Les agents fédérés au sein du syndicat de la Marine marchande du Gabon sont entrés en grève le 5 mars dernier à Libreville. Ils revendiquent notamment le payement des frais de visites d’inspections, estimés à 151,4 millions de francs CFA.

Le port à containers de l'OPRAG à Owendo

 

Selon Mweni Moussavou, chargé de la communication du syndicat, qui regroupe près de 500 adhérents, ce montant équivaut à huit mois de primes impayées. «Il s’agit d’un mouvement d’humeur qui s’inscrit au terme d’une négociation avec l’administration. Il faut dire que, nous avons depuis un certain nombre de mois initié un cahier de charge, qui concerne non seulement les conditions de travail des agents mais également la répartition des fonds que nous faisons rentrer. Il se trouve qu’à la Marine marchande nous avons deux sortes de primes, les frais de visite et les fonds communs. Pendant plus de deux trimestres, et là nous rentrons dans le troisième, nous n’avons pas perçu la totalité de nos fonds de visite», a-t-il expliqué.

«Aujourd’hui, le non-paiement de ces fonds n’est que la goute d’eau qui fait déborder le vase, dans la mesure où le directeur général nous avait certifié la semaine dernière, après un travail en commission qu’elle pouvait payer ces frais de visite aujourd’hui. Or, nous sommes quasiment à la fin de la journée, et il n’y a rien (…) Les huit mois d’arriérés y compris le neuvième que nous entamons s’élèvent à 151,4 millions de francs CFA pour toute la direction générale de la marine marchande y compris nos responsables et certains responsables du ministère des transports», a poursuivi Mweni Moussavou.

Une situation préoccupante pour ce secteur stratégique, d’autant plus que le syndicat menace même «d’empêcher les bateaux d’accoster» à Libreville, et de ne plus effectuer les opérations de contrôle de ces derniers. En poste depuis mai 2011, Clotilde Gningone Nguema, patronne de la Marine marchande, estime pour sa part que tout va bien au sein de son administration. «Il n’y a pas grève chez nous, il s’agit simplement d’un groupuscule de personnes qui s’agite. S’agissant du payement des frais de visite, j’avais trouvé le compte concerné au rouge, mais nous nous battons pour résoudre ce problème», a-t-elle affirmé.

90% des échanges du Gabon se faisant par voie maritime, cette grève constitue un véritable coup dur pour l’économie du pays, déjà confronté il y a quelques jours à paralysie partielle des ports d’Owendo et de Port-Gentil suite au mouvement d’humeur des douaniers. Encore un dossier brûlant sur la table du gouvernement. Parviendra-t-il à désamorcer cette grève ?

 
 

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