Réclamant leurs salaires, les enseignants grévistes des promotions 2014, 2015 et 2016 des grandes écoles en ont marre. Le 15 avril à Libreville, ils ont tenu le gouvernement pour responsable de tout débordement qui pourrait découler de leur situation de précarité.

Les enseignants durant leur piquet de grève à la Cathédrale Sainte-Marie, le 15 avril 2019 à Libreville. © D.R.

 

Les enseignants des promotions 2014, 2015 et 2016 des grandes écoles, en grève depuis quatre mois, sont à bout. Face au statu quo de leur situation, ils sont montés au creux le 15 avril à Libreville pour interpeller une fois de plus le gouvernement. Ils envisagent de passer à la vitesse supérieure. Les grévistes ont prévenu que «le gouvernement sera tenu pour seul et unique responsable de toute sorte de débordements que son insensibilité et sa surdité actuelles pourraient occasionner si jamais cette situation venait à perdurer».

Depuis la fin de la fin de leur formation, ces promotions de l’École de nationale des instituteurs (ENI), l’École normale supérieure d’enseignement technique (Enset), l’École normale supérieure (ENS) et l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS) ont été déployées sur l’ensemble du territoire national sans fiche sans salaire, en violation flagrante de la loi 001/2005 du 04 février 2005 portant statut général de la Fonction publique.

«Face à ce mutisme méprisant et persistant du gouvernement, nous avons engagé plusieurs démarches administratives à l’endroit de certaines institutions, restées infructueuses à ce jour», ont regretté les enseignants. Ces derniers ont notamment adressé des correspondances aux ministres de l’Éducation nationale et du Budget en 2017, à la présidence de la République en 2018. Les enseignants se sont résolus à déposer un préavis de grève auprès de leur tutelle, en janvier dernier, qui a débouché sur une grève toujours en cours.

«Depuis lors, nous nous retrouvons éloignés de nos domiciles familiaux laissant derrière nous conjoints et enfants à notre charge. Après moult promesses non tenues quant à la régularisation de notre situation administrative et financière, nous ne pouvons plus nous résoudre à accorder le bénéfice du doute au gouvernement. De plus, toutes les entités gouvernementales avec lesquelles nous avons échangé à ce sujet ont brillé par une incohérence intolérable», ont déclaré les grévistes.

Acculé par cette interminable grève, le gouvernement a lancé, 18 mars, une opération de recensement physique visant à définir le nombre réel des enseignants concernés avant de régulariser leur situation. «Le gouvernement tire la procédure en longueur en avançant des arguments fallacieux pour nous maintenir dans un esclavagisme sans précédent teinté d’une déshumanisation de notre personne», ont estimé les grévistes. Excédés, ils ont prévenu le gouvernement face aux débordements qui pourraient découler de leur situation précaire. Reste à savoir quelles actions seront engagées sur le terrain par les grévistes.

 
 

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