Au lycée public Simon Oyono Aba’a de Bitam, dans la province du Woleu-Ntem, une cinquantaine de téléphones portables confisqués aux élèves ont été brulés. Ces appareils rendraient les enfants moins sociables en milieu scolaire.

Vue de la scène d’incinération des portables. © D.R.

 

Une cinquantaine de téléphones portables pris entre les mains des élèves depuis le début de l’année scolaire 2018-2019 au lycée public Simon Oyono Aba’a de Bitam, dans la province du Woleu-Ntem, ont été brulés sous le regard impuissant des enfants. Cette opération, qui s’est déroulée en présence du procureur près le tribunal de première instance d’Oyem, Rodrigue Ondo, du directeur académique provincial adjoint du Woleu-Ntem et du proviseur dudit lycée Julie Avome Koumba, intervient selon le personnel administratif après de nombreuses mises en garde. A en croire leurs dirigeants du lycée, malgré la sensibilisation des élèves sur la non-utilisation du téléphone portable en milieu scolaire, nombreux d’entre eux ont refuser de se conformer.

Profitant de cette opération d’incinération, le directeur académique a sensibilisé les parents et élèves sur l’utilisation du téléphone portable en milieu scolaire, tandis que le procureur a quant à lui, demandé aux responsables de l’établissement d’appliquer et d’exécuter les mesures prises par le ministère de l’Education nationale. Lequel ministère avait par ailleurs, interdit l’usage du téléphone portable dans les établissements scolaires. En effet, au cours d’une visite au Lycée Ba Oumar de Libreville en novembre dernier, Francis Nkéa, ministre de l’Education nationale, l’avait rappelé. «Nous interdisons les téléphones pour faire face à la triche pendant les examens. Nous voulons interdire les téléphones pour recréer la récréation classique dans les cours d’école où quand les smartphones demeurent autorisés, les enfants ont tendance à être moins sociables», avait-il dit.

Mais pour les élèves, cette décision devait s’accompagner des mesures compensatoires au regard de l’utilité du téléphone portable de nos jours. Ainsi, certains établissements ont opté pour l’utilisation du téléphone à l’école à condition de respecter certaines règles. Au collège Georges Mabignath de Libreville par exemple, les enfants ont la possibilité d’utiliser leurs téléphones à condition qu’ils le signalent à l’administration qui se chargera de les garder pendant les heures de cours. Ainsi, si l’opération du Lycée public Simon Oyono Aba’a de Bitam s’est voulu une leçon de chose appréciée par certains, elle a été perçue par d’autres comme un cas d’abus d’autorité.

 
 

4 Commentaires

  1. Félix AYENET dit :

    Le téléphone portable est inévitablement un outil de communication pour ne pas dire de travail. C’est vrai qu’il est difficile aujourd’hui de s’en passer. Mais tout dépend de l’usage qu’on en fait, où et comment.
    Cette opération n’est en rien un abus d’autorité. Les indélicats ont été prévenus plusieurs fois depuis le début de l’année comme dans toutes les écoles du pays. Les élèves et leurs parents ne veulent rien comprendre au sujet du port et l’usage du téléphone portable. Ce que ce article a oublié de mentionner c’est qu’un surveillant de cet établissement est même décédé cette année scolaire à cause des mêmes téléphones portables. Pour éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets le Proviseur a procéder de la sorte.
    Pour tout dire, le téléphone portable est aujourd’hui en partie à l’origine des problèmes de violences en milieu scolaire. Que des rixes, que d’assassinats à cause d’un minable téléphone volé, perdu ou abîmé.
    Le téléphone portable favorise la triche et annihile le gout de l’effort de l’élève. Il perturbe les cours de mille et une manières même sous vibreur. Il distrait l’apprenant et ses voisins de banc. Il détourne l’attention des enseignants et de l’administration en cas vol en classe enfin bref… il est nuisible en milieu scolaire. Il pouvait en être autrement si et seulement si nos élèves l’utilisaient à bon escient.

  2. james haram dit :

    La destruction des biens d’autrui, sans sanction judiciaireest ILLEGALE. Les etablissements scolaires ont absolument le droit de reglementer l’utilisation (et meme juste la detention) des telephones portables en leur sein, et peuvent prendre des sanctions envers les contrevenants. Ils peuvent aller jusqu’a exclure (temporairement ou meme permanament) les eleves recidivistes, mais ils n’ont aucun droit de detruire leurs telephone. Dans un etat de droit chacun doit connaitre les limites de ses droits et pouvoirs

  3. Le Negre dit :

    Très illarant l’attitude de nos dépositaires de lois ainsi que le corps administratif de ce lycée. Comment expliqueront on qu’on puisse incinéré les téléphones portable des élèves pour les supposés raisons cités. Considérant l’instruction dans d’autres nations qui invitent d’avoir des téléphones intelligents. Voilà une illustration de méconnaissance de cet outil.

  4. Ikobey dit :

    N’aurait-il pas été préférable de les confisquer jusqu’à la fin de l’année scolaire ? Je ne crois pas que mettre le feu soit très éducatif, pour les enfants comme pour les adultes.

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