Démissionner d’un parti politique ? C’est dans l’air du temps et c’est littéralement devenu un phénomène de mode au Gabon où il ne se passe plus de journée sans que l’on ne diffuse, à travers les médias de service public, des démissions en cascade. Une opération qui interpelle et invite à un questionnement, tant les façons de procéder son généralement les mêmes et les explications parfois farfelues voire saugrenues. Quid de ces démissions et que valent-elles ?

Les séparations de certains militants d’avec leur formation politique interpellent et invitent à des questionnements, tant les façons de procéder et les explications sont parfois farfelues voire saugrenues. © Gabonreview/Shutterstock

 

Au gré des fluctuations du temps, des événements et plus particulièrement de l’activité politique dans le pays et des «hommes forts» de l’arène politique locale, des vagues de démissions dans des partis politiques sont régulièrement enregistrés, parfois pour des motifs aussi fallacieux qu’incongrus. Chaque démissionnaire ou renégat y allant généralement du sien pour tenter de justifier son acte. Bien souvent, les arguments frisent le dénigrement, voire de la diffamation envers la formation politique quittée, parfois les faits reprochés ne sont tout juste pas avérés. Que cachent en effet ces démissions ?

Au cours de ces trois derniers mois, pas moins de cinq groupes de militants, démissionnaires de plusieurs partis de l’opposition et présentés à renfort de publicité par les médias de service public ont été enregistrés. Les plus récents sont les militants du Parti social-démocrate (PSD) de l’ancien vice-président de la République, Pierre-Claver Maganga Moussavou. Leur démission intervient moins d’une semaine après son limogeage de la mésosphère politique du Gabon. Ayant pour prétexte «l’attitude ambiguë de leur mentor», les transfuges du PSD estiment que celui-ci ne respecterait pas les engagements du parti en faveur des militants, notamment dans la Louétsi Wano. Ils s’offusquent également du fait que le président du PSD aurait «des pratiques tendant à exclure certains au détriment d’autres», dénonçant au passage un népotisme dont ils s’étaient pourtant accommodés jusqu’au déboires politiques de Maganga Moussavou.

Un peu avant, le 25 mai dernier, des militants de l’Alliance pour le changement et la restauration (ACR) de Bruno Ben Moubamba et d’autres du Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) d’Alexandre Barro Chambrier, issus de nombreuses provinces, avaient quitté leurs navires respectifs. Ici les motifs de la démission étaient des plus évasifs. Mais avant eux, c’étaient des militants du Bloc démocratique chrétien (BDC, Majorité) qui avaient également décidé de rompre avec leur formation politique, tout comme l’avaient fait quelques semaines auparavant, quelques membres de l’Union du peuple gabonais (UPG), tendance Mathieu Mboumba Nziengui.

S’ils dénoncent généralement la léthargie dans laquelle se trouve leur parti, le manque de vision politique, le climat délétère au sein de ces formations, il reste que deux dénominateurs communs caractérisent ces démissionnaires : pour l’essentiel, «ils sont d’illustres inconnus dans le milieu politique», comme l’affirme un observateur, et fait notable : ils intègrent tous la formation politique dite les Sociaux-démocrates gabonais (SDG). Anciennement connus sous l’appellation de Front Patriotique des Ferrailleurs (FPF), cette nouvelle formation politique, disent-ils, ayant «des idéaux progressistes» cadrant avec leurs aspirations et les attentes des populations qui aspirent à un meilleur vivre ensemble.

Or, cela saute à l’œil lors des sorties des SDG : il ne s’agit ni plus ni moins que d’un parti résolument ancré dans la Majorité présidentielle pour l’émergence. De ce fait, l’opinion se demande «ce qui motive tous ces militants à courir vers ce parti qui n’a pas encore d’état de service palpable dans le pays». Si l’image de ce parti n’est pas encore ancrée dans l’opinion publique, il reste qu’il a réalisé une étonnante récolte lors des dernières élections : 5 députés, 5 maires, 3 présidents de Conseils départementaux. Ce qui en fait le 3ème groupe parlementaire à l’Assemblée nationale. Ce qui n’explique toujours pas pourquoi tous les démissionnaires notés ne vont pas au PDG, le parti au pouvoir.

«On voit ces dernières semaines des démissions qui nous prennent une bonne partie du journal de Gabon Première. Ils vont tous au SDG. Un parti très peu connu et dont on ne sait même pas qui est le président», a raillé un téléspectateur. Pour ce dernier, «les néo-militants du SDG ont certainement des raisons inavouées qui les orientent inéluctablement vers ce parti […] Sinon, comment comprendre que d’un coup, tout le monde va au SDG ?».

Au-delà de la préoccupation de ce quidam, largement partagée au sein de l’opinion, on se demande ce que valent véritablement ces démissions. «Ne sont-elles pas à buts lucratifs ?», «Pourquoi faire du bruit pour des démissions quand on ne se souvient même pas du jour où on a intégré la formation quittée ?», «Qui finance ces passages à la télévision ?», «Qui se cache derrière ces opérations ?»… Autant de questions que se pose l’opinion qui voit en ces manœuvres «des jeux politico-politiciens, sans lendemains».

 

 
 

2 Commentaires

  1. Manono dit :

    Peut être que c’est bientôt les élections. On les prépare déjà à soutenir celui que la France aura décidé d’être président.

  2. Metimbé Fa dit :

    De 1990 à aujourd’hui le pdg a usé de cette stratégie ki ne lui a attiré que des mange-mils résultats Omar Bongo obligé d’utiliser les armes pour se maintenir au pouvoir contre Mba Abessole et Mamboundou. Ali recupère ce plat faisandé et le sert au peuple resultats il se maintient grace aux armes contre Mba Obame et Ping. En manque de trouvaille le pdg n’en pouvant plus les SDG recupèrent ce meme plat, enlèvent kelke asticots et le servent à nouveau. Cette fois- ci le peuple ne voudra même plus en sentir l’odeur. L’association ABBC (a dzi bour biom cado entendez “manger les choses des gens cadeau), aussi est en ordre de bataille. Qui vivra verra!

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