La gestion du dossier médical du président de la République met en lumière la toute-puissance de sa famille nucléaire. Elle apporte aussi la preuve de l’impuissance de l’appareil de l’Etat.

Tétanisé par les circonstances, le gouvernement refuse d’assumer son rôle de codétenteur du pouvoir exécutif, préférant coller à la famille nucléaire du président de la République. © info241.com

 

La République est hors-jeu. Ses institutions se révèlent incapables de s’imposer (lire «Les sages du PDG haussent le ton»). Tenues à bonne distance par la famille nucléaire d’Ali Bongo, leur quotidien a longtemps été rythmé par les révélations de la presse étrangère. Désormais, elles semblent condamnées à faire écho aux réseaux sociaux (lire «Le gouvernement emboîte le pas à Sylvia Bongo»). Depuis l’admission du président de la République au King Faisal hospital de Riyad, elles évoluent à la marge. Ni le gouvernement ni la Cour constitutionnelle encore moins le Sénat ne maitrisent la situation. Malgré leurs gesticulations, rien ne permet de croire en la circulation d’une information officielle dans les hautes sphères de l’Etat. En dépit de leurs rodomontades, rien n’atteste de l’existence de connexions avec les autorités saoudiennes (Lire «Mensonge d’Etat ?»).

Le président de la République, une institution

Le gouvernement peut feindre d’en savoir beaucoup. Il peut même vanter le travail de la présidence de la République («Pas de vacance du pouvoir au Gabon»). La Cour constitutionnelle a beau se confondre en bricolages juridiques («Mborantsuo aux commandes»). Le Sénat est libre de simuler la sérénité ou de se préoccuper des questions d’intendance (lire «Les sénateurs réclament leurs frais de session»). Ce sera toujours leur affaire, plus personne n’ayant foi en leurs affirmations. Plus grand monde ne les jugeant suffisamment informés de la situation. De par leurs dires, ces institutions ont laissé transparaître un déficit d’informations. A travers leurs agissements, elles ont étalé leur méconnaissance du dossier. D’une manière ou d’une autre, elles ont accrédité la toute-puissance de la famille nucléaire d’Ali Bongo. Involontairement, elles ont apporté la preuve de l’impuissance de l’appareil d’Etat, ruinant l’idée d’une République organisée.

On imagine déjà certains se réfugier derrière la protection des libertés individuelles. On en voit plaidant le secret médical. Aux uns comme aux autres, on conseillera de méditer un principe constitutionnel : le caractère démocratique de la République. A la fois homme et institution, le président de la République n’est pas un citoyen comme un autre. Il est le délégataire de la souveraineté populaire. Mandataire du peuple, il est la pierre angulaire de l’édifice institutionnel. Dès lors, l’étendue de sa charge ne peut être contrebalancée. Quand bien même la maladie reste une épreuve particulière et solitaire, elle ne saurait être l’exclusivité de sa famille. Après tout, les protocoles médicaux induisent toujours une diminution de l’activité sociale. Ils se traduisent invariablement par une modification des rythmes du quotidien. Peut-on se satisfaire d’un ralentissement du fonctionnement de l’Etat ? Doit-on s’accommoder d’une marginalisation des institutions ?

Risque d’interruption du fonctionnement des pouvoirs publics

Refuser d’associer les pouvoirs publics à la gestion du dossier médical d’Ali Bongo, équivaut à saper l’autorité de l’Etat. Confier cette tâche à sa seule famille nucléaire, revient à exposer la République. Comment  faire appliquer la loi quand le premier cercle du président de la République s’en affranchit ouvertement ? Quel respect pour les institutions quand elles sont méprisées au vu et au su de tous? Quelle solidarité quand elles sont tenues à l’écart de sujets sensibles ? Quelle crédibilité pour les médias publics quand les réseaux sociaux deviennent les destinataires prioritaires de l’information ? Quelle valeur pour la parole officielle quand des dossiers d’importance sont traités sur Facebook ? Comment rendre des comptes quand l’entourage du chef suprême s’y refuse ?  Certes, le régime n’a jamais brillé par sa gouvernance, l’Etat de droit, la transparence, la participation et la responsabilité n’étant nullement intégrés dans son logiciel. N’empêche, on ne peut continuer sur cette lancée.

De l’embrouillamini actuel, transparaît un risque majeur : l’interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Par couardise, aveuglement ou absence d’éthique républicaine, les principales institutions font mine de ne pas  le mesurer. Tétanisé par les circonstances, le gouvernement refuse d’assumer son rôle de codétenteur du pouvoir exécutif, préférant coller à la famille nucléaire du président de la République. Désireuse de s’affirmer comme le pivot de la vie politique nationale, la Cour constitutionnelle s’adonne à des manipulations juridiques, se gardant d’aider à la clarification des choses. Effrayé par les enjeux, le Sénat se mure dans un mutisme complice, se contentant d’un rôle de spectateur. Pourtant, dans l’articulation et le fonctionnement de l’Etat, la Constitution ne mentionne nullement les parentèles. Pour conjurer le pire, chacun devra s’en souvenir.

 
 

24 Commentaires

  1. Che Guevara dit :

    La preuve que la République s’est muée en royaume, et les citoyens sont devenus des sujets. Pourquoi pas? Tant que les Gabonais l’acceptent, ou tant que la peur gouvernera leur psychique.

    • Didier dit :

      Et toi même tu fais quoi sur le terrain ? Il ne suffit pas d’être devant ton ordinateur. Sur le terrain. C’est ce que les gabonais doivent comprendre. Ce régime diabolique joué avec la peur des gabonais. Parce qu’il sait que les gabonais sont des peureux. On vous dit de sortir en MASSE… Il faut qu’il y ait au moins 100000 gabonais dans les rues. Cette petite armée ridicule ne pourra rien faire…

  2. Thierry dit :

    Avant les institutions nous avons des citoyens gabonais qui par l’amour de la patrie devraient faire respecter la loi et les institutions de la république cependant si ceux les ne respectent rien, ni personne même pas eux-mêmes alors le résultat est ce que nous assistons. La première dame n’a fait que ce que le gouvernement n’a pas pu faire, faut à qui? Le gouvernement gabonais se soucie plus de son ventre que de faire du Gabon un pays à respecter. Que Dieu nous aide s’il existe vraiment car tout un peuple ne peut être mépriser ainsi.

  3. paysane dit :

    et si l’instant président ETAIT MORT ? On cacherais son corps pendant combien de temps ?

  4. Bibouboua dit :

    Mais c’est le Gabon tout entier qui est géré de la sorte. Dans les services publics publics, dans tous les secteurs d’activité, ce sont les liens privés qui guident le fonctionnement de l’État…

  5. Mboung dit :

    Ns tenons quand mm pubbliquement à saluer l’outrecuidance mensongère des pseudos responsables séides à insister à Ns raconter successivement des versions différentes de la situation de dieu elle est (juste?)stupéfiante. Ça ressemble aux Contes des Mille et 1 Nuits (normal ils étaient en arabie). La question de la vérité (mm de la cohérence comment quelqu’1 apte à travailler ne peut mm pas appeler lui mm ses propres séides?)n’ont aucune espèce d’importance dans leur culture, seul importe ce qu’ils décident de faire croire.Alors tant mieux pour ceux qui y croient…

  6. Didier dit :

    Ce qui est triste, c’est de se rendre compte que même les PDGistes et Bongoistes savent pourtant que l’assassin et usurpateur qu’est BOA est bien MORT. Mais ils veulent quand même continuer le culte d’un CADAVRE ASSASSIN ET USURPATEUR… Ces gens n’aiment pas leur pays et ne veulent pas de démocratie ni de liberté au Gabon. Sinon ils auraient déjà soutenu le vrai vainqueur des élections présidentielles de 2016 : Jean Ping. Et qu’on ne vienne pas me dire que 2016 est derrière nous SVP. Si nous voulons d’une nouvelle république au Gabon, elle doit commencer avec le règlement du contentieux de 2016.

  7. Roger dit :

    Que les résistants gabonais de la diaspora aillent s’enquérir de ce nouveau mensonge à l’Ambassade du Maroc en France. BOA est mort depuis longtemps. Que ce théâtre cesse SVP. Liberez notre pays le Gabon de vos mensonges, de votre cupidité, de vos crimes rituels, de vos emprisonnements arbitraires et j’en passes…

  8. Julien dit :

    Un français me disait récemment que cette femme (!Sylvia la sorcière) n’est pas que française, elle est aussi algérienne. Est-ce son côté algérien qui la pousse à faire n’importe quoi avec notre pays ? Il faut qu’elle sache que le Gabon n’est pas l’Algérie. Bongo est mort, qu’elle quitte le Gabon et retourne chez elle: en Algérie ou en France. Elle n’est pas digne d’être gabonaise.

  9. Cathy dit :

    1er président du Gabon: Léon Mba.Il avait une femme gabonaise.
    2ème président du Gabon (imposé par la France): OBO. D’abord une gabonaise comme épouse, puis une congolaise.
    3ème président (usurpateur comme son père nourricier par la suite): BOA. Une épouse franco-algérienne. Et depuis BOA, notre pays a comme président un étranger qui a aussi une femme étrangère. Mais le sera géré quand par de vrais gabonais SVP ?

  10. moundounga dit :

    Bjr. Très bonne observation des faits. Pour être plus dur je dirais tout simplement que l’Etat est à terre. constitutionnellement parlant aucun article de ce précieux document ne mentionne une quelconque épouse de chef d’Etat même pour “assistance”. Plus encore, ce même sésame ne mentionne nulle part l’usage et la valeur des réseaux sociaux comme véhicule communicationnel de l’information à l’échelle de l’Etat. Et pour finir le PR est a dissocié de la personne physique de l’individu sur cette base ou nous sommes dans un système juridique ou nous sommes au village. Vu le scenario des évènements je plaiderai pour le second.

  11. Yvette dit :

    Les militaires, n’ayez pas HONTE de faire allégeance auprès de Jean Ping, le président élu en 2016. Vous savez bien que c’est lui qui a été élu. Reconnaissez sa victoire. Et que le pays tourne DÉFINITIVEMENT la page BONGO. Que nous puissions entrer dans une nouvelle république.

  12. jones dit :

    Remaniement au sommet de l’Etat:
    Président de la République : Mouhamed VI avec résidence à Rabat au Maroc
    Premier ministre : Sylvia Bongo avec résidence à Londre (Angleterre)
    le reste à suivre !

  13. bassomba dit :

    Comme le disait plus haut un internaute Didier, Nous sommes un peuple de “pereux”, nous passons notre temps devant notre clavier pour décrié ceci ou cela, en revanche si l’on nous demande de revendiquer dans la rue, beaucoup se cacheront chez eux et épieront à leur lucarne s’il y a quelqu’un dehors, et si par extraordinaire il y’en a dans la rue, ils sortiront pour grossir les rangs tout en étant derrière. La diaspora n’est pas en reste de cette mentalité, elle semble brave parce qu’elle est loin du pays et dans un pays où ce droit de manifester lui est garanti. J’aimerais voir cette diaspora avoir le même entregent ici au Gabon!

  14. Kabore Michel dit :

    Le Gabon est désormais géré par le Maghreb. Sylvia Bongo est d’origine algérienne. Et BOA (s’il est encore envie… je doute fort…) fait allégeance au roitelet du Maroc. Pauvre Gabon !

  15. Paul Mba dit :

    Une sortie de crise, sans effusion de sang, consisterait de reconnaître le président élu en 2016. Et ce sera aussi terminé avec les Bongo.

  16. Ngoua Benoit dit :

    Chers COMPATRIOTES, faites comme MOI. Je vais chez Jean Ping faire ALLÉGEANCE et le reconnaître ainsi comme le vrai Président du GABON depuis 2016.

    Si vous faites comme moi, on évite ainsi une effusion de SANG. La transition se fera tout simplement en douceur. Aussi, j’invite tous les Gabonais à se rendre au charbonnage pour faire allégeance à Jean Ping, le reconnaître ainsi comme Président élu du Gabon. VIVE JEAN PING, VIVE LE GABON LIBRE.

  17. Jean.jacques dit :

    Pysame et si ton ping mourrait.il cesserait la politique ou pas?

  18. MOUSSAVOU dit :

    Le GABON est vraiment le pays le plus maudit de l’Afrique.

    Des gamins associés à une femme tournent en bourrique toute une nation sans qu’un seul doigt ne se lève pour sonner la fin de la récréation?

    Sylvia invite un groupe de bandits au Maroc pour préparer un coup d’Etat et personne ne bouge.

    quelle preuve voulez vous avoir lorsque des chefs de partis politiques Français très proches du pouvoir parlent de la mort d’Ali et ils ne sont pas inquiétés par quelques poursuites ou une contradiction des pouvoirs gabonais?

    Nous sommes vraiment des cancres et des maudits.

    Attendons assis chez nous le prochain fils ou petit fils Bongo au sommet de l’Etat.

    on est pourri

  19. Nkolo dit :

    le peuple avec la CNR continuerait le combat.

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