Au vu du déroulement de la tournée en cours, le discours des amis du directeur de cabinet du président de la République se révèle tout à la fois fallacieux et pas conforme à la réalité.

Le discours des amis de Brice Laccruche-Alihanga (BLA) se révèle fallacieux. Le messager étant subitement devenu l’attraction, l’opération d’explication de la pensée du président de la République a viré à une sorte d’étalage d’ambitions personnelles. © Facebook

 

La «tournée républicaine» du directeur de cabinet du président de la République a quelque chose de surréaliste. Cette débauche d’argent et de moyens, cette mobilisation des membres du gouvernement, cette mise à contribution des personnels de commandement, ces transferts massifs de figurants s’expliquent difficilement. Aux plans politique, juridique, institutionnel, administratif et même protocolaire, ces faits soulèvent de nombreuses questions. Au-delà, ils relancent le débat sur l’identité du véritable détenteur du pouvoir d’Etat, ravivant la polémique sur l’état de santé d’Ali Bongo. Aux doutes d’une large frange de l’opinion s’est agrégée l’idée d’une suppléance menée en dehors de tout cadre légal. Inédite dans l’histoire politique du Gabon post-Conférence nationale, cette démonstration de puissance échappe à toute analyse fondée sur la Constitution. A tous égards, elle va à l’encontre de l’esprit de nos institutions.

Deux débats

Malgré les références régulières au président de la République, une seule personnalité émerge de cette tournée : le directeur de cabinet du président de la République. En cinq étapes, ce périple aura permis de passer la stratégie de Brice Laccruche-Alihanga au révélateur. Son format supposé n’aura nullement résisté à deux erreurs de conception. D’abord, une incapacité à s’accorder sur la fonction de son animateur : directeur de cabinet du président de la République ou directeur de cabinet du président du Parti démocratique gabonais (PDG). Au sein de l’opinion comme dans les rangs de la majorité, cette confusion a alimenté la suspicion, nourrissant bien des fantasmes. Au final, elle a aiguisé la curiosité. Dans la forme comme dans le fond, le moindre détail a été passé au crible. Ensuite, la prise de liberté avec la loi. En acceptant la mobilisation d’officiels en fonction, en laissant décréter des journées fériées, en se posant en délégataire d’Ali Bongo, Brice Laccruche-Alihanga a involontairement ouvert deux débats : l’un sur la suppléance du président de la République et, l’autre au sujet de l’intérim du président du PDG.

Comme la Constitution, les statuts du PDG fixent les conditions d’un intérim. Aux termes de l’article 14d de la Constitution, la suppléance peut être exercée par le vice-président de la République, en conformité avec les dispositions de la loi organique n° 11/98 du 23 juillet 1998. Or, selon l’article 3 de cette loi, toute délégation doit faire l’objet d’un acte spécial pris par le président de la République. Dans la même veine, l’article 27 des statuts du PDG confie l’intérim au secrétaire général «en cas d’absence» du président de ce parti. Or, de notoriété publique, Ali Bongo se trouve hors du territoire national pour des soins médicaux. Son directeur de cabinet avait-il intérêt à conduire cette tournée dans un tel contexte ? En absence de tout mandat écrit ou d’une annonce publique d’Ali Bongo n’avait-il pas plutôt des raisons de laisser l’exécution d’une telle opération au Premier ministre ou au secrétaire général du PDG ? Ne pouvait-il pas se contenter de faire partie d’une délégation, quitte à profiter de l’occasion pour prendre la parole ?

Etalage d’ambitions personnelles

Au vu du déroulement de la tournée en cours, le discours des amis de Brice Laccruche-Alihanga se révèle tout à la fois fallacieux et pas conforme à la réalité. Peu convaincant, il ne peut effacer l’image du jeune homme à l’ambition dévorante, surfant sur sa position actuelle et travaillant à sa propre gloire. Le messager étant subitement devenu l’attraction, l’opération d’explication de la pensée du président de la République a viré à une sorte d’étalage d’ambitions personnelles. La substance, l’importance et la portée du message étant demeurées inconnues, plus grand monde ne croit aux motivations officielles. Eu égard à la présence intempestive de ministres en fonction ou de militants d’autres partis politiques, le recours au titre de directeur de cabinet politique ne fait plus illusion.

Désormais, de nombreux observateurs balancent entre deux options : ou Brice Laccruche-Alihanga est en pré-campagne présidentielle ou il avait à cœur d’affirmer son autorité sur la troupe et l’appareil d’Etat. Autrement dit, entre impudence et ostentation, le directeur de cabinet d’Ali Bongo s’est enfoncé dans une voie à sens unique. Mal calibré ou peu élaboré, son discours l’a outrageusement exposé, le transformant en cible pour les ambitieux de tous bords. Sans changer de braquet, il lui sera difficile de convaincre de son attachement et de sa loyauté à Ali Bongo. A défaut de revoir ses modes de faire, il peut déjà se dire une chose : il vient de sonner le début d’une impitoyable lutte pour le pouvoir.

 
 

9 Commentaires

  1. Julien dit :

    Un directeur de cabinet en campagne présidentielle, avec l’argent de l’état. Pendant ce temps, le VRAI vainqueur de la présidentielle de 2016 est en prison dans son domicile. Il ne peut absolument rien faire. Quand on sait que s’il lui était possible de faire aussi des meetings, il drain’était des foules qu’il n’acheterait pas comme fait ce pouvoir satanique.

    Savez-vous seulement ce qu’on peut faire avec 15 millions de francs CFA pour nos enfants qui n’ont même pas de bancs d’école pour apprendre ? Plutôt que de donner 1000 francs ou 5000 francs CFA ampar personne pour assister à vos meetings de merles, mieux vaut encore garder cet argent pour faire quelque chose de bien pour le Gabon.

  2. Didier dit :

    BLA ou RIEN ? Je préfère RIEN…

  3. André BRUNO dit :

    Peuple gabonais, la France ne vous dira jamais qu’elle soutient Fargeon Alihanga Laccruche. Mais c’est pourtant bien ce qu’elle fait. Si vous ne vous réveillez pad maintenant, vous aurez cet homme comme prochain président du Gabon. Et ce sera pour le Gabon le deuxième homme NON GABONAIS à exercer cette haute fonction.

    C’est bien dommage que vous ayez arrêtés de soutenir Jean Ping, le président élu du Gabon. Je vous confirme sue ke QUAI D’ORSAY et les autres multinationales implantées au Gabon bous préparent actuellement la SAUCE FARGEON. C’est triste pour vous de voir un pays qu’on maltraite de la sorte.

    Mais peut-être qu’il n’est pas encore trop tard pour vous réveiller. Que Jean Ping ne se contente plus de sa diplomatie qui ne marchera jamais. On ne lui amènera jamais les clés du Bord de Mer sur un coussin doré, jamais. C’est à lui de se battre, ainsi que vous, peuple gabonais, pour vous libérer du carcan colonialiste que vous impose encore le QUAI D’ORSAY et les multinationales françaises comme total ou Bolloré, pour ne citer que ces deux voyous soutenus par Paris. A bon entendeur (ou lecteur)…

    • Bibang Serge dit :

      @Andre Bruno. Vous êtes un menteur… Fargeon connaît moins de monde entier France que ma dame de ménage. Vous dites ça parce que vous roulez pour lui et croyez influencer ou décourager le peuple gabonais. Fargeon est soutenu par trois éléments : Sylvia Bongo, la lâcheté des Gabonais qui ont en responsabilité et la sottise de gens comme vous

  4. Victorine dit :

    Et maintenant, c’est quoi la suite ? Réponse : le Quai d’Orsay vient d’adouber son candidat (un vrai français). Il est déjà en pré campagne avec le soutien d’une classe politique française ( si ce n’est pas l’ensemble…). La suite, vous pouvez déjà deviner : bientôt la vacance du pouvoir qui ne servira au fond que le candidat adoubé par Paris. Ne vous attendez SURTOUT PAS à des élections claires et transparentes. C’est tout simplement IMPOSSIBLE.

    Y a t-il une solution quand même ? Réponse : OUI, il faut un SOULÈVEMENT du peuple pour que cesse définitivement cette nouvelle MASCARADE orchestrée par Paris (ou Quai d’Orsay).

    Croyez-moi, il n’y a pas plus hypocrite que la France. Et ce n’est pas elle qui vous le dira. si elle voulait de Jean Ping comme Président du Gabon, il aurait déjà été installé fort longtemps.

    C’est maintenant au peuple gabonais de se battre pour que cesse définitivement cette comédie française. C’est ENCORE POSSIBLE…

    • Maganga Octave dit :

      @Victorine. Fargeon aura beau vous payez pour distiller ce mensonge, ce mensonge ne deviendra jamais vérité comme Fargeon va bientôt assister lui-même à sa descente aux enfers et vous, ses propagandistes, avec lui

  5. KABORE MICHEL dit :

    QUE SE PASSE T-IL AU GABON, SEIGNEUR ?

  6. Mezzah dit :

    @Maganga Octave,

    Que reprochez vous à Victorine qui dit simplement que si nous voulons arrêter ce qui se passe sous nos yeux nous devons nous soulever?

  7. FINE BOUCHE dit :

    Dans cette sphère politique, il n’y a plus de doyens, de sages, de patriotes, d’hommes. Comment voulez vous que la jeunesse nous respectent lorsqu’elle voit cela. Tintin au Congo n’était qu’une bande dessinée. Mais là nous avons touchés le fond. BLA ou rien. Tout sauf Ali. Quels slogans

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