Quelques semaines après la Coupe d’Afrique des nations de football 2012, le secteur hôtelier gabonais commence à battre de l’aile. On avait pourtant enregistré, avant cet événement continental, un frémissement faisant croire à une embellie tout azimut.

Depuis près de deux semaines en effet, c’est le groupe hôtelier l’Etoile d’Or, à Libreville, qui défraie la chronique au point que le quotidien L’Union, dans sa livraison du week-end dernier, s’interrogeait: «Le Groupe Étoile d’Or déjà dans l’impasse ?». Ceci après une lettre du directeur général de cet établissement, Éric Jin Nze Xing, datée du 27 février 2012, qui annonçait la séparation d’avec quelques employés et le «ralentissement de la production». Une certaine façon de parler de licenciement économique.

Du coup, ces anciens employés, qui réclament des mois d’impayés, dénoncent les agissements de leur employeur qui ne respecterait pas l’application du Code du travail en République gabonaise. Aussi, estiment-ils que les responsables de cette structure ont procédé à des «licenciements abusifs». Une situation qui résulterait, selon le quotidien L’union du 6 mars, d’au moins deux raisons. «D’abord, le contrat à durée déterminée (CDD) courait jusqu’au 20 mars prochain». Sydney Braddley Mbeng, le porte-parole de ces employés, indique en effet que «l’employeur ne voulait pas nous garder jusqu’à fin mars, car le CDD d’engagement à l’essai devrait basculer, de facto, en contrat à durée indéterminée.» Ensuite, ces employés invoquent l’embauche des ouvriers chinois «qui pour certains apprennent encore le travail de caissier». Ce dont les employés s’offusquent : «comment embaucher des Chinois, même au poste de caissier, et nous parler de raison économique ?».

Selon les anciennes femmes de chambres de cet hôtel localisé au quartier Sablière, la nuitée se facturait entre 80 000 et 104 000 francs CFA pour des chambres ordinaires, alors que celle des suites présidentielles se chiffrait au moins à 800 000 francs CFA. Or, les employés avaient des contrats de paie de 137 000 francs CFA, incluant 35 000 francs de frais de transport. Là aussi, l’on dénonce une rémunération en deçà du Revenu minimum mensuel exigée par le président de la République. Mais aussi, une gestion administrative floue du moment où ces employés ne disposent pas de contrat dûment signées. Tout comme aucun d’eux ne connait son numéro de sécurité sociale alors que leur sont régulièrement prélevés 9,5% de leur salaire, au titre de cotisation à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

Le Groupe Etoile d’Or dispose des implantations à Libreville à la Sablière, à London et à Louis. Ouvert au dernier trimestre 2011 et ayant à peine six mois d’exploitation, il a déjà à la clé des licenciements.

Les questions taraudent dès lors les esprits. L’étude de faisabilité a-t-elle convenablement été menée avant le lancement des activités ? Le fonds de roulement serait-il si faible pour engendrer cette situation? Comment une telle structure peut-elle congédier ses employés, six mois seulement après son démarrage en invoquant des raisons économiques ?

Une situation qui intervient trois semaines seulement après la CAN 2012 et quelques jours après la formation d’un nouveau gouvernement et la nomination d’un nouveau ministre du Tourisme. Magloire Ngambia, à qui échoit ce secteur, a donc déjà du souci à se faire d’autant que cette première situation d’après CAN 2012 dans le secteur hôtelier pourrait être suivie par d’autres si rien n’est fait. De nombreuses structures ont en effet vu le jour au Gabon à l’orée de cette Coupe d’Afrique.

 
 

3 Commentaires

  1. S.Y.L dit :

    Il ne fallait pas être économiste pour savoir qu’après la CAN, tous ces hôtels, contruits pour l’évènement, allaient connaître des difficultés certaines.
    C’est à se demander si tous ces investisseurs sont vraiement des « hommes d’affaires » ou s’ils s’improvisent avec le risque évident de se planter..
    Evident car le GABON est un pays avec une faible population et n’est pas encore ouvert au tourisme. Analyse élémentaire… Sur combien d’années cet investissement sera amorti ???
    Investir pour Investir ???
    on ne prend pas de risque avec de l’argent gagné à la sueur de son front

  2. Patray dit :

    C’est vrai qu’il faut penser à l’après can donc comment faire pour relancer l’activité de ces hotels,allez le nouveau gouvernement montrez nous de quoi vous êtes capable, renvoyer des personnes c’est pas une solution il faut rentabiliser!!!

  3. Wallan dit :

    C’est quoi ce taux de CNSS qui est 9.5%, jamais attendu parler au Gabon.

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