Si son parti et lui-même n’ont plus aucun représentant au gouvernement, certains pensent que le premier secrétaire de Démocratie nouvelle (DN) a payé sa proposition, en avril dernier, de révision constitutionnelle, relative à l’indisponibilité du président de la République.

DN et René Ndemezo’o Obiang n’ont plus aucun représentant dans le gouvernement. Serait-ce à cause de la proposition de révision constitutionnelle faite en avril 2019. © Gabonreview

 

Après Patrick Eyogo Edzang en janvier, le tour est revenu à Jonathan Ndoutoume Ngome de se faire éjecter du gouvernement, le 10 juin dernier. L’ex-ministre de l’Énergie et l’ex-ministre délégué à la Santé représentaient Démocratie nouvelle au sein du gouvernement depuis le dialogue politique d’Angondjé. Si certains assimilent leur sortie à la fin du contrat passé avec Ali Bongo en guise de récompense à leur soutien, le limogeage du dernier représentant de ce parti d’opposition est quant à lui perçu, par d’autres, comme l’expression de la colère du président de la République. Le présumé courroux serait consécutif au fait qu’un mois auparavant, René Ndemezo’o Obiang a proposé de réviser l’article 13 de la Constitution portant sur l’indisponibilité du chef de l’État. Le pouvoir et ses soutiens qui tentaient alors d’éviter le débat sur l’incapacité d’Ali Bongo à poursuivre son mandat n’auraient pas du tout apprécié la proposition du leader de DN.

À l’occasion de la rentrée politique de DN, en avril dernier, l’actuel président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) avait, en effet, proposé que soit révisée la loi fondamentale pour permettre au président du Sénat d’assurer l’intérim du président de la République jusqu’au terme du mandat en cours en cas d’empêchement définitif. L’idée avait fait grand bruit, y compris au sein du parti. Certains, à l’instar du porte-parole Jonathan Ndoutoume Ngome, obligé de se draper de son statut d’enseignant en géopolitique, avaient démontré que cette proposition était impossible à adopter. Ce qui ne lui a pas permis de conserver son poste au sein du gouvernement.

Avec le limogeage du gouvernement du dernier représentant de DN, beaucoup au sein de cette formation politique craignent que le palais du bord de mer n’ait décidé de faire payer sa drôle d’idée à René Ndemezo’o Obiang. D’autant qu’à l’époque, la proposition du premier secrétaire, quelques temps après avoir été reçu par Ali Bongo, avait sonné comme un aveu : après son AVC, le président de la République est incapable d’achever son mandat. Il faut maintenant penser à la suite. Il n’a peut-être pas fini de payer cette faute.

 
 

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