations partisanes mises à part, une réalité est apparue à la face du monde : contrairement aux affirmations des hommes de cour, il est loin d’avoir récupéré toutes ses facultés. De toute évidence, l’homme a encore besoin d’importants soins de médecine physique et de réadaptation.

Lutte de clans au sommet de l’État

Malgré les commentaires triomphalistes des uns, Ali Bongo est apparu terriblement affaibli, taraudé par l’épreuve. En dépit de l’enthousiasme des autres, il a laissé le sentiment d’être engagé dans une confrontation à lui-même et à la société. Les sectateurs de la majorité ont beau vanter un président au travail, les images de samedi dernier ont monté un homme tourmenté par une expérience intérieure et personnelle. Les zélateurs du régime ont beau brocarder les défenseurs de la vacance du pouvoir, leurs saillies ne constituent en rien une réponse à la demande d’expertise médicale. Comme celui de la Saint-Sylvestre, le discours du 8 juin dernier a renforcé la conviction des sceptiques. Après tout, seule une expertise médicale peut déterminer s’il y a empêchement définitif ou pas. Or, juridiquement, l’empêchement définitif entraîne la vacance du pouvoir.

Rendue publique hier, l’équipe gouvernementale peut aider au décryptage de la situation. Depuis octobre dernier, de nombreuses personnalités réputées proches du président de la République ont été évincées, souvent dans des conditions surréalistes. Si beaucoup ont douté de l’authenticité des actes publiés à ces occasions, certains ont mis à l’index une main noire tapie dans l’ombre. De plus en plus, il s’en trouve pour dénoncer un nettoyage politicien au sommet de l’État. Dans une interview accordée à Marc Ona Essangui, le journaliste de Radio France international (RFI), Christophe Boisbouvier, évoquait une lutte des clans entre «les proches de la première dame et du directeur de cabinet» et le «groupe de républicains», le tout dans le dos du «détenteur suprême du pouvoir exécutif». Baroque, penchant d’un côté, le nouveau gouvernement accrédite cette thèse. Sa composition donne une autre résonance et encore plus de pertinence aux doutes exprimés par le collectif «Appel à agir». Autrement dit, la recomposition de l’exécutif ne saurait être une réponse au flottement institutionnel né des ennuis de santé d’Ali Bongo. Faisant mine de ne pas le comprendre, les institutions mettent, de ce fait, la République en danger.

 
 

11 Commentaires

  1. Yves dit :

    “Faisant mine de ne pas le comprendre, les institutions mettent, de ce fait, la République en danger.”

    JUSQU’A CE QUE CETTE REPUBLIQUE EN DANGER SOIT MAINTENANT VENDUE AUX “WHITE” PAR LE FANTOME.

  2. Bantou Minko dit :

    On peut ne pas aimer Ali Bongo,,, je m’en fous !
    Mais j’apprécie sa décision (de nommer ce britannique au ministère des Eaux et Forêts.
    On a jamais vu, depuis la colonisation europenne dans cette Afrique, une montée exponentielle de la CORRUPTION et des PRATIQUES ANTI-VALEURS dans l’exploitation de nos richesses forestieres comme nous le vivons actuellement avec les chinois, qui au passage et à vrai dire, n’ont rien à cirer de la protection de notre environement alors que leurs forête à eux là bas en Chine se sont pas si sauvagamment exploitées. Je reviens d’un voyage de recherche (internationale) scientifique de Chine et je sais de quoi je parle.
    A monsieur Lee White de nous prouver que la confiance faite à lui par les Bongo père et fils est méritée.

    • 짐 - 루크 dit :

      -On ne peut pas avoir 99% d’amis,proches,et autres collaborateurs malhonnêtes sans l’être soi-même. C’est précisément ce à quoi ce faux tarzan là(le vrai ayant il parait transité au Gabon) joue depuis des années: faire passer des vessies pour des lanternes . Si les homoncules veulent vraiment arrêter le carnage, ils doivent cesser de charger uniquement et exclusivement la mule chinoise et se poser la question de leur courage et de leurs propres morales et culpabilité en commençant par le sommet.Vous allez nous dire quoi qu ‘il ne savait rien de toute cette histoire?(surement était-il concentré à sa naturalisation si elle a même eut lieu quoique?) Et peut être aussi donc faire passer publiquement certaines erreurs de casting par la lunette des WC.

    • KIEM dit :

      @bantou minko

      Peut-on être un homme honnête quand on a la confiance des Bongo ?

    • 짐 - 루크 dit :

      -Si les homoncules étaient sérieux Il est grand temps que nos (faux )élus se seraient bougés et auraient proposé une loi correctement écrite et applicable même à l’international (juste au moins pour faire des saisies sur les comptes pour dissuader tout au moins certains )RIEN !!!. Il y a trop de prédateurs qui ravagent nos écosystèmes en toute impunité et souvent avec la complicité des dirigeants corrompus. Que WU et ses complices locaux soient jugés un jour, on peut toujours rêver.Pffff !!!!!

    • fantomas dit :

      je suis ok avec vous !

  3. Ari dit :

    Excellente analyse de l’inaptitude du president putchiste. Elle est objective et sans langue de bois. Merci beaucoup Roxane.

  4. Serge Makaya dit :

    Mais SURTOUT ce n’est pas lui. On ne cesse de vous dire qu’il est bien MORT. Mais vous continuez à doutez de sa mort. On vous dit que la France veut gagner du temps pour asseoir son nouveau VALET. Vous continuez à douter.

    Celui qui a fait ce discours n’est pas Ali Bongo. Ali Bongo est MORT. ALI BONGO EST MORT. Et moi qui vous écris ce matin, je sais qu’il est bien MORT. Je sais comment fonctionne les services de renseignements, autrement dit le fameux B2. ALI BONGO EST MORT. ALI BONGO EST MORT. ALI BONGO EST MORT. Réveillez-Vous, mes frères et soeurs gabonais. On est en train de vendre notre pays aux étrangers. Nous avons déjà un maire libanais (vous n’aurez JAMAIS un maire gabonais ou noir au Liban). Vous avez un français (marseillais), Laccruche Fargeon, que la France voudrait nous imposer comme président. Depuis hier, nous avons maintenant un ministre blanc qui occupe le ministère des eaux et forêts. Donc au Gabon, les vrais fils et filles de ce pays sont devenus des incapable ? A Ntare Nzame! REPRENONS NOTRE PAYS EN MAINS MES FRÈRES ET SŒURS GABONAIS. LEVEZ-VOUS, BATTEZ-VOUS. Vous deviendrez bientôt des ESCLAVES dans votre propre pays. C’est INADMISSIBLE ce qui se passe actuellement au Gabon.

  5. Maganga René dit :

    Je n’ai qu’un seul conseil à donner au peuple gabonais martyr. Ce n’est pas en combattant sur le NET que tu viendras à bout de ce régime soutenu par la France. Le combat doit se faire à la rue. Si nous sommes 100000 gabonais à dire NON à ce régime pourri, nous VAINCRONS.

    Seulement après cette première bataille gagnée, ce ne sera pas encore la fin, parce que le diable est extrêmement rusé. Quand il y aura vacance du pouvoir, surtout ne pas aller aux élections. Un piège nous sera tendu aussi là-bas. Il nous faudra reconsidérer le contentieux présidentiel de 2016 qui a vu la victoire de Mr Jean Ping usurpée par Ali Bongo. Et une fois Jean Ping au pouvoir, nous devons revoir ENTIÈREMENT nos institutions y compris notre constitution pour que tout cela soit désormais du SOLIDE.

    IL EST VENU LE TEMPS DE LA RÉVOLUTION AU GABON. 60 ANS DE SOUFFRANCE C’EST TROP…

    • Peter NZAMBA dit :

      Il est venu, oui, il est venu le temps de la “RÉVOLUTION”. Le peuple gabonais que nous sommes ce doit de se lever et de revendiquer sa souveraineté. Trop, c’est trop……!
      C’est gens nous prennent vraiment pour des idiots. Même pire, ils nous prennent pour des “ENFANTS”……!

  6. Yves dit :

    “On a jamais vu, depuis la colonisation europenne dans cette Afrique, une montée exponentielle de la CORRUPTION et des PRATIQUES ANTI-VALEURS dans l’exploitation de nos richesses forestieres”

    C’EST PARCE QUE FANTOME ET CLAN ONT INSTAURE UNE IMPUNITE TOTALE DES VOLEURS FIDELES DANS LEUR CERCLE DES « AUTORITES » DE L’ETAT. ILS NE SONT JAMAIS PUNIS, MAIS SEULEMENT « ECARTES » (DIXIT LE FANTOME), POUR CERTAINS.

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW