La troisième édition du festival Gabon 9 Provinces s’est terminée, le 16 août 2019, dans une liesse populaire, avec le Woleu-Ntem à l’honneur et des célébrités sur scène. Si pour les ressortissants de cette province, ce fut une impressionnante «Remontada» après les passages des huit autres provinces, le festival est apparu pour l’essentiel comme un gigantesque moment de vulgarisation des us et coutumes du terroir et du vivre-ensemble.

© Steve Jordan

 

«C’est plein ! Tout le Gabon est là», souriait Victoire, jeune Librevilloise venue assister quelques heures à la soirée de clôture de la troisième édition du festival Gabon 9 Province. Vendredi 16 août, le l’avenue Jean-Paul II de Libreville était congestionné par des milliers de personnes venues assister à la clôture de la 3e édition du festival Gabon 9 Provinces. Pour parodier la ferveur populaire, des fausses affiches circulaient déjà sur les réseaux sociaux annonçant la reine d’Angleterre, Barack Obama, ou encore Vladimir Poutine «invités d’honneurs» pour la fin du festival. L’objectif visé par les anonymes ayant créé ces parodies et autres slogans provincialistes était de rameuter du monde en vue remporter la palme d’or de la mobilisation face aux autres provinces. L’opération a été dénommée «Remontada».

© François Zima et Steve Jordan

Ainsi, pour la dernière étape de cette édition de Gabon 9 provinces, le Woleu-Ntem y a vraisemblablement drainé presque tout ce qu’elle compte d’originaires vivant à Libreville.

Si la fête était globalement au rendez-vous, quelques personnes rencontrées par Gabonreview se plaignaient d’un manque de place et d’une mauvaise d’organisation sur l’avenue menant à la grande scène, notamment le manque d’écrans géants qui auraient évité que tout le monde s’agglutine pour voir le spectacle. La foule compacte a fait le bonheur des pickpockets. «Parfois des gens profitaient aussi de la foule pour fouiller les poches des autres», a regretté Patrick, un militaire.

Gotha politique, culturel, économique et spectacle pour tous les goûts

Malgré les soubresauts provoqués par les premières listes d’artistes devant prester et le rétropédalage du Comité d’organisation de Gabon 9 provinces qui y a finalement inscrit les figures de proue de la culture du Woleu-Ntem qui ne s’étaient pas inscrits, le spectacle a été de tous les goûts.

Sur la scène, outre les groupes de danses traditionnels, les comédiens, les musiciens et danseurs provenant de Mitzic, Bitam, Minvoul, Oyem, etc. ont sur faire retentir la voix du Woleu-Ntem. Entre les maîtres de cérémonie maîtrisant parfaitement leur langue maternelle et les artistes alliant savamment la tradition et la moderité, le G9 a véritablement donné un sens au thème de cette 3e édition du festival Gabon 9 provinces.

Le gotha politique, culturel, économique de la province n’a pas manqué de venir, en bloc, pour soutenir les leurs. Entre le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), René Ndemezo’Obiang, les membres du gouvernement, Tony Ondo Mba, Estelle Ondo, Françoise Assengone Obame, René Owono Mba et autres René Allogho Akué de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), Marius Assoumou de l’Union des jeunes du Parti démocratique gabonais (UJPDG), les Woleu-ntemois se sont unis comme un seul homme derrière leurs artistes.

© François Zima et Steve Jordan

«La tradition nous unit» 

Le festival, qui se veut un mélange de tradition et de modernité, s’est clôturé avec des artistes phares comme le jeune chanteur Don’zer, célèbre depuis son hit “Goudronnier” (2017). D’autres personnalités artistiques comme le rappeur Mc Essone, le chanteur Amenem, ou encore Sean Bridon – producteur du comédien Yaya Vich -, Arnaud Eyagha, Alexis Abessolo, Ndong Mboula, Stéphanie Afene, Ndoman et les groupes Kfra-L ou Akeng Alliance, entre autres, étaient au rendez-vous.

En journée comme en soirée, les groupes traditionnels venus de province ont dansé le “Ngontang” pour les hommes ou encore le “Bia” pour les femmes. «Venez goutter aux plats du Woleu Ntem», lançait une cuisinière. Aux menus, ce vendredi : feuilles de manioc sucrées avec le maïs doux, le plat du Woleu-Ntem, mais aussi la viande de brousse comme le rat palmiste, ou encore le paquet de concombres.

 «Moi, je retiens de tout cela que la tradition nous unit vraiment. Regardez ce monde ! Et tous les gens venus ce soir ne sont pas Fang ou du Woleu Ntem», philosophait Gabrielle, Librevilloise et originaire du sud du pays.

 
 

8 Commentaires

  1. Rocher Serge dit :

    Comme tous les ans, un peuple a été oublié: les PYGMÉES. C’est VRAIMENT regrettable. Vous ne pouvez pas faire comme s’il n’existait pas au Gabon. Pauvre comité d’organisation ! C’est une HONTE pour vous.

  2. Vivien kaly dit :

    Le tribalisme est terminé. Retour à l’unité nationale SVP.

  3. moundounga dit :

    Bjr. la bonne question est de savoir pourquoi nous avons le sentiment que le G9 est plus rassembleur que le reste des provinces. Et cela ne date pas d’aujourd’hui? l’élément population ne peut être retenu car statistiquement au Gabon ce sont les Nzebis les plus nombreux. Plutôt qu’une boutade c’est beaucoup plus une stratégie pour Gabon 9 provinces de profiter de ce formidable engouement G9 afin de parfaire la machine en 2020. Amen.

    • Zue Menie dit :

      “statistiquement”, dites-vous. Veuillez publier les chiffres qui justifient votre assertion selon laquelle les Nzebis sont les plus nombreux.Et pour votre gouverne, ce n’est pas un “sentiment” que le G9 soit plus rassembleur mais plutot un fait avere car la dite province est ethniquement homogene. Abim te.

  4. Mapangou Wilfried dit :

    LE PEUPLE GABONAIS AIME INCARNER LA CIGALE. MAIS JAMAIS LA FOURMI. COMPRENNE QUI VOUDRA. JE SUIS GABONAIS COMME VOUS. J’HABITE PLEIN CIEL. VENEZ ME TAPER SI VOUS VOULEZ. IL N’Y A QUE LA VÉRITÉ QUI BLESSE.

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