Après ses frères d’armes tous proches de l’ex-directeur de cabinet d’Ali Bongo, le député du 2e siège du 5e arrondissement de Libreville, Arsène Nkoghe, a été interpellé le 23 novembre. Cette interpellation fait jaser au regard de son statut de parlementaire.

Le député Arsène Edouard Nkoghe. © RV

 

Membre du parti proche du pouvoir, le Rassemblement pour la restauration des valeurs (RV) et député du 2e siège du 5e arrondissement de Libreville, Arsène Nkoghé, qui a regagné l’hémicycle après avoir été limogé du gouvernement lors du Conseil des ministres du 7 novembre, a été interpellé le 23 novembre par des éléments de la Direction générale des recherches (DGR).

Si le procureur de la République limogé, Olivier N’Zahou, avait indiqué que les interpellations et auditions entraient dans le cadre d’une enquête ouverte pour soupçons de corruption et blanchiment de grande envergure, certaines indiscrétions assurent que le député a été entendu pour «détournement financier en bande organisée, enrichissement illicite et corruption».

Toujours entre les mailles des services spéciaux, Arsène Nkoghé grossit la liste des proches de Brice Laccruche Alihanga qui broient du noir depuis le limogeage de cet ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo. Cependant, contrairement aux autres, sa garde à vue fait polémique du fait de son statut de député. Au Gabon, la loi fondamentale tout comme le Règlement de l’Assemblée nationale, consacre l’immunité des parlementaires aussi bien pendant la durée des sessions que durant la période hors session. Concrètement, «tout membre du Parlement ne peut, pendant la durée des sessions être poursuivi, recherché ou arrêté».

Toutefois, si cette immunité se lit sous le prisme de l’irresponsabilité et de l’inviolabilité, elle ne place pas l’élu au-dessus des lois. Le député peut donc être poursuivi avec l’«autorisation du Bureau de l’Assemblée» qui n’est pas requise en cas de «flagrant délit».

Que dit Faustin Boukoubi ?

Si les autorités et l’Assemblée nationale sont attendues pour éclairer l’opinion sur les contours de l’interpellation de ce député, il reste que le Règlement de l’Assemblée nationale prévoit des cas de «levée de l’immunité parlementaire» pour une éventuelle comparution devant l’autorité judiciaire à des fins d’incarcération, ainsi que des cas de «suspension des poursuites déjà engagées». Mais là encore, il faudra la tenue d’une commission ad hoc composée de 11 membres nommés en fonction de la configuration politique de cette chambre du Parlement.

 
 

1 Commentaire

  1. bill ngana dit :

    Cette affaire est-elle si immense qu’on ne nous a pas encore tout dit ? Cette flopée d’arrestations dans toutes les sphères de l’Etat, accompagnées du rappel des liens des personnes poursuivies avec l’ancien dircab, semble démontrer qu’il y aurait plus de rats dans le sac de riz qu’on ne veut pas nous le dire.

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