Alors qu’elle n’a pas été payée depuis plusieurs années, la bourse jadis attribuée aux élèves du secondaire pourrait simplement disparaître, alors que le gouvernement annonce des réformes dans le domaine.

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En 2017 et 2018, ce sont respectivement 200,3 milliards et 188,3 milliards de francs CFA qui ont été attribués aux missions et programmes de l’Éducation nationale, sans qu’on sache exactement si cet argent prenait en compte l’attribution des bourses aux élèves du secondaire. Si certains doutent que ce fût le cas, c’est parce que, au cours de ces deux dernières années, les élèves des lycées et collèges ayant validé leurs trimestres n’ont plus reçu leurs bourses. Une situation vécue aussi bien à Libreville qu’à l’intérieur du pays.

Sur le sujet, le gouvernement n’a pas donné d’explications jusque-là, mais pour beaucoup, l’attitude des autorités laisse penser que la bourse scolaire pourrait être purement et simplement supprimée. Le 26 février dernier, face aux députés, Julien Nkoghe Bekale n’a d’ailleurs pas fait mystère de ses intentions en la matière. Prétextant la nécessité pour l’État gabonais de «maîtriser ses dépenses de transfert», le Premier ministre, dans sa déclaration de politique générale, a annoncé la réforme des bourses d’études.

Selon le chef du gouvernement, le Gabon dépense plus de 72 milliards de francs par an pour les bourses, celles attribuées aux étudiants gabonais inscrits à l’étranger prenant la plus grande part. «Nous allons revoir les modalités d’attribution et nous allons encourager les études professionnelles que nous allons financer en adéquation avec les besoins réels du marché du travail», s’est-il contenté d’annoncer.

Du côté des parents d’élèves, la sortie de Julien Nkoghe Bekale est d’autant plus inaudible qu’elle ne répond pas à leur principale préoccupation : «La bourse scolaire a-t-elle été supprimée ou est-elle en passe de l’être ?» Sans réponse depuis plus de deux ans, la Fédération nationale des associations des parents d’élèves et d’étudiants du Gabon (Fenapeg) n’a pas cessé d’appeler l’attention des autorités sur le sujet. Président de l’organisation, René Mezui-Menie dit avoir «entrepris des démarches avec les ministres successifs de l’Éducation nationale», en plus de s’être rapproché des responsables de l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG) pour comprendre. La Fenapeg n’a pas eu plus d’explication depuis.

À leur tour, les responsables d’établissements assurent avoir toujours transmis les résultats à l’ANBG. Certains continueraient d’ailleurs de le faire, en attendant que soit officiellement abrogé le décret datant de 1966, par le biais duquel l’État s’engageait à octroyer une bourse trimestrielle aux élèves ayant obtenu 10/20 de moyenne au moins.

 
 

4 Commentaires

  1. yantché dit :

    vous n’aurez pas le temps de supprimer cette bourse.
    vous allez dégerpir comme boutefika.

    yantché

  2. Okoss dit :

    Tout pour eux,rien pour les pauvres .simplement pathétique. Comment ne pas rejeter un tel gouvernement.qu on nous explique pourquoi ne pas supprimer les 18% des recettes pétrolières malhonettement versées à DSynergy

  3. Matho dit :

    L’argent ainsi économisé peut et devrait servir pour la construction des établissements scolaires et l’amélioration des conditions de travail et d’apprentissage des différents acteurs du monde de l’Education.

  4. diogene dit :

    Où sont les tambours et les trompettes pour annoncer la fin du système boursier du secondaire ? Où sont les communicants, communicateurs, propagandistes et autres courtisans pour chanter les louanges du fascisme qui ne peut plus aider les familles à scolariser leurs enfants ?
    Cette faillite est patente mais balayée sous le tapis, en douce !

    D’une part le système de bourses automatiques était stupide, d’autre part il a transformé les élèves en fonctionnaire dès 12 ans voire moins en choisissant de les remettre directement aux élèves plutôt qu’au famille et ce, sans aucune formation ou explication.

    Depuis deux ans, le décrochage scolaire est en croissance forte, personne n’en parle, les enseignants voient leurs effectifs diminuer, ce qui les soulagent, les parents laissent les plus petits à la garde des plus grands qui sont gardés eux mème par leur téléphone portable. Sexes , drogues et dombolo se vendent à toutes les heures du jour comme de la nuit, c’est enfin notre essor vers la Félicité…

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