Même si cette province (le Haut-Ogooué) compte le plus grand nombre de ministres (six au total), le Secrétaire général du gouvernement et de nombreux directeurs généraux d’entreprises publiques et régies financières prospères (GOC, OPRAG, Douanes, Trésor) dans ses colonnes, il n’en demeure pas moins vrai qu’aucun ministère d’envergure ne lui a été attribué. Le démantèlement de Brice Laccruche est passé par là.

© thecrazytourist

 

Six ministères, oui. Mais, à la limite, en dehors du ministère des Aménagements Fonciers, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Urbanisme, le Haut-Ogooué n’a pas reçu de ministère de premier plan. Ni l’Économie et les Finances, ni la Défense nationale ou l’Intérieur, encore moins le Pétrole ou les Mines, les Travaux publics ou les Transports – des départements ministériels auxquels on les avait habitués – ne sont tombés dans l’escarcelle de cette province. Il lui est en revanche échu, en plus des Aménagements fonciers, le ministère de la Décentralisation et de la Cohésion des Territoires confié à Mathias Otounga Ossibadjouo, un ministère nouvellement créé : celui du Suivi de la Stratégie des Investissements humains et des Objectifs de développement durable que reçoit Brice Laccruche Alihanga, ainsi que trois postes de ministres délégués, dont deux au ministère de l’Economie et des Finances, confiés à Sosthène Ossoungou et à Justine Lékogho, et l’autre au ministère des Eaux et Forêts, dont a hérité Nina Abouna.

Bulldozer Laccruche

Cela est un peu surprenant dans la mesure où les hauts fonctionnaires ou cadres de cette province ont souvent reçu des ministères de tout premier plan. Il y a quelques semaines encore, deux des hauts fonctionnaires de cette contrée dirigeaient l’un le ministère des Travaux Publics, l’autre le ministère des Transports. Un autre avait en charge le ministère de l’Intérieur et de la Citoyenneté ! Aucun de ces grands ministères n’est dirigé aujourd’hui par un ”frère de la province”. Est-ce à un changement de paradigme que l’on assiste ? Ce relâchement va-t-il se poursuivre ? En tout cas, le président de la République semble être plus précautionneux qu’auparavant. C’est peut-être le vrai marqueur de cette seconde partie du septennat, à trois ans et neuf mois de sa fin.

Mais pour de nombreux observateurs, le malveillant bulldozer Laccruche est passé par là. Voulant à tout prix devenir le leader de la province, il aurait poussé hors des feux de la rampe   Jean-Pierre Oyiba (ancien ministre d’Etat aux Infrastructures), Ali Akbar Onanga (ancien ministre de la Fonction publique), Christian Magnagna (ancien ministre des Mines et des Infrastructures), Arnauld Engandji-Alandji (ex-ministre des Infrastructures). De nombreux hauts cadres en ont également fait les frais, notamment Liliane Ngari (ancienne directrice du Conseil gabonais des chargeurs) ou Nicole Assélé (Ancienne directrice de la CNSS puis éphémère directrice de la SGEPP).

Fromages de la haute administration

Heureusement que les fromages les plus délicieux de la haute administration publique et parapublique sont là… En effet, dans les directions générales des régies financières et des entreprises publiques majeures, les cadres Altogovéens sont ”souverains”. Ceci explique peut-être cela. Les Douanes (DG), le Trésor et la Comptabilité publique (DG), la Concurrence et la Consommation (DG), les Impôts (DGA), et l’Office des Ports et Rades du Gabon (DG), la Caisse nationale de sécurité sociale (DG), la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (DG), la Caisse de stabilisation et de péréquation (DG), la Caisse des pensions des retraites des agents de l’Etat (DG), la Caisse nationale d’assurance-maladie et de garantie sociale (DGA), et bien d’autres encore sont dirigés par les cadres originaires de cette province.

Malgré les beaux fromages de la haute administration publique et parapublique, pas de ministère d’envergure donc, dans l’escarcelle de la «province aux 99,99 %», ainsi que certains l’appellent. Celle-ci avait en effet réalisé un miracle électoral en pulvérisant, lors de la présidentielle de 2016, tous les records de participation et de score, sauvant Ali Bongo de la défaite avec plus de 95% des voix et un taux de participation de 99,93%. «Tout ça pour ça ?!», s’est écrié un jeune Altogovéen déçu du menu fretin qui revient aujourd’hui à sa province dans le gouvernement.

 
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW