«Ce choix est terrible de conséquences dans une économie dont le premier employeur est précisément l’Etat», a tranché l’ancien Premier ministre, Raymong Ndong Sima, le 5 mars, au sujet du gel des recrutements à la Fonction publique. Il s’agit, pour lui, d’«une fuite en avant déraisonnable» qui pourrait «aggraver les problèmes dans le temps».

Raymond Ndong Sima estime que «le gel des embauches dans la Fonction publique met ce problème dans une cocotte-minute sans soupape» et propose des retraites anticipées pour faire baisser la pression de la masse salariale © Facebook /RaymondNdongSimaOfficiel

 

S’il n’est pas nouveau, le gel des recrutements dans la Fonction publique, remis au goût du jour le 26 février par Julien Nkoghe Bekale, lors de sa Déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale, a de nouveau provoqué l’émoi. Raymong Ndong Sima, ancien chef du gouvernement, n’est pas passé par quatre chemins pour fustiger cette mesure qui, selon lui, «est une mauvaise solution à un problème sérieux», «une fausse solution qui renvoie le problème à demain».

S’il souligne que les gouvernements qui se suivent depuis la crise pétrolière de 2014 sont préoccupés par l’objectif de restauration des équilibres budgétaires perdus, l’ancien chef du gouvernement indique que «parmi les grandes dépenses qu’il leur faut réduire, il y a la masse salariale de l’Etat». Dans ce cadre, note-t-il, «on a choisi, depuis deux ans maintenant, de geler les embauches dans la Fonction Publique».

Or, allègue-t-il, «ce choix est terrible de conséquences dans une économie dont le premier employeur est précisément l’Etat. Il n’a d’ailleurs pas empêché plusieurs écoles de l’Administration de continuer à organiser des concours et d’assurer des formations sachant que leurs diplômés ne peuvent être recrutés et vont directement au chômage», a-t-il rappelé, ajoutant que «le gel des embauches est une mauvaise solution à un problème sérieux».

S’appuyant sur l’exemple de la médecine, l’auteur de «Quel renouveau pour le Gabon ?» se demande si l’on peut se permettre d’arrêter de recruter des médecins, des infirmiers, des techniciens de l’imagerie ou des laboratoires d’analyse, alors que la Santé est si mal en point dans le pays. Ndong Sima estime que «cette mesure est, au contraire, de nature à aggraver les problèmes dans le temps». «Appliqué en l’état, le gel des embauches conduira à terme à d’immenses trous dans les métiers publics et ces déficits coûteront encore plus chers à la collectivité», a-t-il prévenu. Comme alternative au gel des recrutements, il propose «un abaissement de l’âge de la retraite et accessoirement dans les départs volontaires».

La proposition de l’ancien candidat à la Primature est «une question de solidarité nationale, que ceux qui ont déjà vingt-cinq (25) ans de travail libèrent la place et permettent à une partie de ceux qui pourraient être leurs enfants de commencer à travailler, de construire leur vie et de se préparer, à leur tour, à une retraite».

Raymond Ndong Sima est convaincu que «l’abaissement général de l’âge de la retraite, dans le contexte actuel, serait (…) de nature à libérer très rapidement des milliers d’emplois et à soulager la pression sociale et le ressentiment de la masse des jeunes diplômés. Il pourrait aussi, accessoirement, contribuer à revitaliser un arrière-pays qui se meurt», a-t-il argumenté, mettant par ailleurs en garde contre «le chômage des jeunes qui est un drame majeur» pouvant «devenir une bombe dont la déflagration serait à la mesure du désespoir de ceux qu’il touche».

Cette décision du Premier ministre qui préconise une  suspension des recrutements pour trois ans dans la Fonction publique, n’est pas  une nouveauté. Elle avait  été prise en 2017, par son prédécesseur, Emmanuel Issoze Ngondet.

 
 

5 Commentaires

  1. Barbe dit :

    Super comme analyse,voilà le genre des dirigeants qu’on veut dans notre pays, les personnalités qui prônent l’intérêt générale. Je pense que le gouvernement devait s’en inspirer des exemples comme ceux là et voir même le consulter pour des questions de redressement de l’économie du pays. Merci Mr NDONG le Gabon est un pays dominé par le satanisme, votre genre de personne gène le Gouvernement par vos réflexions qui vont de le sens évolutif comme ceux là n’aiment pas le bien, ils aiment voir les gabonais dans la souffrance. Avant de venir parler en prenant vos décisions au pif, réfléchissez tous les contextes (négatifs ou positifs) chers membres du gouvernement.

  2. Lem dit :

    La situation actuelle de l’emploi et de la Fonction publique dans notre pays nécessite: Un abaissement de l’âge de la retraite précisément dans les corps (armée, police, gendarmerie,…) où on a enregistré ces dernières années un recrutement sauvage. Le redéploiement de certains fonctionnaires non utilisés par leur administration à l’Éducation nationale et à la Santé via des formations ciblées. Ceci implique une réforme des écoles de formation qui donnent accès aux carrières dans ces deux Ministères.
    On peut prévoir un statut de réserviste pour les agents des corps redéployés dans un autre Ministère.

  3. Ikobey dit :

    Et dire qu’il a été premier ministre ! Que c’est désolant !
    Encore un qui ne comprend pas que l’on ne peut pas continuellement dépenser plus que ce que l’on gagne ! A l’entendre c’est à l’Etat de recruter tout les chômeurs pour qu’il n’y ait plus de chômeur !
    L’économie gabonaise a besoin de moins de fonctionnaires, plus compétents et qui travaillent plus. La fonction publique devrait être le support et l’aide au secteur privé pour le développement économique, alors qu’actuellement c’est le contraire, le secteur privé sert de vache à lait à la fonction publique.
    Comment un ancien premier ministre ne comprend pas cela qui est le B A BA de l’économie! …………………mon Dieu, la route est encore longue.

  4. Barbe dit :

    Franchement je sais pas d’où il sort ce Ikobey, il est nul. Quand tu ne comprends rien vaut mieux te taire, va boire ta régab qu’est ce que tu racontes, on sent que tu n’as aucune notion d’économie ferme ta bouche.

  5. Yaali dit :

    Je ne suis pas un expert mais 75% de la population du Gabon a moins de 20 ans et est mal qualifié. L abaissement de l âge de la retraite est probablement un point difficile lorsque l on sait que nos “Vieux” sont des jeunes vieux.
    Le point est qu il faille assainir les comptes de l état et arrêter les recrutements inutiles et non qualifiés.
    Si on abaisse l âge de la retraite 57 ans je crois, que feront ces vieux jeunes, quel est l avenir que on leur propose? 57 ans c est toute de mm jeune.

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