Souvent conviés à saluer le chef de l’Etat à sa descente d’avion lors de ses retours au Gabon, les membres du gouvernement Nkoghé Békalé, à l’exception de Lambert Noel Mata et Rose Christiane Ossoucka Raponda, ont étrangement été écartés de la célébration protocolaire relative au retour d’Ali Bongo, le 23 mars. Une étrangéité, dans l’histoire du Gabon, qui a suscité beaucoup d’interrogations.

Régis Immogault, Guy Bertrand Mapangou, Fidèle Otandault.. les ministres, pourtant d’Etat, n’ayant pas été conviés à s’approcher d’Ali Bongo à son arrivée, le 23 mars2019 à l’aéroport international Léon Mba. © facebook/PresidenceGabon

 

Un communiqué circulant sur les réseaux sociaux, attribué au Secrétariat général du gouvernement mais non authentifié, a dressé la liste des personnalités autorisées d’accès au salon d’honneur du pavillon présidentiel pour l’arrivée, le 23 mars, du président de République. Seul le vice-président de la République, le Premier ministre, le ministre de la Défense nationale, le ministre de l’Intérieur et les commandants en chefs de forces de défense et de sécurité étaient admis au salon d’honneur pour saluer Ali Bongo à son arrivée.

Les autres membres du gouvernement, précisait le communiqué, «seront à l’extérieur du pavillon présidentiel et leurs véhicules stationnés à l’extérieur de la clôture du pavillon présidentiel. Ils pourront utiliser les parkings ADL par exemple». Si la mesure répondait à un impératif sécuritaire aux abords de l’aéroport vu l’importance annoncée de l’évènement, elle étonne tout de même. Dans l’histoire du Gabon, les membres du gouvernement ont toujours été conviés à accueillir le chef de l’Etat à sa descente d’avion. De plus, les honneurs militaires ont toujours été suivis des salutations aux ministres. Pour un retour au pays du chef de l’Etat aussi solennel que celui de samedi, l’opinion s’est étonnée de cette mesure.

Le communiqué n’ayant été relayé que dans les réseaux sociaux la veille de l’arrivée d’Ali Bongo, Gabonreview en doutait un tantinet. À la vérification, il en est ressorti que le message avait fuité du groupe Whatsapp du gouvernement… sans doute de certains ministres mécontents. Si on pouvait continuer d’en douter, à l’épreuve des faits le contenu du communiqué a été confirmé.

Il a été constaté, en effet, que parmi les personnalités autorisées au salon d’honneur du pavillon présidentiel, seul Pierre Claver Maganga Moussavou était absent. Ce qui s’explique : il était à Bujumbura avec les Panthères du Gabon. À contrario, au titre des membres du gouvernement, seuls le Premier ministre, Julien Nkoghé Békalé, le ministre de l’Intérieur, Lambert Noel Mata, et le ministre de la Défense nationale, Rose Christiane Ossouka Raponda, étaient visibles tel qu’indiqué par le communiqué.

Confirmant également le fameux message Whatsapp  signé SGG (Secrétariat général du gouvernement), une photographie, diffusée par le service de la Communication présidentielle, a provoqué la raillerie sur les réseaux sociaux. Celle-ci montre tous les autres ministres, donc les exclus du salon d’honneur, cloitrés dans un coin et saluant Ali Bongo à distance comme des citoyens lambda. Au premier plan de la photo, on reconnait aisément Régis Immogault (ministre d’Etat), Guy Bertrand Mapangou (ministre d’Etat), Fidèle Otandault (ministre d’Etat) et Léandre Zué, le maire de Libreville, lorgnant avec étonnement.

Il n’en fallait pas plus pour que l’opinion s’interroge. Pour quelle raison a-t-on écarté les ministres de l’arrivée du président de la République ? Pour certains, cette scène ubuesque et étrange, nourrit la thèse d’une mise en scène de l’arrivée du chef de l’Etat. Sinon, qu’avait-on à cacher à ses collaborateurs censés l’avoir rencontré lors du dernier Conseil des ministres et qui devraient davantage le rencontrer, maintenant qu’il est censé être rentré pour travailler. Le dernier Conseil de ministres était-il donc une autre mise en scène, se demandent de nombreux internautes gabonais. Que doit-on retenir de la mise au ban de 33 membres d’un gouvernement qui en compte 37 ? Autant de questions qui alimentent fantasmes, spéculations et extrapolations ; des questions auxquelles ni le Protocole d’Etat, ni le gouvernement, n’apportera jamais des réponses. Chiche !

 
 

19 Commentaires

  1. Serge Makaya dit :

    Réponse:parce que ce Mr n’est pas Ali Bongo. BOA est MORT depuis octobre 2018. Que les supporters d’Ali Bongo cessent d’être RIDICULES. Votre star est bien MORT depuis octobre 2018.

    J’ai travaillé aux renseignements, et je sais PARFAITEMENT ce que j’écris. Continuez à vous ridiculiser. La France et le Maroc se FOUTENT bien de vos gueules. Pauvres gabonais.

  2. Julien dit :

    Pour cacher la vérité. La vérité est qu’Ali Bongo est mort depuis octobre 2018. Le reste n’est que de la POUDRE AUX YEUX. Pauvres gabonais qui se laissent enfumer par la France et le Maroc.

  3. Akoma Mba dit :

    Le Gabon, un peuple mort comme son chef!!!

  4. Léon Nkogue dit :

    Si ce régime pourri veut VRAIMENT convaincre la totalité des gabonais, qu’il fixe une rencontre de cet “Ali Bongo” (je n’y crois pas) avec quelques membres de l’opposition (y compris Jean Ping). Mais Jean Ping sait déjà qu’Ali Bongo est bien MORT.

  5. Ndong Alexis dit :

    Autre question : où se cachait 3M ? Elle a été invisible samedi. Bizarre…
    Les français et les marocains se FOUTENT bien des gabonais. A Ntare Nzame !

    • Moussavou Jacques dit :

      Ndong Alexis. Pourquoi ne demandez vous pas où se cachait le président du conseil d’état ? Vous tous la qui entretenez la confusion. Que devait faire un représentant du pouvoir judiciaire là ?

  6. Ulys dit :

    La prochaine pièce théâtrale est fixée pour quand ?

  7. Biteghe Albert dit :

    Moi je suis fatigué qu’on ridiculise les gabonais et surtout nous qui sommes au PDG. Si nous ne pouvons même plus toucher le grand camarade Ali Bongo, à quoi cela nous sert-il de venir à sa rencontre ?

    Si notre grand camarade ne peut taire les rumeurs sur son “décès” en proposant une rencontre avec ces opposants qui nous font croire qu’il est mort, c’est donc vrai qu’il est mort ?

    Cela ne coûte rien une réunion d’une heure au palais présidentiel en présence de quelques leaders de l’opposition. Et ainsi il n’y aura plus de doute sur sa réelle guérison. J’espère que les responsables du parti réagiront à mon post.

  8. Mezzah dit :

    “DIEU ne nous a pas permis de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire”. Résultat: Accrombessi (AVC et devenu inutile), ABO (AVC mort ou légume, l’un ou l’autre c’est pareil). A qui le tour? 3M peut-être.
    DIEU vous aura un à un.

  9. Plutonium 241 dit :

    L’information et la photo qui l’accompagne montrent la fatuité du personnel dirigeant et du pouvoir dans toute sa splendeur au Gabon actuellement. Comment peut-on avoir comme objectif de vie et comme projet de société d’être traités comme du bétail juste en échange des prébendes de la rapine?Le pire étant qu’au regard de la photo beaucoup d’esclaves (ceux de maison comme ceux de dehors) sont fiers de leur condition . Il ne reste plus longtemps encore ….

  10. Konkona dit :

    Bon courage vaillant peuple Gabonais. Aujourd’hui, la question d Ali BONGO n est plus une question seulement des Gabonais mais plutôt de toute l Afrique. J ai honte à la place de la France et de ses alliés comme le Maroc. Posez vous simplement la question de savoir si ce qui se passe au sommet de l Etat Gabonais est acceptable en France? Macron, l actuel Président Français a beau tourné en pyromane, finira un jour par mourrir de honte. Lui qui laisse croire aux Africains que le pays africain qui souhaite quitter le franc CFA peut le faire. C est triste. Dans tous les cas, Dieu n abandonnera pas le vaillant peuple du Gabon. Sa souffrance prendra fin tôt ou tard. Les manipulateurs Gabonais qui tentent de tromper le peuple Gabonais paierons leurs bêtises tôt ou tard. Le Gabon n est pas et ne sera jamais une propriété privée des BONGO et aucun BONGO n est et ne sera au dessus la loi. Honte aux lèche botte. Vive le vaillant peuple du Gabon. Malheur à ceux qui baillonnent leur peuple.

  11. Jones dit :

    Aucun ministre n’a été marginalisé, ils ont été traités à leur juste valeur !

  12. onero dit :

    Dans ce pays nous n’avons que des journaleux .Ce constat devrait emmener les journalistes a poser des questions aux ministres ( Arnaud ENGANDJI et autres …) au lieu de leur permettre de venir chanter les louanges du Raïs .
    Nos journalistes sont comme des fougères ( djogolo ) que l’on trouve chez moi à l’Ogooué . Sans racines bougent au gré d’un passage d’une pirogue .

  13. Maroga Freeman dit :

    El Hadj Omar Bongo Ondimba disait à propos de ses ministres :”je peux faire d’un ministre un chien et d’un chien un ministre “. Pensez vous que son fils et partant les tenants du pouvoir aient une autre vision ? Au delà de leur compétence, c’est gents sont choisis pour leur “béni-oui ouisme”. La plupart des temps ils sont tenus à l’écart des grandes décisions engageant la nation, obligés d’avaler les couleuvres et de répéter des paroles creuses.

    Discutés avec eux en privé. ..vous verrez l’amertume qu’ils ont ! Mais ils restent dociles pour ne pas perdre leurs privilèges…de véritables chiens!!!

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