Il est vrai, il faut l’admettre, que les médias ont l’incorrigible défaut de s’intéresser fortement aux trains qui n’arrivent pas à l’heure. Il en est ainsi de ces ministres qui, apparemment impréparés à la fonction, ont disparu une fois nommés. Portée à la tête du ministère du Tourisme, il y a bientôt quatre mois, Marie-Rosine Itsana est invisible et son action illisible, voire inconnue.

Marie-Rosine Itsana. © Facebook

 

Lors de sa nomination au poste de ministre du Tourisme (pour la première fois depuis 10 ans, le secteur Tourisme n’était pas rattaché ou collé à un autre secteur), Marie-Rosine Itsana, la quarantaine élégante, semblait bénéficier d’un énorme capital de confiance et de respect. Mais après une légère apparition sur le devant de la scène médiatique en janvier dernier, notamment lors du tête-à-tête avec les opérateurs du secteur touristique, le ministre du Tourisme est aujourd’hui invisible. Cette rencontre lui avait-elle paru stérile ? N’était-elle pas suffisamment préparée pour assumer de telles responsabilités ? Pourtant, son vécu professionnel plaidait pour elle. Haut fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères, puis conseiller diplomatique du ministre Christophe Akagha Mba lors de son passage au ministère de l’Économie et de la Prospective, puis au ministère des Mines et du Tourisme, Marie-Rosine Itsana sera appelée à diriger le cabinet du ministre de la Communication pendant près de deux ans. Cette somme d’expériences ne l’a visiblement pas beaucoup aidée depuis son arrivée à la tête du ministère du Tourisme.

 «Itsana a progressivement disparu de la mémoire collective»

Comme l’a souligné un confrère, «Marie-Rosine Itsana est tellement invisible qu’elle a progressivement disparu de notre mémoire collective ; on ne sait pas si elle siège toujours au gouvernement». Pourtant, un tel ministère devait donner à cette brillante fonctionnaire l’occasion de faire entrer le tourisme gabonais dans une phase plus positive. L’opinion avait pu croire qu’elle profiterait de la fenêtre favorable (par la construction récente de diverses infrastructures dédiées au secteur et par la réforme de GabonTour devenu Agatour) que le secteur connaît aujourd’hui pour le booster de manière plus significative ! Car, comme le disait Jacques Chaban-Delmas, «le tourisme est le secteur idéal pour promouvoir le développement économique, contribuer de manière significative aux échanges et offrir plus d’opportunités à un Etat». Le secteur, qui compte aujourd’hui au Gabon une main-d’œuvre mieux formée et de plus en plus compétente, porte en effet dans ses gènes le mariage entre secteur privé et puissance publique. Il y a donc, dans ce secteur, beaucoup d’opportunités à mettre en exergue…

Mais l’ancienne conseillère du ministre des Mines et du Tourisme dont on louait la somme d’expériences acquises dans divers départements ministériels, et surtout justement au ministère des Mines et du Tourisme, est plutôt aphone ! On la croyait capable de promouvoir les politiques publiques dans ce secteur à même de faire découvrir les mille et une richesses dont regorge la forêt gabonaise et que sont la biodiversité, les rites et coutumes… On la croyait capable de travailler avec son collègue du ministère des Transports pour que Transport et Tourisme, ces deux maisons voisines, puissent, comme dans une mêlée de rugby, pousser ensemble et dans le même sens ! Dans un secteur où nombre de ses prédécesseurs n’ont pas suffisamment fait bouger les lignes, il lui fallait, en tout cas, faire des efforts d’imagination, d’organisation et même de ténacité pour qu’aboutissent les projets. On a l’impression qu’elle a cédé au premier écueil. Or, la réussite du Gabon dans ce domaine passe par l’audace ! Et par la détermination…

Un ministre en manque d’audace et de détermination

Il est vrai que le Tourisme au Gabon a connu trop de lenteur, trop de complexité, trop de contraintes paperassières et bureaucratiques pour les entreprises qui veulent «prendre des risques», et peut-être même insuffisamment de volonté politique et de sens pratique, mais c’est à elle de faire entendre et connaître quel sens elle veut donner à son action ! Si Marie-Rosine Itsana venait à demeurer dans ce département, il lui appartient de bâtir la réforme et de mettre en place les conditions de sa réussite. Il lui appartient aussi de relancer le principal opérateur étatique du secteur, l’Agence gabonaise de promotion du Tourisme et de l’Hôtellerie (Agatour), dont l’efficacité a tendance à baisser.

 

 
 

7 Commentaires

  1. Akoumbou andy dit :

    Article assassin. Nombre d autres ministres sont aussi peu visibles. Pour peu que les ministres aient le plein exercice de leur prerogatives dans ce pays… ce dont je doute

  2. Aze dit :

    Qui veut sa peau ?
    Avec toutes les tares des autres. C tomber sur elle.
    La pauvre.

    Cet article ne fait aucune analyse.
    Quel est son budget ?

  3. LOPES FERNAND dit :

    bonjour je lis les articles de presse et je constate qu’un certain nombres de personnes comme cette ministre sont prises dans un carcan dont ‘elles ne peuvent bouger ( l’inaction tue action) pas de prise de risque ,pas de gain!!! Crd fernand lopes

  4. LOBO Aubin dit :

    Je n’ai pas pour habitude de répondre aux articles de presse.
    Je me permet de dire concernant cet article sur le tourisme qu’il vous manque un peu de cohérence..
    En le parcourant, vous avez reconnu que ministère n’existait plus depuis plus de dix ans car rattaché plusieurs fois a d’autres entités. Sa réhabilitation impose donc la mise en place de tout ce qui est texte organiques et réglementaires autrement dit de disposer de tout l’arsenal juridique pour agir en tant ministère du tourisme.
    En l’absence de tout l’arsenal juridique et réglementaire comment voulez voulez vous que Mme le ministre puisse Entreprendre?
    Vous êtes vous d’abord demandé si ce ministère nouvellement créé avait tout les outils nécessaires pour sont fonctionnement notamment l’arsenal juridique ?
    Il me plaît donc de vous inviter a rappeler aux deux chambres du parlement de très vite adopter l’arsenal juridique nécessaire pour la mise en route de ce secteur très important de nôtre économie.avant d’écrire.
    Aussi, voudrais-je vous invité à vous rapprocher de Mme le ministre qui vous recevra j’en suis certain pour savoir ce qui se fait de bien là bas en ce moment.
    Merci

  5. Ange BOUSSAMBA dit :

    Elle a envoyé ses projets de textes au Parlement, et en attendant qu’ils aboutissent éventuellement, Mme le Ministre se croise les bras. Elle ne dit rien, ne fait rien, ne parle pas. Elle attend. Ah quelle belle attitude !

  6. Julio Constancio NGOMA dit :

    Qu’elle travaille un peu ou qu’elle parte ! Le travail parlementaire est long. Pendant ce temps, tout est mort au ministère du tourisme…

  7. Ange BOUSSAMBA dit :

    Est-ce un collaborateur du ministre qui répond ? Si c’est le cas, permettez que je m’étonne de ce qu’un ministre attend l’aboutissement des textes pour travailler. Oh le Gabon !

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