Depuis le 30 janvier dernier, le directeur général et tous les cadres expatriés de la filiale du numéro 1 mondial du catering, Compass, ont quitté le pays sans crier gare, alors que le contrat avec l’unique partenaire, Assala Energy, tire vers sa fin.

Les membres du bureau national de l’Onep devront convaincre Shell de régler la crise. © D.R.

 

Constatant l’absence du siège de la société à Gamba de toute l’équipe de management le 30 janvier dernier, les travailleurs d’EES Gabon ont saisi les autorités civiles et militaires de la localité pour les interpeller sur ce qui ressemble bien à une fuite. En effet, l’unique contrat de la société avec l’opérateur pétrolier ayant repris les actifs de Shell Gabon, Assala Energy, prend fin le 31 mai 2018. Le groupe Compass, prétextant qu’Assala ne lui garantit nullement les mêmes facilités que Shell, a exprimé sa volonté de ne pas renouveler ce contrat. Ce qui laisse penser que Compass devra fermer sa filiale du Gabon et quitter le pays à la fin du mois de mai. Que vont devenir alors ses 392 employés ?

C’est pour avoir la réponse à cette question que l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) a déclenché une grève d’une semaine sur les installations où opère ESS, en novembre 2017. La société qui ne voulait pas discuter avec le syndicat s’est vue donc contraint de rejoindre la table des négociations. Après trois jours d’âpres discussions, les parties ont pu signer un procès-verbal de conciliation le 3 décembre 2018, en présence du directeur du groupe Compass et d’un représentant d’Assala Energy, comme l’exigeait l’Onep dans le premier préalable. Concernant les deux autres, à savoir l’avenir des employés de ESS au terme du contrat qui lie la société à Assala et l’indemnité de séparation à hauteur de 30 mois de salaire brut à verser aux travailleurs, les dirigeants de la filiale de Compass avaient promis apporter la réponse et une contre-proposition le 31 janvier 2018. Comme on peut le constater, cette échéance était bien capitale pour tous, surtout pour les salariés d’ESS qui veulent être fixés sur leur sort. D’où leur colère quand ils constatent la veille de celle-ci que tous les dirigeants de la société ont quitté discrètement le pays.

Le bureau national de l’Onep qui s’est rendu à Gamba au siège de la société ESS n’en revient pas. «Tous les dirigeants et tout le personnel expatrié ont fui du pays», a sèchement confirmé le secrétaire général adjoint du syndicat du secteur pétrolier, Sylvain Mayabi Binet. A Gamba, le bureau national a multiplié des rencontres tant avec les autorités qu’avec les dirigeants d’Assala Energy. Et sa position est sans détour, c’est bien le repreneur de Shell Gabon qui devra payer la facture. «ESS Compass est venu au Gabon par et pour Shell. Pour l’Onep, c’est Assala Energy (ex-Shell) qui doit payer la facture de la fuite de cet employeur voyou. Nous attendons du Gouvernement des injonctions à Assala Energy pour régler cette crise en faveur des 392 employés et leurs 3000 ayant-droits», a martelé le SGA de l’Onep. En attendant une réponse de la part de l’administration et des responsables d’Assala, les employés d’ESS ont cessé toute activité à la base de Gamba et sur le site pétrolier de Rabi.

 
 

6 Commentaires

  1. le Baso de moi même dit :

    C’est compliqué pour nous au Gabon le pays va mal très mal il y a 2 mois en arrière c’est la socièté GSS toujours dans catering le même coup pour le même motif twoooooo donc les français la viennent au Gabon pour faire travailler les Gabonais pour se tirer après sans rien faire pas des poursuite rien rien

    • Giap Effayong dit :

      Ce n’est pourtant pas difficile à comprendre.Pourquoi n’y a t-il pas d’alternance politique dans notre pays? C’est par ce que l’avènement d’un état de droit signifierait la fin de la main- mise française sur le Gabon.Notre république bananière n’est rien d’autre qu’une colonie qu’ils(les français) pillent sans vergogne depuis des lustres et continueront à piller ad-vitam aeternam.

      • persquen dit :

        Compass group est anglais, et à un moment cher Gabonaise et Gabonais, à force de toujours voir la France derrière vos malheurs, vous ne voyez même pas qu’aujourd’hui, les grands groupes étrangers de taille international arrivent en remplacement de c’est fameux Français( qu’ils ont en grande partie déjà remplacer). Je vous entend toujours chanter la même chanson, j’ai l’impression que vous être en train de louper le train de la mondialisation.

  2. ENIGA dit :

    La véritable question est de savoir pourquoi ils sont partis :

    1) La pression de l’administration gabonaise avec un cauchemar bureaucratique digne de Kafka.
    2) La perte du contrat avec Shell Gabon.
    3) Les syndicats qui exigent un paiement de 30 mois de salaires (hors code du travail pour les licenciements économiques).
    4) La vision des gabonais qui croient qu’un étranger qui investit au gabon est un voleur en puissance (alors que ces même gabonais sont incapables de créer la moindre richesse par eux-même).

    Nous devons pousser les sociétés à rester au Gabon et à investir d’avantage.

  3. oussavou dit :

    Kompass est français?

  4. BSerge Okogo dit :

    Que voulez d’autres ; le Gabon est un bateau ivre sans commandant de bord.
    Ali Bongo passe son temps à voyager, assister aux investitures des chefs d’état élus démocratiquement et pendant ce temps, l’anarchie et le désordre règnent au Gabon.

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