Relancé peu après l’incarcération de Gaël Koumba Ayoune présenté comme le «leader» des jeunes du mapane, en bisbille avec le palais du bord de mer, un nouveau mouvement dit de contestation contre le pouvoir en place donne de la voix depuis plusieurs semaines. À coup de descentes tonitruantes dans les quartiers malfamés de Libreville, Franceville et de Moanda, Juve Mikodibeka, patron de la «Génération waz», tente de mener la «résistance» dans son pays.

Juve Mikodibeka, le chef de file du mouvement dit de dénonciation «Génération waze» sur le terrain. © D.R.

 

«Pays riche, peuple pauvre. On doit faire cesser ça !» Pour dénoncer les rudes conditions de vie auxquelles sont soumis certains Gabonais, particulièrement ceux vivant dans les quartiers sous intégrés de Libreville et dans certaines localités du Gabon, Juve Mikodibeka, 35 ans, a le mot acerbe. Ces dernières semaines, à la faveur de l’incarcération de Gaël Koumba Ayoune (qui bénéficie actuellement d’une libération conditionnelle), son mouvement dit de contestation, «Génération waz» (génération consciente), donne de la voix et bénéficie d’une meilleure visibilité sur les réseaux sociaux. Depuis mai dernier, plus aucune semaine ne passe sans qu’une vidéo de ses descentes ne soit diffusée sur sa page personnelle.

Le patron de la «Génération waz» a, en effet, fait des actions sur le terrain sa principale stratégie de communication…et de lutte. Difficile de ne pas voir de similitude avec les mouvements existants, mais dont les actions sont désormais moins visibles, à l’instar du Rassemblement des jeunes patriotes gabonais (dit «Armée du mapane»).

Du déjà-vu ?

Issu des quartiers sous intégrés de Libreville au même titre que le RJPG et la Voix des mapanes, nés dans la mouvance de la présidentielle d’août 2016, le mouvement amené par Juve Mikodibeka tente de se différencier de ses prédécesseurs. Même si son patron assure que «Génération waz» a lancé ses activités en 2016 et n’est en rien comparable aux autres dont le but est de porter la voix des populations des quartiers malfamés de la capitale.

Pour la «Génération waz», au-delà de la dénonciation liée aux conditions de vie des habitants du mapane, l’objectif n’est pas d’être appelé à changer les choses aux côtés des tenants du pouvoir. «Nous allons pousser ce système à démissionner ou à devenir droit», confie son chef de file au cours d’un direct sur la page Facebook de GabonTvnews.

De même, contrairement aux autres mouvements, celui porté par Juve Mikodibeka ne souhaite pas limiter ses actions à Libreville. En mai dernier, le patron de la «Génération waz» a fait une mini-tournée dans le Haut-Ogooué sa province d’origine. À Moanda comme à Okoloville (à 20 km de Franceville), le mouvement n’est pas passé inaperçu.

«Je demande à cette nouvelle génération qu’au lieu d’être spectatrice en me suivant sur les réseaux sociaux, de passer à l’acte. Tout le monde doit passer à l’acte dans toutes les 9 provinces, que chaque jeune représentant sa province dénonce ce qui n’y a pas été fait», lance Juve Mikodibeka.

«Il sait sur quoi il compte»

Après avoir arboré le drapeau du Gabon autour de son cou pendant ses sorties, Juve Mikodibeka est apparu ces dernières semaines avec un serpent à la place du drapeau. Certains y voient une attache mystique quand d’autres n’y observent qu’un simple «gadget» pour tenter d’impressionner. N’empêche, beaucoup se disent convaincus de ce que le patron du mouvement «Génération waz» bénéficie d’une «protection» qui lui permet d’agir et de parler comme il le fait depuis plusieurs semaines sans jamais avoir été inquiété.

N’ayant pas goûté à la prison jusque-là, à l’image du «général des mapanes», son «rival» dans la capitale, Juve Mikodibeka est perçu par certains comme un nouveau pion du régime qu’il fait mine de combattre. «Pourquoi son mouvement s’est-il subitement réveillé après que Gaël Koumba Ayoune ait été mis en prison ? Pourquoi tente-t-il de marcher sur ses platebandes à Libreville tout en revendiquant  ses origines altogovéennes, alors qu’il est né et a grandi à Libreville ? Son manège laisse penser qu’il sait sur quoi il compte. Je ne serai pas surpris de savoir qu’il est en réalité soutenu par le palais présidentiel. Sinon, ce serait trop facile», doute un jeune d’Akébé.

Pour sa part, le chef de file de «Génération waz» assure que son seul moteur, c’est la souffrance des plus vulnérables. «Un homme porte des testicules. C’est nous qui devons protéger nos mères, nos sœurs et nos enfants. Si nous les hommes croisons les bras, ce ne sont pas ces femmes qui feront la lutte à notre place».

 
 

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