En proie à de sérieuses difficultés, l’École nationale pour les enfants déficients auditifs (Eneda) peine à lancer la rentrée académique 2019-2020. Une situation pour laquelle les parents d’élèves et l’Association des sourds-muets du Gabon (ASMG) souhaitent l’implication urgente du gouvernement.

Vue partielle de l’Eneda. © D.R.

 

Henri Bouegni Lepoko. © D.R.

La spirale négative dans laquelle est plongée l’École nationale pour les enfants déficients auditifs (Eneda) depuis deux ans n’est pas prête de s’arrêter. Cette année encore, l’établissement a raté le départ de la rentrée des classes. «Ce n’est pas croyable !», s’est exclamé le directeur général de l’Eneda.

«Pour un établissement qui vient d’être rénové, on repart totalement à zéro. C’est un gros dégât, tout est à refaire. C’est ce qui va malheureusement nous contraindre à repousser la date de la reprise des cours», a regretté Jean Sylvestre Nzong Mombo.

Déjà en proie à des tensions de trésorerie, l’établissement vient de se faire dérober plusieurs équipements : ordinateurs, imprimantes, climatiseurs, etc. «On me demande de payer un gardien, mais avec quel argent ?», s’est interrogé le directeur général, qui se plaint du travail de sape des efforts déployés pour la prise en charge des apprenants de l’Eneda.

Le retard à l’allumage de la rentrée scolaire au sein de cet établissement inquiète sérieusement les parents d’élèves. «Nous, en tant que parents, ça nous fait mal de voir que ces enfants n’ont pas les mêmes possibilités que les autres», a déclaré un parent d’élève. Pour Brigitte M, les enfants sourds-muets n’ont pas les mêmes chances de réussite que les “normaux”, au regard notamment de la non-intégration de la langue des signes dans l’éducation des enfants.

«Nous avons les enfants de l’année 2018-2019 qui ont pu avoir leur entrée en 6e et qui sont au Collège bilingue. Nous sommes surpris qu’il n’y ait pas d’interprètes pour les suivre où ils sont», s’est-elle désolée, soupçonnant un manque de volonté politique.

Pour l’Association des sourds-muets du Gabon (ASMG), ce manque d’accompagnement dénoncé par les parents d’élèves nécessite un effort financier particulier. Avec l’appui de l’association, les parents souhaitent que le gouvernement examine ces questions afin de «voir ce qui est faisable». «Nous, en tant qu’association des sourds, nous voulons une seule chose : que le gouvernement fasse quelque chose pour l’éducation des sourds au Gabon. Qu’il trouve une solution», a déclaré Henri Bouegni Lepoko, secrétaire général de l’ASMG.

 
 

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