Dégoût, écœurement, frustration pourraient être les mots qui définissent l’état d’esprit de certains militants du Parti démocratique gabonais (PDG), depuis le renouvellement des organes de décision avec la cooptation de plusieurs membres de l’Association de jeunes émergents volontaires (Ajev). Désireux de dire tout haut ce que pensent tout bas certains de ses frères d’armes, Biesnade Bibouthou Mbendjele, a adressé un courrier à Ali Bongo, dans lequel il dénonce la gestion scabreuse de ce parti et pointe du doigt son échec.

Au PDG, plusieurs camarades sont frustrés par les nouvelles nominations. © Gabonreview

 

Biesnade Bibouthou Mbendjele, l’auteur de la lettre à Ali Bongo. © Gabonreview

«Lorsqu’il y a un danger, en bon militant il faut interpeler le chef». C’est en ces termes que Biesnade Bibouthou Mbendjele, militant du Parti démocratique gabonais (PDG), tire la sonnette d’alarme au sein de la première formation politique du pays. Que s’y passe-t-il ? L’homme qui a géré des structures de base et organismes spécialisés du PDG, parmi lesquels l’Union des jeunes du PDG (UJPDG), a été pendant 20 ans, membre du Comité central. Durant 15 ans, il a été membre du Conseil national. La maison PDG, il l’a connaît et considère qu’elle va à la dérive. D’où son adresse à Ali Bongo, distingué camarade président de ce parti, le 14 juin.

Visiblement, la pilule a du mal à passer depuis la publication des nominations au sein du PDG. Comparant le PDG à une «chaussure qui pue», il prévient que plus d’un militant pourrait démissionner de ce parti où semble régner le non-respect des statuts et le copinage. En effet, rappelle-t-il, au sortir du congrès du PDG il y a un an et demi, ce parti avait opté pour les élections comme mode de désignation des membres des organes de décision afin de laisser la base s’exprimer. Or, contre toute attente, le 12 juin, Ali Bongo à travers une note signée de Dodo Bounguendza, secrétaire général du parti, a nommé de nouvelles personnes au détriment de plusieurs élus d’il y a un an et demi et au bonheur, entre autres, de plusieurs indisciplinés.

«Au département de Lékoko par exemple, le PDG a prononcé des cas d’indiscipline il y a quelques mois, et ce sont ces cas d’indiscipline qui sont promus», dénonce Biesnade Bibouthou Mbendjele. S’insurgeant contre «un coup de folie», il rapporte que ces derniers ont été éjectés par la volonté de «quelques faucons peu scrupuleux du devenir du parti» devenus des «nouveaux  faiseurs de rois». «Le scepticisme qui m’habite en ce moment pour le devenir du parti décrit avec exactitude la gestion scabreuse de l’État par des apprentis sorciers qui écartent obstinément la crème de l’intelligentsia de la Fonction publique au détriment d’une obsolète poignée d’individus venus du privé», a-t-il argumenté.

Il invite Ali Bongo, si c’est lui qui gère, à revoir sa stratégie politique. «Les pionniers de ce parti n’ont pas quitté le bateau de leur propre gré, mais au regard du dénigrement et des humiliations dont ils ont fait l’objet», a-t-il rappelé, dézinguant l’idéologie du PDG que Dodo Bounguendza a, tant bien que mal tenté de définir lors de son hommage à Omar Bongo. Pour lui, l’idéologie du PDG se définit en quelques mots : «division et spoliation du vivre ensemble». Il en veut pour preuve, le «bilan nul» d’Ali Bongo depuis le début de son second mandat.

«Si votre mandature reste marquée aujourd’hui par ce fiasco managérial, votre autorité intellectuelle est désormais décriée par plus d’un militant, même “hiérarques” qui se taisent dans un mutisme hypocrite», a-t-il écrit à Ali Bongo à qui il assure que «le PDG est une pomme infestée de vers qui entrainent le pourrissement du fruit jadis beau et appétissant». «Je m’insurge contre la promotion des novices qui tuent le pays et qui vont détruire le parti», a-t-il poursuivi.

Se présentant comme «le vrai PDGiste qui défend son parti», Biesnade Bibouthou Mbendjele dit être convaincu que sa lettre a été reçue par Ali Bongo. Auditionné par la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI), il dit avoir décliné les raisons ayant motivé son adresse. Le PDGiste mécontent espère qu’Ali Bongo comprendra son message qu’il résume en une phrase : «Il faut changer la méthode de gérer le pays».

 
 

4 Commentaires

  1. Paul Bismuth dit :

    “Comparant le PDG à une «chaussure qui pue», il prévient que plus d’un militant pourrait démissionner de ce parti où semble régner le non-respect des statuts et le copinage.” Pourtant le non respect des statuts et le copinage a toujours été la façon dont les pedegistes ont géré l’État depuis Omar Bongo. Il n’y a donc rien de nouveau sous l’équateur. Et je constate que c’est toujours lorsque “ces faiseurs de rois” vous retirent vos fromages de la bouche que vous prétendez défendre les intérêts de la plèbe. Auri sacra fames, restera toujours la devise des pedegistes.

  2. Meviane Lorraine dit :

    En sa qualité de chef de la magistrature suprême, au lieu de violer les lois, il devrait plutôt les protéger. Il vient de faire la démonstration d’un homme au dessus de lois. Pour rappel, Ali violé les lois de la république depuis son passage à la tête de la défense. Pour l’amateurisme et méconnaissance, il a fait partir les militaires de l’armée. Heureusement que beaucoup servent actuellement dans les armées du Congo, de la Guinée équatoriale, Cameroun et du Tchad. Certains sont dans les unités françaises. Il est donc un accoutumé de la violation des lois.

  3. Georges Lloyd Menest Antchouet dit :

    Rien que cet article prouve à suffisance qu’il était nécessaire de procéder, selon le DCP, à une circularité des élites au sein du Parti. Je soutiens cette initiative du DCP car, non seulement c’est le septennat de la jeunesse d’où la promotion des jeunes, mais c’est aussi la meilleure façon de préparer 2023. Car, ce sont ces jeunes là : Brice Laccruche Alihanga, Ike Ngouoni, Patrichi Tanasa; et le SG Éric Dodo Bouguendza, qui sont à l’origine des résultats des dernières élections. Il faut le reconnaître. Soutien indéfectible et total au DCP Son Excellence Ali Bongo Ondimba.

  4. 짐 - 루크 dit :

    Que peut produire un parti qui n’a jamais été capable de faire le ménage dans ses rangs? Même sans les guignols du MOGABO ,ou les pieds nickelés de l’AJEV et tous les autres sans oublier les nouveaux le délinquants chevronnés de RV etc….. une bien curieuse idée de notre ci beau pays désormais otage de voleurs. Les partis ineptes de ce genre heureusement sont mortels, De profundis. De même qu’on ne fait pas du vieux avec du neuf, on ne fait rien de valable avec une armée d’aigrefins.

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