Après la modification, en novembre 2018, de l’article 13 de la Constitution avec l’ajout d’un alinéa, la présidente de la Cour constitutionnelle envisagerait, selon la Lettre du Continent, un nouvel aménagement du même article de la loi fondamentale. Cet artifice «juridique» permettrait au président de l’Assemblée nationale d’accéder au fauteuil présidentiel et achever le mandat d’Ali Bongo. Une hypothèse ubuesque qui sonne comme un ballon d’essai pour les tenants du pouvoir chancelant et qui abiment la République.

Ali Bongo et Faustin Boukoubi, le 25 février 2019, à Libreville. © Communication présidentielle

 

S’achemine-t-on vers une nouvelle modification de l’article 13 de la Constitution ? Cette hypothèse est évoquée par La Lettre du Continent dans sa livraison du 13 mars. Selon la lettre d’information confidentielle, la présidente de la Cour constitutionnelle, actuellement sous la protection de plusieurs éléments de la Garde républicaine, «travaille à une modification de la constitution gabonaise» dans le but d’anticiper «un éventuel empêchement définitif d’Ali Bongo de gouverner».

Alors que l’article 13 de la Constitution dispose qu’en cas de vacance du pouvoir, le président du Sénat exerce provisoirement les fonctions du président de la République, la présidente de la Cour constitutionnelle souhaite redistribuer les cartes. Soutenue par Brice Laccruche Alihanga, le directeur de cabinet du président de la République, ou encore Pascaline Bongo, sœur aînée d’Ali Bongo, affirme le confidentiel, «Marie-Madeleine Mborantsuo devrait ainsi modifier l’article 13 du texte fondamental pour permettre au président de l’Assemblée nationale d’achever, si nécessaire, l’actuel mandat qui doit arriver à terme en 2023 en lieu et place de celui du Sénat».

L’information délivrée par La Lettre du Continent étonne par une incohérence (voulue ?) sur l’ambition de la révision de l’article 13 de la Constitution. Celle-ci suggère qu’en cas d’empêchement définitif d’Ali Bongo, il n’y aura plus de vacance du pouvoir, mais un simple remplacement du président de la République par celui de l’Assemblée nationale. Si l’idée prête à sourire, malgré son potentiel létal pour la République, elle s’exprime comme un ballon d’essai pour le pourvoir chancelant : préparer les Gabonais à une ablation «mortelle» de la Constitution, en supprimant le suffrage universel direct pour l’élection du président de la République. Est-il en effet légal et légitime qu’une personne élue député, soit-elle à 100%, pour un collège électoral de moins de 2 500 électeurs puisse prétendre poursuivre le mandat d’un président élu au suffrage universel direct ? Non ! Le député du 1er siège de Pana et du Caton Haute Lombo ne tient sa légitimité qu’à une poignée d’électeurs (1615 électeurs sur 2045) qui ne représente même pas 1% du collège électoral pour l’élection présidentielle (600 000 électeurs)

Et même si par extraordinaire cette révision de la Constitution, supposée être en préparation à la Cour constitutionnelle, arrivait à passer, elle ne pourrait logiquement être appliquée que pour le président qui entrera en fonction à l’issue de l’élection présidentielle de 2023. Dans cette hypothèse, le mandat du «remplaçant» devrait être aligné sur celui du chef de l’Etat.

Les atermoiements observables au sommet de l’Etat, les prétentions équivoques sur le fonctionnement des institutions ou encore les différents bonds de ballons d’essai suggèrent qu’Ali Bongo ne serait plus en mesure d’achever son mandat. Dans cette hypothèse, la sagesse recommanderait que celles et ceux qui ont reçu le mandat de protéger la Nation fassent preuve de probité politique, intellectuelle et morale pour la préserver de l’innommable. La transition politique est la meilleure voie pour sortir de l’impasse actuelle.

 
 

12 Commentaires

  1. Marie Madeleine Mbourantso veut-elle fuir le Gabon par La Guinée Equatoriale en passant par l’île Mbagniè ?

  2. SERGE MAKAYA dit :

    LA LETTRE DU CONTINENT EST COMPLICE DE CE JEU. DONC… LA FRANCE AUSSI. C’est pour savoir comment les gabonais vont réagir à une telle nouvelle.

    NON ! bien sur… Cette femme veut-elle être pendue ?

  3. Pourquoi compliquer les choses quand on peut faire simple? Entre Gabonais nous n’avons pas besoin des intermédiaires pour dialoguer. Lorsque la maison est en danger, il est naturel que tous ses habitants se mobilisent pour la sauver; sauvons le Gabon plutôt que de regarder, égoïstement, ses petits intérêts! Le Gabon ne mérite pas ce qu’on lui fait subir, et les responsables de cette situation le comprendront bientôt…Il faut suivre les signes…

  4. Barbe dit :

    Seigneur où va le Gabon, NKOGHE BEKALE est juste fort pour menacer le groupuscule de personnes qui réclament la vacance de pouvoir. Voilà MBOURANTSO est entrain de tuer la constitution du Gabon sans réaction de NKOGHE BEKALE qui se dit homme avec petit H, quel rigolo de se faire malmener par une femme qui n’a pas de queue, NKOGHE BEKALE tu es foutu devant tes yeux, tu acceptes des errements de ce genre, encore plus que tu faisais pas parti de la bande qui avait tué le Gabon depuis kala-kala. Pourquoi viens-tu t’imbiber directement à la mort définitive de notre Pays. NKOGHE BEKALE fais opposition de cette proposition à défaut quitte ce maudit gouvernement que l’imposteur tue toute une nation. Comment tu acceptes les plans sataniques de Mbourantso, en acceptant, tu auras imbibé toute ta famille et progéniture jusqu’à 10 génération dans le sang de la mort d’une nation et sera frappé d’une maladie incurable une à une de ta progéniture. NKOGHE BEKALE, tu auras profité de la situation de ce poste que tu as en libérant le pays qui est sous l’emprise du satan Mbourantso, MOUKOUBI ne peut pas être Président, il ne tiendra 6 mois si cette idée arrivait à se réaliser.

  5. Barbe dit :

    Chers opposants la situation du Gabon se retrouve sur les mains des grands investisseurs français tels que BOLORE, TOTAL, PETRO etc…voyez-les surtout BOLORE qui joue un grand rôle pour libérer notre pays, ce sont eux les manipulateurs de la France et qui donne la force au régime imposteur.

  6. CHRISTINE Madeleine dit :

    POURQUOI CETTE ENVIE A TOUT PRIX DE CONFISQUER LE POUVOIR ENTRE LES MAINS D’UNE RÉGION DU GABON ? POURQUOI CHERCHEZ-VOUS UNE GUERRE CIVILE ?

  7. piouf dit :

    va-t-elle oser?? on attend voir

  8. akal dit :

    Qu’elle ose. Le phénomène du Gabon est hautement spirituel. 3M ne sait plus à quoi s’en tenir. mes freres sa sentence a déjà été prononcée par le très Haut. la matérialisation de tout ceci n’est qu’une question de minutes je pèse mes mots, je dis bien minutes.

  9. Le maréchalat du Roi Dieu dit :

    Le Gabon, n’a pas de vrai LEADER POLITIQUE .

  10. AIRBORNE dit :

    3M cherche la guerre civil, elle sera la premiere à etre pendu, suivi des autres juges constitutionnels et les autres conspirateurs. L guerre civile viendra par elle, elle en sera responsable. On s’en fout pour ceux qui parle de la France qui manoeuvre en dessous, ce sont leur pion, apres elle enleve son corps.Guerre civile d’abord a cause de Mborantsouo, diplomatie apres.

  11. Zaza dit :

    Cet article est une honte pour votre site.
    Vraiment pitoyable. Un journaliste, qui ne découpe pas, ne vérifié
    pas une information d’un autre confrère, et venir publier sur son propre site est vraiment pitoyable.
    Je comprends qu’au lieu que les journaliste étrangers prennent des informations auprès des journalistes Gabonais, c’est le contraire. Ça fait pitié

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