Vu en septembre en compagnie de l’ex-directeur de cabinet du président de la République, l’opposant Frédéric Massavala s’est défendu samedi d’avoir trahi son camp. L’ex-porte-parole de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) a dit s’être affiché avec Brice Laccruche Alhianga pour des raisons précises, liées notamment à son nouveau positionnement politique.

Frédéric Massavala et Brice Laccruche Alhianga en septembre 2019, à Mouila. © D.R.

 

Frédéric Massavala Maboumba l’assure, après avoir passé près de 20 mois en prison, il n’a pas moins cessé d’être opposant, donc contre le pouvoir en place. Et si certains de ses compagnons lui tiennent rigueur de s’être librement montré en compagnie de Brice Laccruche Alhianga en septembre denier, il refuse néanmoins l’étiquette de «traitre» que ses anciens alliés de la CNR lui ont collée. Cette rencontre avec l’ex-directeur de cabinet du président de la République à Mouila, dit-il, reposait sur trois raisons précises.

La première était d’ordre «spirituel», a-t-il justifié, samedi à la faveur d’une conférence de presse à Libreville. Pendant ses 19 mois de captivité, Frédéric Massavala a énormément lu la Bible. «J’ai réalisé la vacuité des extrêmes», y compris dans les positions politiques. «J’ai compris que le meilleur pour notre pays est d’abord collectif». C’est donc pour proposer sa vision à l’ex-directeur de cabinet d’Ali Bongo qu’il avait été amené à le rencontrer au cours d’un dîner auquel avaient pris part ministres et cadres politiques originaires de la province de la Ngounié.

La deuxième était d’ordre «humain», et concernait la situation des opposants incarcérés à la prison centrale de Libreville, pour certains depuis plus de deux ans. Frédéric Massavala ne connaît que trop bien la réalité des conditions de vie de Bertrand Zibi, Pascal Oyougou ou Landry Amiang. Aussi dit-il être «prêt à aller parler à n’importe qui», y compris aux tenants du pouvoir pour la libération des opposants. «Le sort de mes amis qui continuent de subir les affres de la prison me préoccupe. Devrais-je les abandonner parce que je suis relativement libre aujourd’hui ?» s’est-il interrogé, disant ne pas vouloir s’arrêter tant que ses «amis» n’ont pas été libérés. L’ancien allié de Jean Ping assure par ailleurs que son plaidoyer est en passe de porter les fruits escomptés. Mais il affirme également que le limogeage de Brice Laccruche Alhianga de la présidence de la République n’en sera pas un frein. «Il n’est pas le seul à qui j’ai parlé», a précisé M. Massavala.

La troisième raison ayant conduit Frédéric Massavala Maboumba auprès de l’ancien collaborateur d’Ali Bongo est d’ordre «personnel». Elle concerne sa situation professionnelle. Le lendemain de son incarcération, l’opposant dit avoir vu son salaire coupé. «Je suis allé pour plaider mes droits de fonctionnaires ayant vu ses émoluments bloqués dès son arrestation. Ceux-ci n’ont d’ailleurs pas encore été débloqués, alors que je ne suis ni à la retraite ni radié des effectifs de la fonction publique», a-t-il expliqué.

 
 

1 Commentaire

  1. FINE BOUCHE dit :

    Donc c’est le dircab qui permet a ce que l’on touche nos salaires suspendus.
    Les organismes sont déshabillés de leurs prérogatives, tellemement l’omniprésence de quelques personnes est énorme. Et dire que nos institutions sont fortes, je me permets d’en douter.

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