Faute de banque à Makokou, les agents publics de l’Etat y étant affectés font de périlleux aller-retour vers Libreville ou Oyem, pour percevoir leurs salaires. Un véritable calvaire pour les fonctionnaires, qui pourraient cependant entrevoir le bout du tunnel.

Les fonctionnaires en poste à Makokou vivent un véritable calvaire. © D.R.

 

Chef-lieu de la province de l’Ogooué-Ivindo, Makokou vit une situation difficile avec l’absence d’établissements crédit, plus précisément les banques. Un véritable handicap vu le rôle de la banque dans une économie, notamment en termes de moyens de paiement.

La banque permet notamment aux particuliers d’utiliser les ressources qui parviennent sur leur compte bancaire (salaire, prestations et autres revenus) en émettant des chèques, en effectuant des retraits d’espèces, en réglant par carte bancaire ou en effectuant des virements. C’est justement là où le bât blesse pour les fonctionnaires en poste dans cette localité.

En l’absence de banques dans cette localité d’environ 55 000 âmes, les agents publics, estimés à près de 1300 en 2013, sont dans l’obligation de se rendre à Oyem ou à Libreville, donc à parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour percevoir leurs salaires. «Chaque fin de mois, les bus de voyages se remplissent de fonctionnaires pour Libreville ou Oyem. Vu l’état de la route entre Ovan et Makokou, ou encore les frais de transport et d’hébergement que ces déplacements impliquent, ce n’est vraiment pas la joie», regrette l’épouse d’un fonctionnaire ayant requis l’anonymat.

Certes Makokou dispose d’une agence Postbank, mais celle-ci n’est plus fonctionnelle depuis belle lurette. Présente dans la ville depuis novembre 2016, l’Epargne et développement du Gabon (EDG) reste limitée à l’épargne et au transfert de fonds. Une agence du Trésor public est également disponible dans la ville, mais celle-ci paye uniquement les petits salaires de l’Etat, très minoritaires. Du coup, le gros de agents de l’Etat doit rallier Oyem ou Libreville.

«Cela fait plus de quatre ans que mon frère vit à Makokou. Et chaque mois, il est contraint de descendre sur Libreville avec tout ce que cela implique coûts et risques», déplore un jeune cadre de l’administration vivant à Libreville. Un véritable manque à gagner pour l’activité bancaire à Makokou dont la masse salariale des fonctionnaires a avoisiné les 7,8 milliards de francs CFA en 2013, contre 6 milliards en 2010.

Le fief politique de l’actuel ministre des Sports ou de l’ancien Premier ministre (Emmanuel Issoze Ngondet) n’est cependant pas un cas isolé. À Lastoursville par exemple, dans l’Ogouée-Lolo, les fonctionnaires sont obligés de rejoindre Mouanda (Haut-Ogouée) pour toucher leurs salaires. Toutefois, les tourments des agents publics de Makokou pourraient trouver une solution, avec l’arrivée attendue de la Financière africaine de micro-projets (Finam).

Premier établissement de microfinance de 2e catégorie du pays, la Finam offre en effet la possibilité de domicilier les salaires des fonctionnaires, les agents de la main d’œuvre non permanente, les agents du privé ainsi que les retraités. «Une équipe de Finam était récemment en inspection à Makokou. Son implantation dans la ville est imminente», a révélé une source bien introduite dans le milieu de la finance. D’ici là, les agences de voyage se frottent encore les mains.

 
 

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