Symbole de bravoure et de sacrifice pour la France, le monument en hommage au capitaine Charles N’Tchoréré a été «profané» le week-end écoulé à Libreville. Parmi les rares membres du gouvernement à avoir réagi, Franck Nguema s’est dit choqué par cet acte de vandalisme que ses auteurs ont tenté de présenter comme un hommage aux victimes des émeutes du 31 août 2016.

Le monument en hommage au capitaine Charles N’Tchoréré, le 31 août 2019. © D.R.

 

Érigé à proximité de l’immeuble Rénovation au centre-ville de la capitale, le monument en hommage au capitaine Charles N’Tchoréré  portait, dimanche, de nouveaux écriteaux n’ayant aucun lien ni avec les aptitudes du vaillant soldat ni avec son engagement et son sacrifice suprême pour la France, en juin 1940. Loin de là. Ceux-ci semblaient plutôt faire référence aux émeutes postélectorales du 31 août 2016. C’est, en tout cas, ce que suggère la phrase «On pousse, on sert, on ne lâche rien» taguée au pied de l’édifice, qui rappelle un des slogans des soutiens de Jean Ping, diffusé abondamment sur les réseaux sociaux par les «résistants» au pouvoir en place au Gabon.

Sur la Toile, cet acte de vandalisme est vivement critiqué, au point que certains internautes, à l’instar de Franck Nguema, le perçoivent comme une «profanation». Sur sa page Facebook, le ministre de la Culture et des Sports, un des rares membres du gouvernement à avoir réagi sur le sujet, regrette «un acte d’incivisme inacceptable» qui, selon lui, «souille l’histoire sacrée du Gabon».

Il faut dire que le capitaine Charles N’Tchoréré est un des héros du Gabon, bien qu’ayant donné sa vie pour la France, où il a été exécuté par l’armée allemande, à Airaines. Son ultime acte de bravoure face à l’ennemie : avoir refusé d’être considéré comme faisant partie des «untermensch»sous-hommes», en allemand).

En France, un monument a été érigé en 1965 en hommage capitaine d’origine gabonaise. Une avenue porte son nom à Airaines.

 
 

4 Commentaires

  1. Pascal NGOUA dit :

    Est-ce que Franck Nguéma s’est dit choqué aussi des massacres orchestrés par BOA au QG de Jean Ping le 31 août 2016 ? Le capitaine Charles N’Tchoréré est mort en homme libre. S’il était de notre génération, je crois qu’il se serait aussi battu pour la liberté du peuple gabonais. Oui: “On pousse, on sert, on ne lâche rien”

  2. diogene dit :

    Autant que le montre la photo, la statue est indemne, seul l’épitaphe est neuve.
    Quant au capitaine courageux, il est français, le Gabon n’existant pas en 1940.

    Le ministre si prompt à polluer le réseau, aurait gagné en prenant une brosse et en effaçant lui même ce cri de liberté puisque il sert le fascisme illégitime et illégale…

  3. Milangmissi dit :

    “C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé qui détermine la forme de lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense.” Nelson Mandela

  4. moundounga dit :

    Bjr.Le vandalisme désigne tout acte de destruction ou de dégradation gratuite visant des biens publics ou privés. Sur la photo il n’est ni question de destruction ou dégradation. Il s’agit “d’écrits”. Il serait souhaitable de ne pas trop faire dans le sensationnel face a un acte au demeurant répréhensible mais dont les objectifs des auteurs ne sont pas clairement établis. Enfin je pense que faire allusion au slogan de Jean PING en relation avec cela est un peu réducteur, car face à la situation “obscur” de Gabao en ce moment n’importe quel quidam peut profiter de la situation pour semer la confusion. Surtout que cette fois ci je n’est pas lu la phrase quotidienne: “des poursuites judiciaires seront… à l’encontre” des auteurs présumés Amen.

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