Excédés par la longue détention de leur client, Ange Kevin Nzigou et Jean Paul Moubembé ont tiré la sonnette d’alarme sur l’inquiétante détention «arbitraire» dont est victime Landry Amiang Washington.

Portion d’un photomontage demandant la libération d’Amiang Washington. © LaVoixDuGabon

 

À la faveur d’une conférence de presse le 5 juillet à Libreville, Maitres Ange Kevin Nzigou et Jean-Paul Moubembé ont fustigé la «détention arbitraire» de leur client Landry Amiang Washington qui aurait, selon eux, dû être libre depuis le 16 juin, conforment aux dispositions de l’article 387 du Code de procédure pénale.

Ange Kevin Nzigou et son confrère Jean Paul Moubembé lors de leur conférence de presse, le 5 juin 2019, à Libreville. © Gabonreview

Arrivé des Etats-Unis, Landry Amiang Washington avait de «façon rocambolesque» arrêté à l’aéroport de Libreville puis placé sous mandat dépôt en août 2016. Après deux ans de détention préventive à la prison centrale de Libreville, il a écopé d’une peine de prison de 3 ans assortie d’un sursis de 4 mois. Cette peine a été prononcée lors  de sa comparution le 5 avril 2019 pour des faits d’escroquerie, outrage au chef de l’Etat et incitation à la révolte contre les autorités de l’Etat.

Ayant déjà purgé sa peine, Landry Washington aurait dû recouvrer la liberté, le 16 juin 2019. Malheureusement, il avait été maintenu en prison en raison d’un appel fait par le procureur de la République. S’il reconnaît le caractère légal de l’appel du procureur, Ange Kevin Nzigou relève toutefois que celui-ci ne figure nullement dans le registre contenant des appels se trouvant au greffe du procureur.

Selon l’avocat, les dispositions de l’article 387 du Code de procédure prévoient que «lorsqu’une personne bénéficie d’un sursis mais maintenu en prison en raison d’un appel, elle doit être jugée dans un délai de deux mois. Au-delà de ce temps, la personne est mise en liberté». Or, regrette Ange Kevin Nzigou, jusqu’à ce jour Landry Amiang Washington n’est toujours pas jugé, bien que les deux mois soient largement dépassés depuis le 16 juin. En dépit des appels, rappels et saisies formulés par les avocats au procureur ainsi qu’au ministre de la Justice, rien n’a changé. La situation devient de plus en plus inquiétante pour ses conseils. «Vu que c’est le temps de vacances judiciaires mais nous n’avons pas de suite des rapports qui sont faits de la montée du dossier du parquet de la République au parquet général pour être connu par la Cour d’appel. Plus grave, les audiences dans ce pays ne commencent que vers le mois de novembre», a regretté Ange Kevin.

 
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW