Après plus de deux ans de silence, le mouvement Gabon nouveau départ (GND) de Roland Désiré Aba’a Minko, l’ancien allié de Jean Ping détenu à la prison centrale de Libreville, est sorti du bois, jeudi, pour évoquer les questions liées aussi bien aux relations entre le Gabon et la France, les manquements observés dans la Constitution gabonaise que le sujet du changement climatique.

Guy Arlain Nang Engo, porte-parole du mouvement citoyen GND, le 28 août 2019, à Libreville. © D.R.

 

Si Roland Désiré Aba’a Minko est détenu à la prison centrale de Libreville depuis juin 2017 pour avoir simulé l’attaque de plusieurs bâtiments administratifs de la capitale, Gabon nouveau départ (GND), son mouvement qui appelle à l’adoption d’une nouvelle relation entre le Gabon et la France, n’a pas cessé d’exister. C’est du moins ce qu’a souhaité démontrer, jeudi 29 août, Guy Arlain Nang Engo à la faveur d’une sortie à Libreville. Il aura fallu attendre plus de deux ans.

Pour briser son long silence, le mouvement GND a choisi de s’exprimer dans un premier temps sur son sujet de prédilection : les rapports entre la France et son ancienne colonie, le Gabon. Si le fondateur dudit «mouvement citoyen» avait fait sa campagne présidentielle, en 2016, sur le seul appel à la révision des accords de coopération entre les deux pays, son porte-parole a quant à lui abordé la question sous l’angle des manquements observés dans la Constitution gabonaise, qui feraient douter de ce que le Gabon soit véritablement indépendant.

«Après plus de 25 modifications constitutionnelles en 59 ans, a déploré Guy Arlain Nang Engo, la Constitution de la 1ère République gabonaise reste marquée par un certain nombre d’incongruités difficile à accepter. Il s’agit, entre autres, de l’absence dans notre Constitution de la date du 17 août 1960, date de naissance de l’État gabonais, date de l’Indépendance du Gabon, date de notre entrée dans le concert des Nations, date de notre accession à la souveraineté internationale ; de l’absence de la France, nom de notre puissant colonisateur ; de l’absence du franc CFA, notre monnaie parrainée par la France ; et de l’absence des neuf provinces du Gabon.»

Aussi, celui qui se présente comme le porte-parole de Roland Désiré Aba’a Minko a-t-il jugé «inacceptables et intolérables pour l’histoire du Gabon» ces manquements. «Pourquoi des omissions aussi graves ? Sommes-nous réellement un État indépendant ? Ou sommes-nous un État avatar de la France ?» s’est-il interrogé, avant d’embrayer sur la vision du mouvement GND quant à l’avenir du Gabon. Un avenir qui, selon lui, passe nécessairement par l’adoption de la Constitution de la 2e République.

Pour GND, en effet, ayant permis à deux candidats d’ethnies différentes (Ali Bongo et Jean Ping) d’arriver en tête des suffrages lors de la présidentielle d’août 2016, les Gabonais ont prouvé leur unité. Ils ont donc mis en pratique la valeur d’union contenue dans la devise du pays. Dès lors, «tout en demeurant vigilant, sans faiblesse et sans haine», le mouvement a invité Ali Bongo à «faire asseoir les forces vives de la Nation aux fins de penser, de concevoir puis d’adopter la Constitution de la 2e République gabonaise qui aura pour vision le travail, c’est-à-dire, la diversification totale de notre économie, socle nécessaire et suffisant pour atteindre la justice sociale dans le cadre de la 3e République».

Peu commun aux sujets habituellement abordés par le mouvement, la question du dérèglement climatique a été évoquée par GND, qui justifie  le réchauffement de la planète, à la conquête de l’espace.

 
 

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