Le ministre d’Etat aux Sports, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a échangé, le 27 mai, avec les journalistes sur trois points essentiels de l’actualité sportive nationale : le championnat national de football et son nouveau modèle économique, la restructuration de l’équipe nationale de football et le scandale de harcèlement sexuel et psychologique dans le football féminin.

Le ministre d’Etat aux Sports, Alain-Claude Bilie-By-Nze, le 27 mai 2019, à Libreville. © Gabonreview

 

Après une semaine tumultueuse dans le milieu du sport gabonais avec notamment la nomination d’un nouveau sélectionneur national, chargé de réformer et de restructurer l’équipe nationale de football, suivi de la clôture du championnat national de football et du scandale de harcèlement dans le milieu du foot féminin, le ministre en charge des Sports s’est s’expliqué.

Championnat national

S’exprimant sur le déroulement des championnats nationaux qui, malgré tout, ont pu se tenir au regard de nombreux écueils, Alain-Claude Bilie-By-Nze s’est félicité de leur organisation sans anicroches. Le week-end écoulé, en effet, la clôture de ces tournois est intervenue avec le sacre de l’Association sportive du Centre Mberi sportif (AO CMS), en première division, et de Bouenguidi Sports, en deuxième division.

Un moment de la conférence de presse du ministre d’Etat aux Sports, Alain-Claude Bilie-By-Nze, le 27 mai 2019, à Libreville. © Gabonreview

Rappelant que ces compétions ont bénéficié du sponsoring de Gabon Oil Compagny (GOC), le ministre des Sports s’est satisfait de cette contribution, notamment en ces temps où l’Etat enregistre des tensions de trésorerie. «Comme vous le savez, nous avons eu du mal à démarrer cette compétition cette année pour des raisons de trésorerie. Mais grâce au partenariat avec la GOC, le championnat s’est disputé cette année sans aucune interruption comme ce fut le cas pour la saison écoulée», a déclaré Bilié-By-Nze. Evoquant le nouveau modèle économique de ces championnats, il est revenu sur la nécessité d’un retour au sponsoring, au mécénat, dans le financement du sport afin de rendre les compétitions plus attractives et les clubs plus efficaces. «Il y a des fédérations qui arrivent à vivre du mécénat et sponsoring. L’Etat ne peut plus financer à 100% le sport en dehors des équipes nationales», a souligné le ministre.

Dans ce sens, les réformes doivent conduire les fédérations à contribuer au financement des disciplines sportives sur la base des mécanismes qui pourraient être liés à la loi sur le mécénat sportif, aux approches marketing que font déjà certaines fédérations, sans compter sur les ressources de l’Etat. «Beaucoup reste à faire dans ce domaine, mais un pas significatif a été franchi qui a permis, pour la première fois, depuis 2012, de terminer un championnat sans interruption et sans dette», s’est réjoui le ministre. «Nous voulons aller plus loin avec les entreprises», a-t-il dit, stipulant qu’il reste à la Ligue nationale de football professionnel (Linaf), la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) et aux clubs de proposer des formules idoines pour ces championnats. Il souhaite leur démarrage pour le mois de septembre prochain.

Restructuration et nouvel encadrement technique de l’équipe national

«Le choix du nouveau sélectionneur et du DTN (Directeur technique national) ne constitue que l’acte 1 de cette opération qui devra se poursuivre avec le choix des autres membres du staff technique et administratif», a expliqué le ministre des Sports, plantant le décor de la restructuration de l’équipe nationale de football. L’heure étant à la reconstruction, Alain-Claude Bilie-By-Nze a insisté sur un certain nombre de défaillances qui ne devrait plus s’observer en équipe nationale. «Il n’existe pas de titre foncier en équipe nationale», a clamé le patron des Sports avant d’ajouter qu’on devra, à l’issue de cette restructuration, pouvoir identifier toutes les catégories de l’équipe nationale.

Si l’on connaît déjà les noms du sélectionneur national et du DTN, Alain-Claude Bilié-By-Nze a indiqué que les autres postes sont vacants et restent à pourvoir. «La Fegafoot devra faire la proposition des hommes et femmes qui occuperont  les postes vacants de la nouvelle équipe. Mais nous ne souhaitons pas voir des personnes qui trainent des casseroles intégrer cette équipe que nous avons décidé de reconstruire», a-t-il mis en garde.

S’exprimant sur le choix de l’entraîneur, notamment sur la participation du gouvernement dans ce dossier, le chef du département des Sports a clarifié : «le ministère ne s’est pas ingéré dans le choix du sélectionneur et du DTN. Les choix qui ont été faits sont ceux de la Fegafoot et sa commission d’évaluation des candidatures». Toutefois, il a indiqué que les charges de l’équipe sont assurées par l’Etat. «Ce que nous recherchons, c’est la meilleur formule qui peut correspondre au développement de notre football».

La Coupe d’Afrique des nations (Can) de football 2021 au Cameroun et le Championnat d’Afrique des Nations (Chan) étant les prochains grands chantiers des Panthères du Gabon, Bilie-By-Nze a souhaité que les choses se fassent dans les règles. «Nous ne souhaitons plus que la composition de l’équipe nationale se fasse six mois avant. Il faut qu’il y ait de la concurrence à tous les niveaux», a-t-il dit. «Nous trouvons anormal que les meilleurs buteurs de nos championnat ne soient souvent pas sélectionnés. Nous organisons un championnat pour que les meilleurs joueurs puissent être appelés en équipe nationale», a-t-il rappelé.

Harcèlement sexuel et psychologique dans le football féminin.

Sur cette affaire qui défraie le chronique depuis la semaine passée, Alain-Claude Bilie-By-Nzé a été on ne peut plus clair. Il a prôné l’«impunité zéro». «Notre position est claire : impunité zéro. Comme nous l’avons indiqué dans notre communiqué, le sport doit demeurer un lieu d’épanouissement personnel, d’émulation, un facteur de solidarité et de construction de la nation sur des valeurs que porte le sport. Des valeurs qui sont universelles».

Des poursuites judiciaires ont été diligentées, à la demande du ministère des Sports, pour traquer et débusquer les indélicats. «Le sport doit être débarrassé de la mauvaise graine qui empêche le bon grain de germer et de s’épanouir en toute quiétude», a poursuivi le ministre, notant que «toute personne qui sera convaincue d’implication coupable devra en répondre. Nous mènerons une politique d’impunité zéroOn ne peut pas être dans le milieu du sport et craindre pour son intégrité physique et morale», a dénoncé le patron des Sports, s’en remettant aux conclusions de la justice.

 

 
 

2 Commentaires

  1. Brice BIYO'O dit :

    Merci Clitandre pour ton article.
    L’Etat ne peut plus financer à 100% dit le Ministre des sports et c’est normal. Permettez-moi de poser une question : Où vont les allocations de la FIFA et de la CAF destinées à la FEGAFOOT?

  2. moundounga dit :

    Bjr. La question est pertinente mais qui va te répondre objectivement à cette question. Amen.

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