L’«Appel à agir» du Collectif des dix a-t-il fragilisé le pouvoir ? Celui-ci s’emploie à colmater les brèches nées de cette initiative demandant de déclarer l’incapacité d’Ali Bongo à assumer ses fonctions. Visiblement incapable de boucher correctement toutes ces fissures, le pouvoir a joué sa dernière carte en faisant revenir Ali Bongo à la maison, pour tenter de mettre fin au débat sur la vacance du pouvoir. Reste à savoir si l’effet recherché se produira effectivement.

Ali Bongo rentre-t-il au Gabon pour tordre le cou de l’«Appel à agir» ? © D.R.

 

Lancé le 28 février par le Collectif des dix pour exiger la vacance du pouvoir et mettre fin à la cacophonie au sommet de l’État, depuis le début des ennuis de santé d’Ali Bongo, l’«Appel à agir» n’a laissé personne indifférent. Moquée par certains, minimisée à l’extrême par d’autres, cette initiative a créé un électrochoc dans la sphère politique, au point de dicter l’agenda des instances de l’État.

Si le gouvernement a réagi peu après la sortie des dix, via sa porte-parole, pour les menacer (lire Santé d’Ali Bongo : Le gouvernement menace ceux qui exigent la vérité), l’initiative du Collectif des dix a sorti la toute puissante Cour constitutionnelle de son mutisme. Cet appel a aussi poussé le directeur du cabinet du président de la République à sortir du bois, ainsi que le Parti démocratique gabonais (PDG), lesquels ont mimé de manière infantile la stratégie du Collectif des dix.

En effet, les dénégations de la Cour constitutionnelle et surtout son ponce-pilatisme, ont brouillé l’effet recherché par sa communication, renforçant du coup la pertinence de la démarche du Collectif. Pour évacuer cette «eau de boudin», le directeur du cabinet a lancé son «Appel à agir», invitant les populations à fermer les yeux sur la crise institutionnelle actuelle et à mieux s’occuper de leurs caniveaux. Une démarche qui sonne comme un simple appel à la restauration de la journée citoyenne, devenue moribonde depuis des lustres.

Pris de court par cet appel considéré par certains comme la riposte de l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev), le PDG s’est remué pour ne pas être distancé par ce groupe politique qui le dévitalise de l’intérieur depuis trois ans et qui est devenu le vrai bouclier d’Ali Bongo. La démarche du parti au pouvoir ? Renifler les pas du Collectif, refaire le chemin parcouru par ce dernier pour délégitimer l’impératif de la déclaration de la vacance.

La vacance du pouvoir est-elle caduque ?

Contre toute attente, deux jours après «l’Appel à agir» du «dircab» et un jour après l’élaboration de la stratégie du PDG, le porte-parole de la présidence annonce dans un communiqué laconique, le retour du chef de l’État au pays le 23 mars. Soit huit jours avant l’expiration du «préavis» du Collectif des dix.

Simple hasard de calendrier ? D’aucuns diront oui, ce d’autant plus que lors de la prestation de serment du ministre de la Défense à Rabat, au Maroc, Ali Bongo avait demandé à la présidente de la Cour constitutionnelle d’attendre son retour courant avril, pour la rentrée solennelle de la Haute cour. Ce dernier était-il certain de recouvrer la plénitude de ses aptitudes à cette échéance ?

Sans mésestimer ce point de vue, le retour (définitif ?) d’Ali Bongo vise à clore le débat sur l’impératif de la vacance du pouvoir, suggérée par la gravité de ses ennuis de santé. Jusqu’ici, aucune institution n’a su convaincre par la pertinence de ses arguments, la justesse de sa démarche ou les preuves d’une expertise médicale, que le chef de l’État est toujours apte à assumer ses fonctions.

La plupart de ces arguments ont toujours été assortis de menaces. Un tel bouclier est incapable d’endiguer le filet d’eau actuel qui coule sur le lit d’une rivière essartée et élargie par ceux qui réclament une évaluation médicale des aptitudes du chef de l’État, pour se prononcer sur l’article 13 de la Constitution. Plus les jours passent plus ce filet d’eau se renforce et peut se transformer en un flot et nourrir un fleuve en crue. L’«Appel à agir» du Collectif des dix a peut être créé un appel d’air vivifiant pour la République.

 
 

2 Commentaires

  1. Bara dit :

    Bonsoir plaisir comment va votre santé Je vous sollicite si tous les présidents pouvaient être comme toi en Afrique l’Afrique

  2. Ossouka dit :

    J’ai du mal à comprendre qu’au Gabon il semble qu’il n’y a que la famille Bongo qui possède la science infuse. Lol !!!

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