Dans un courrier daté du 20 septembre adressé au Premier ministre, au président du Sénat et à celui de l’Assemblée nationale, le Collectif Appel à agir les invite à sortir le Gabon de «l’imposture d’une nature inédite qui le conduit vers le chaos». Et cette issue passe par la déclaration de la vacance de la présidence de la République.

«L’appareil d’État est l’otage d’une imposture sans nom», dixit Appel à agir. © Gabonreview

 

Le Gabon serait englué «dans une imposture inédite qui le conduit vers le chaos ». Cette conviction gorgée d’incertitudes a poussé, le 3 octobre, le Collectif Appel à agir à interpeller de nouveau le Premier ministre et les deux présidents des deux chambres du Parlement sur les risques d’instabilité générés par le règne de l’imposture au sommet de l’État.

Dans un courrier daté du 20 septembre, adressé à Julien Nkoghe Bekale, Lucie Milebou-Aubusson et Faustin Boukoubi, le Collectif Appel à agir a relevé non sans gravité des faits, des situations et des comportements qui fertilisent le terreau de l’imposture et gangrènent les organes vitaux de l’État. «Par la présente et avec gravité, en citoyens libres et responsables, devant les Hommes et devant l’Histoire, nous vous interpellons solennellement afin que, dans le cadre de vos responsabilités constitutionnelles respectives,  vous vous saisissiez officiellement de cette question qui engage comme jamais la stabilité de notre pays et son avenir.»

Si Ali Bongo est revenu au Gabon le 23 mars 2019, le Collectif estime que «sa première sortie publique, les 16 et 17 août derniers, a fini de convaincre les personnes les plus sceptiques et les plus avisées de la nécessité de confirmer sa capacité à remplir les charges de la fonction de président de la République, à défaut de la nécessité de déclarer la vacance de la Présidence de la République.»

L’affaiblissement du chef de l’État a conduit à des situations ubuesques dans la gestion de l’État. «L’appareil d’État est désormais l’otage d’une imposture sans nom. (…) les nominations aux emplois supérieurs de l’État se font en violation de l’article 20 de la Constitution ainsi que des textes des différents organismes et services publics, portant aux fonctions les plus sensibles de l’appareil d’État, des personnes qui n’ont ni le statut ni la qualité pour y être nommées.

Fait inédit, relève Appel à agir,  «on assiste chaque jour un peu plus à ce qui apparaît désormais clairement comme une opération de substitution de Monsieur Ali Bongo dans la fonction de président de la République par son Directeur de cabinet. Le Gabon est humilié ! »

Face à cette crise de légitimité qui «préfigure une tempête qui n’épargnera personne», Appel à agir appelle Julien Nkoghe Bekale, Lucie Milebou-Aubusson et Faustin Boukoubi à  «sortir notre pays de cette imposture d’une nature inédite qui conduit notre pays vers le chaos. La Nation toute entière vous en sera reconnaissante.»

Interpellés sur leur sens patriotique et présentés comme étant constitutionnellement les derniers remparts de la République et de l’État de droit, ces trois personnalités de l’État, ont reçu la garantie d’une reconnaissance de la Nation toute entière pour l’action salvatrice pour laquelle ils sont sollicités, notamment, celle de mettre un terme à la «dérive aventurière» dans laquelle le pays est embarqué depuis plusieurs mois. Notamment, en déclarant la vacance de la présidence de la République.

 
 

2 Commentaires

  1. Serge Makaya dit :

    “Appel à agir”, ayez le courage de vous présenter à l’ambassade de France au Gabon. C’est le Quai d’Orsay qui manigance tout. Le silence de la France à la comédie de Fargeon, leur compatriote, est la preuve même qu’elle est complice du théâtre qui se joue actuellement au Gabon. Les gabonais qui soutiennent ce larbin français le font pour leurs intérêts personnels. Et c’est vraiment triste de constater qu’aucun gabonais (aucun homme politique) ne se lève pour dénoncer publiquement la comédie qui se joue depuis quasiment un an au Gabon avec la complicité du Quai d’Orsay.

  2. Thierry dit :

    Ben, j’imagine aussi que c’est la France qui envoie les gabonais aux différents meetings ? Soyons sérieux, le problème des gabonais, ce sont les gabonais eux-mêmes

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