Les enseignants des promotions 2015 et 2016 de l’Institut national de la jeunesse et du sport (INJS), l’École nationale des instituteurs (ENI), l’École normale de l’enseignement supérieur (ENS) et l’École normale de l’enseignement technique (Enset) ont choisi la Cathédrale Sainte-Marie pour exprimer leur désarroi. En grève depuis le 7 janvier, ils réclament deux ans d’arriérés de salaires.

Les enseignants de 2015 et 2016 en réunion, à leur piquet de grève de l’Eglise Sainte-Marie, où ils avisent qu’ils camperont jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. © Gabonreview

 

© Gabonreview

Surpris le 20 février autour de 10 heures à la Cathédrale Sainte-Marie, certains enseignants grévistes dormaient encore, certainement épuisés par de longues nuits à la belle étoile. D’autres par contre, déjà éveillés, devisaient sur les stratégies à mettre en place pour faire avancer leur dossier. Réunis au sein d’un collectif, les enseignants de l’Institut national de la jeunesse et du sport (INJS), l’École nationale des instituteurs (ENI), l’École normale de l’enseignement supérieur (ENS) et l’École normale de l’enseignement technique (Enset), réclament deux ans d’arriérés de salaires.

Décidés à rentrer en possession de leur dû, les grévistes bravent bien de situations incommodantes pour rentrer en possession de leur dû. La nuit et ses dangers, le bruit des véhicules, la poussière, la pluie, le soleil, la faim… Rien jusqu’ici sur le lieu de la grève n’a réussi à entamer leur détermination. «Nous irons jusqu’au bout. C’est-à-dire que tant que notre situation n’est pas résolue, nous ne retournerons plus en classe», a confié le porte-parole du collectif.

«Cette grève, engagée depuis le 7 janvier, est très suivie non seulement à Libreville, mais également à l’intérieur du pays. Nous sommes environ 1600. C’est nous qui tenons presque toutes les classes d’examen et elles sont désormais sans enseignants», a déclaré Béranger Nyaré-Ango. Quelques banderoles taillées dans des pièces de tissu blanc indiquent les motifs des revendications et renseignent sur l’état d’esprit des grévistes. Sur certaines, on peut y lire : «L’ouvrier mérite son salaire. No money, no school !»

En gros, les grévistes ne lèveront leur mouvement qu’après satisfaction de leurs revendications. «Nous passons nos journées ici à Sainte-Marie et bien évidemment nos nuits. Le matin, nous attendons nos collègues qui viennent faire vivre le piquet de grève. Nous dormons dans des conditions extrêmes, inhumaines. Nous dormons à même le sol, avec des moustiques», a dit le porte-parole, montrant les marques de piqûres des moustiques sur son corps.

«Voyez-vous mon corps ? Il y a des boutons dus aux piqûres des moustiques, partout. Il faut signaler un fait très grave ici : nous avons une collègue qui est enceinte de 5 mois. Et elle dort aussi à même le sol et avec des moustiques. Vous pouvez imaginer ce qui pourrait arriver. Il y a aussi des enfants qui dorment ici avec nous. On n’a pas le choix. On n’arrive pas à payer nos bailleurs», a-t-il déploré.

Dans ce qui ressemble à un chaos à ciel ouvert, les passants s’étonnent. Mais ils sont déjà habitués du phénomène, que certains encouragent d’ailleurs.  Selon les grévistes, l’Archevêque de Libreville leur a apporté son soutien. Dans le même temps, ils disent avoir reçu la visite de la Coalition pour la nouvelle République (CNR), de la Convention nationale des syndicats du secteur de l’éducation (Conasysed) et même celle du ministre de l’Éducation nationale. Mais jusqu’ici, le problème demeure.

 
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW